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  • : José Bové méritait bien un blog pour les combats qu'il mène. Contre les OGM. Contre la mondialisation.Pour un monde plus juste. Pour la Justice et l'Egalité. Quelqu'un qui ose dire tout haut ce que nos gouvernants cachent...
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Biographie José

Samedi 17 février 6 17 /02 /Fév 00:28

Un excellent article paru sur Le Point cette semaine...

La nouvelle vie de José Bové

par Violaine de Montclos



Comment vit un écolo altermondialiste candidat à l'élection présidentielle ? Visite guidée chez José Bové et madame.

On l'aperçoit de loin : elle surplombe le hameau de Montredon et domine tout le plateau du Larzac. Une maison de chef de village, une véritable tour de guet émergeant des chênes décharnés. En contrebas, à quelques centaines de mètres à peine, la végétation s'arrête net et cède la place à une immense étendue désolée. Le fameux terrain militaire. Celui dont les agités écologistes du Larzac, Bové en tête, empêchèrent l'extension dans les années 70. Si leur combat avait échoué, il y aurait aujourd'hui une cible de tir en lieu et place du hameau. Mais Montredon est toujours debout. Et à son sommet se dresse depuis quelques mois, flambant neuve, la maison 100 % écologique de José Bové. Mieux qu'un symbole. Un triomphe.

Il ouvre la porte campé bien droit dans de vieilles pantoufles à carreaux, la pipe aux lèvres. Derrière lui, une petite femme aux cheveux grisonnants : Ghislaine Ricez, sa compagne. Des amis prennent congé, un voisin frappe à la vitre pour venir dire au revoir, tout le monde se bouscule dans l'entrée. C'est drôle, dans ce hameau qui paraît mort, sur ce plateau quasi désertique où en une heure de route on n'a pas croisé âme qui vive, tous les habitants du périmètre semblent avoir décidé de jouer des coudes chez M. Bové. « Allez, à mercredi, au tribunal ! » lance-t-il à son voisin. « Un faucheur multirécidiviste », explique-t-il le sourire en coin. Tout y est. La pipe, les moustaches et le copain faucheur d'OGM. Une véritable carte postale. Et ça a l'air de le faire doucement rigoler, Bové, de coller si parfaitement à son propre mythe. Derrière la vitre de l'entrée, il y a un nain de jardin à son effigie. Un Bové miniature, ventre énorme et yeux furibonds, l'air de crier dans le vide son credo antilibéral. « Il faut bien rire », s'excuse le modèle original.

Première vraie conversation avec le leader altermondialiste au-dessus de la cuvette des toilettes, qui requièrent quelques explications. Ici, pas de chasse d'eau mais de la sciure de bois, que l'on jette dans le réceptacle après chaque utilisation. « Je le vide une fois par semaine, pour faire du compost. Dans les pays scandinaves, tout le monde a des toilettes sèches. En France, 60 % de la consommation d'eau des ménages part avec la chasse des WC. C'est absurde. » Nous voilà dans le vif du sujet. Le voisin qui était sur le départ est encore là, dehors, observant les panneaux solaires qui viennent d'être posés et réduiront de 50 % la facture d'électricité. Comme beaucoup d'autres habitants du hameau, il a aidé José Bové à monter lui-même sa maison en kit. « Cela permet de gagner sur le coût du chantier. Et au fond, construire sa maison avec l'aide des voisins, c'est une tradition en milieu rural », affirme le syndicaliste.

Elle est belle, cette maison. Mais le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle tranche, justement, avec la « tradition ». La teinte claire des panneaux d'épicéa, les larges vitres qui renvoient la lumière, les courbes douces du toit n'ont rien de commun avec les petites maisons de pierre sombre, aux ouvertures étroites, qui se serrent quelques mètres plus bas. D'ailleurs, l'architecte de la DDE, en découvrant les plans, a commencé par supprimer ces courbes si peu traditionnelles. Avant de rendre les armes face à Patrick Ballester, auteur du projet et fondateur du cabinet Nature et Habitat. Il faut dire que l'homme en impose. Il est là à contempler son oeuvre, debout dans le froid au côté de son ami José. Une armoire à glace, l'oeil calme et la boule à zéro. Architecte, mais aussi moine bouddhiste, écologiste de la plus pure espèce, végétarien et spécialiste du vaudou. C'est Ghislaine qui a mis la main sur le personnage, en visitant l'un de ses chantiers.

Avant de dessiner les plans, Patrick est venu « sentir » le terrain, mesurer son magnétisme et ses courants telluriques, vérifier qu'il serait bénéfique aux futurs propriétaires, dont il avait au préalable réalisé un profil astrologique poussé. Les courbes si caractéristiques du toit se sont ensuite littéralement imposées à lui. Il désigne, comme illuminé, la ligne de crête des montagnes. « Ce sont les mêmes courbes, je ne m'en suis rendu compte qu'une fois la maison montée », jure-t-il. Il aime la flèche faîtière kanak que Bové a choisie : « Un lien entre le sol et les esprits. » Il dit que nos constructions occidentales nous privent des forces telluriques de la nature. Et que les Romains, jadis, faisaient paître un troupeau de brebis et leur ouvraient le foie, pour voir s'il était sain, avant de choisir un terrain. Un ange passe. José Bové toussote et recadre un peu le propos. « Ça a l'air d'être du syncrétisme, mais il y a des points communs entre toutes ces cultures, en tout cas des repères que nous avons oubliés. »

Nous voilà tous les trois en équilibre sur un talus glissant, face au vide, admirant le paysage. « Gaffe, on a déjà perdu pas mal de journalistes », pouffe Bové. Le coup du vertige aux journalistes parisiens mal chaussés : de bonne guerre. Il faut dire que du monde a déjà défilé ici, depuis l'été. « Au moins 10 millions de personnes ont déjà vu la maison », se satisfait l'architecte. Lui qui depuis vingt ans tirait le diable par la queue voit enfin les clients venir. Tout de même, drôle d'idée d'ouvrir son chez-soi aux médias. Bové ouvre des yeux ronds. « C'est un coup de pouce à Patrick, dont j'admire le travail. Et puis montrer aux gens que l'on peut se loger écologique, c'est cohérent avec mon combat. » Une déflagration fait trembler l'air. Les militaires, tout près, rappellent à point nommé cette cohérence. La lutte idéologique du leader syndical a commencé ici, dans ce hameau où il est installé depuis 1976. Cette maison de bois écologique, qu'il achevait de construire tandis que ses collègues antilibéraux se pressaient dans les universités d'été, cette maison qu'il expose, c'est au fond un peu sa manière à lui de faire de la politique. La fameuse pédagogie militante, poussée cette fois à son paroxysme.

« C'était surtout une préoccupation personnelle , dit-il. Je suis à sept ans de la retraite, et elle ne va pas être lourde. Il fallait songer à avoir un endroit à nous. » Ghislaine a l'air de s'inquiéter pour son gratin, on rentre déjeuner. A l'intérieur, le poêle à granulés de bois diffuse une bonne chaleur. Eau de coing en apéritif, gratin et tome de brebis produite par Bové lui-même - la bergerie, qu'il gère avec un jeune couple d'associés, est à quelques mètres au-dessous du village. De la table où l'on déjeune, disposée face aux larges vitres de la pièce à vivre, la vue sur le causse est à couper le souffle. Jusqu'en Lozère, là-bas au fond, l'oeil ne rencontre aucun obstacle. Le sentiment de solitude est saisissant. Dissipé, tout de même, par un téléphone qui sonne presque en continu. José et Ghislaine râlent, se lèvent de table pour répondre à tour de rôle puis reviennent déjeuner et contempler cette vue dont ils ne se lassent pas. « Les jours de grand vent, ils n'arrivent pas à se poser », murmure Ghislaine, songeuse. Les hélicoptères de la gendarmerie ? « Les vautours. » Un rapace plane interminablement, c'est vrai, juste devant nous.

« Ce qui est formidable, avec les vitres que Patrick a installées à l'ouest, c'est que notre chambre rougeoie au couchant. C'est magnifique, s'enthousiasme encore la maîtresse de maison. Et l'autre nuit, on voyait la lune encadrée juste dans le hublot, hein José ? » Ils sont marrants, ces deux-là. Ils se mangent du regard et parlent de leur nouveau nid presque en battant des mains. De vrais gosses. Dans la maison qu'ils occupaient jusqu'à maintenant, un peu plus bas dans le village, les pièces étaient si sombres qu'ils vivaient même le jour à la lumière électrique. « Ici, je me sens mieux », soupire Ghislaine. Bové passe sa petite main calleuse sur les murs recouverts de chaux, de caséine et de pigments naturels. Aucun produit toxique. « C'est beau, non ? » Il ouvre la porte du cellier, puis celle du petit dressing. S'extasie devant la douche king size. Caresse les murs en épicéa recouverts de lazure. Le tout n'est pas immense - 110 mètres carrés, mezzanine comprise - « mais, dans le bois, on respire mieux que dans la pierre », et c'est vrai qu'on se sent au large. Son bureau est sur la mezzanine, « parce qu'on réfléchit mieux en hauteur », entouré de vitres sur 360 degrés, comme suspendu dans les arbres. Des souvenirs de ses voyages sont disposés un peu partout. Casse-tête kanak, statuettes du Venezuela, colliers africains témoignant de ses agitations altermondialistes : un genre de bric-à-brac idéologique sauvé de ce monde libéral qu'il exècre et entreposé là, dans cette maison de bois qui ressemble au fond à une arche de Noé. Sur sa table de travail, orientée vers le hameau, un livre est ouvert sur la tranche : « Comment les riches détruisent la planète » (Seuil)

Le financement

120 000 euros : le prix de la maison

1 200 euros par mois : ce que José Bové dit gagner grâce à son exploitation agricole

90 000 euros : emprunt à la banque, qui vient compléter l'apport que Bové a obtenu en cédant son ancienne maison

Sources Le Point

Posté par Adriana Evangelizt




Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : Biographie José
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Mardi 6 février 2 06 /02 /Fév 23:42

Bové, paysan génétiquement contestataire

 

A 53 ans, ses moustaches et sa pipe sont devenues le logo de l’altermondialisme gaulois. Ancien porte-parole de la Confédération Paysanne, Joseph Bové, dit «José», s'engage sur les sentiers de la contestation dès 1972 comme objecteur de conscience. Deux ans plus tard, il s'installe sur le Larzac pour lutter contre l'extension du camp militaire. Il y restera, se lançant dans l'élevage de brebis et produisant du fromage.
C’est en 1987, alors qu’il se déclare volontiers «anarcho-syndicaliste» qu’il fonde la Confédération Paysanne et s'engage contre le «productivisme agricole à outrance» et la «logique libérale» du processus de mondialisation.

Coups d’éclat médiatiques


Le McDonald’s de Millau le rend célèbre. Le 12 août 1999, il démonte le chantier du restaurant, symbole de la «malbouffe», pour s'opposer aux sanctions douanières imposées par les Etats-Unis contre des produits européens. Condamné pour cette affaire, il effectue trois mois de prison en 2002. Une occasion supplémentaire de faire un coup d’éclat devant les caméras: José Bové se rend alors au volant de son tracteur jusqu'à la prison où il doit purger sa peine.

Après les manifestations contre le sommet de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Seattle en 1999, il acquière une notoriété internationale. Et s’affiche avec les paysans tiers-mondistes de Via Campesina ou les zapatistes du sous-commandant Marcos au Chiapas (Mexique). En 2002, il rencontre Yasser Arafat, dans son QG assiégé de Ramallah. Mais à son retour, ses propos sur les actes antisémites en France créent la polémique et ternissent quelque peu son image.

José Bové reste la figure incontournable de tous les forums sociaux, de Porto Alegre à Saint-Denis. En 2003, il est l’hôte d’un important rassemblement altermondialiste qui réunit 200.000 personnes sur le causse du Larzac.

Fort de la victoire du «non» contre le traité constitutionnel européen, il se dit en janvier 2006 «prêt à participer» à la présidentielle de 2007 à condition d'être le candidat d'union, à la gauche du Parti socialiste. Mais la mouvance antilibérale n'arrive pas à s'accorder sur un candidat unique et face aux divisions, il se retire de la course fin novembre… avant de se relancer en janvier comme un recours, soutenu par une pétition circulant sur l'internet : «J'ai un picotement dans le ventre. Si vous avez envie d'y aller, moi aussi j'ai envie d'y aller, on a envie d'y aller ensemble». Lui, il y va, de façon officielle, jeudi.

Mais l'ancien syndicaliste, adepte de la «désobéissance civique», pourrait être le premier candidat à l'Elysée à mener campagne derrière les barreaux. La Cour de cassation doit en effet rendre le 7 février sa décision sur son pourvoi contre une condamnation à quatre mois fermes pour un arrachage d'OGM fin 2005. Une situation qui, si elle est appliquée, ne serait pas forcément pour déplaire à l’Astérix du Larzac.

Sources 20 minutes

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : Biographie José
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Vendredi 2 février 5 02 /02 /Fév 21:24

La star française de l'antilibéralisme

L'ancien leader paysan incarne la contestation contre le mondialisation.

Ancien leader paysan, contestataire et radical dans l'âme, José Bové, qui espère rassembler derrière sa candidature présidentielle, la « gauche de la gauche », est devenu un symbole et une vedette de la mouvance altermondialiste.

Né Joseph Bové le 11 juin 1953 à Talence, dans la banlieue de Bordeaux, l'homme à la pipe et à la moustache de gaulois est le fils d'un scientifique, spécialiste très connu des maladies des plantes.

Tout jeune, il s'est engagé sur les sentiers de la contestation, devenant, dès 1972, objecteur de conscience.

Deux ans plus tard, il s'installe sur le Larzac pour lutter contre l'extension du camp militaire. Il y restera, se lançant dans l'élevage de moutons.

« Anarcho-syndicaliste »

Se déclarant « anarcho-syndicaliste », il fonde en 1987 la Confédération Paysanne et s'engage contre le « productivisme agricole à outrance » et la « logique libérale » du processus de mondialisation. Son premier coup d'éclat sera le « démontage », le 12 août 1999, du chantier d'un restaurant McDonald's, symbole à ses yeux de la « malbouffe », pour s'opposer aux sanctions douanières imposées par les Etats-Unis contre des produits européens.

Condamné pour cette affaire, il a fait trois mois de prison en 2002, créant le spectacle en se rendant au volant d'un tracteur jusqu'à la prison où il devait purger sa peine.

Le cheveu en bataille, Bové joue d'ailleurs volontiers de sa médiatisation. Récemment, il posait ainsi sur le chantier de construction de sa maison « verte » sur le Causse.

Devenu porte-étendard de l'altermondialisme, il se manifeste lors du sommet de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Seattle en 1999 ou du G8 à Gênes en 2001. Il va soutenir les zapatistes du Chiapas (Mexique), les paysans palestiniens dans les territoires et participe aux forums sociaux de Porto Alegre (Brésil).

S'il balaie toute ambition politique lors de la présidentielle de 2002, il est au premier rang de la campagne du « non de gauche » au référendum européen du 29 mai 2005.

« Un picotement dans le ventre »

Fort de la victoire du « non », il se dit en janvier 2006 « prêt à participer » à la présidentielle de 2007, mais à condition d'être le candidat d'union, à la gauche du Parti socialiste. Mais la mouvance antilibérale n'arrive pas à s'accorder sur un candidat unique. Face aux divisions, il se retire à grand bruit de la course fin novembre. Avant de se relancer en janvier comme un recours, soutenu par une pétition circulant par l'internet, une fois l'éclatement consommé : « J'ai un picotement dans le ventre. Si vous avez envie d'y aller, moi aussi j'ai envie d'y aller, on a envie d'y aller ensemble ».

Sources L'Est Républicain

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : Biographie José
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Jeudi 1 février 4 01 /02 /Fév 07:59

Un vrai festival de bons articles dans Libé ce matin... ils le chouchoutent et ça fait plaisir.

Un pied dans la terre, l'autre dans la com

Par Luc LE VAILLANT


Bonhomie, langage clair et pédago: José Bové est vite devenu une icône médiatique

Il a pris le temps de bâtir sa maison sur le plateau du Larzac. Spacieuse et novatrice, très développement durable comme il se doit. Maintenant, José Bové repart sur les routes, chaussé de ses Mephisto et revêtu de son K-Way tibétain.

Bouffarde. José Bové est l'une des dernières icônes françaises immédiatement identifiables, après la disparition de la cape de l'abbé Pierre. Ses bacchantes blondes et sa bouffarde l'ont rendu familier aux Français, au-delà du «démontage» du McDo de Millau, des fauchages d'OGM ou de sa mise en musique de l'altermondialisme. L'homme est d'un abord facile, il a le tutoiement immédiat et la bonhomie communicative. Futé et pédago, lucide et décontracté, il emporte le morceau bien au-delà de sa sphère d'influence. Alain Minc, le conseiller du CAC 40, l'un de ses contempteurs les plus farouches, le définit avec acuité comme un «habile hybride entre le paysan traditionnel et le consumériste contemporain, partisan de "la terre qui ne ment pas" et internationaliste de conviction», et enfin comme un «double de Walesa cloné par Coluche». Et il est vrai que Bové arbore la même trogne réjouissante que le syndicaliste polonais période Solidarnosc, et la même malice provocante que le fondateur des Restos du coeur.


Bové est né voici une cinquantaine d'années près de Bordeaux. Ses parents étaient des scientifiques, plutôt de droite. Chercheurs, ils ont longtemps résidé aux Etats-Unis avec leurs trois fils. Ce qui fait que Bové, souvent décrit en antiaméricain primaire, en bouffeur de roquefort et de yankees, parle un anglais fluide et garde un goût affirmé pour Dylan, Kerouac et Brando dans Viva Zapata. Bové et sa première épouse se sont installés jeunes sur le causse du Larzac. C'était plus un choix de vie, entre contre-culture et An 01, qu'une passion pour l'élevage et la traite des brebis. Sans eau ni électricité, les débuts furent difficiles pour le couple et ses deux filles.


Voilier. Pacifiste et non violent, l'anarcho-syndicaliste se réfère à Gandhi et à Dom Hélder Câmara. Marqué par la pensée de Jacques Ellul, un penseur protestant, critique de la technique et chantre de la bonne nature, lecteur de Thoreau et de Bakounine, Bové cache une vision des choses très structurée derrière un vocabulaire plus qu'accessible.


Denis Pingaud, son biographe et conseiller, le décrit comme un «antiautoritaire qui déteste physiquement les pouvoirs». Bové, qui n'a pas voté au premier tour de la présidentielle 2002, est plutôt dans une logique d'opposant radical, de désobéisseur civique, que d'empoigneur de responsabilités. Objecteur de conscience quand il était jeune, il se débrouille pour injecter «du plaisir dans la lutte» et ne caporalise jamais son entourage. S'il est antilibéral en matière économique, il est libertaire sur les sujets sociétaux. Contre la pénalisation du cannabis et contre la censure des images. Il est nostalgique de la liberté amoureuse des sociétés polynésiennes, univers qu'il rêve de retrouver à bord du voilier qu'il s'est fait construire, et défenseur du porno à la télé «parce que, dans les prisons, c'est une énorme soupape».


Sa propre détention, qui peut se reproduire si la Cour de cassation confirme le 7 février sa condamnation, l'a marqué. Si cet embastillement chrome son aura de transgresseur et dore sur tranche son auréole de martyr OGM, Bové a mal vécu cette privation de liberté. Il fera beaucoup pour échapper à un remake. Derrière les barreaux lui manquent surtout les vastes horizons que ce marcheur aime arpenter. Tenter de conquérir l'Elysée est une façon particulière de reculer l'échéance.

Sources Libération

Posté par Adriana Evangelizt


Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : Biographie José
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Vendredi 16 juin 5 16 /06 /Juin 18:56

Du Causse aux causes

par Luc le Vaillant

Entre Californie et Davos, Bakounine et Ellul, la personnalité et l'itinéraire de José Bové sont plus complexes que sa caricature d'Astérix paysan.

Il fut d'abord diva du terroir, Astérix bleu-blanc-rouge résistant à la mondialisation du goût et à la standardisation des comportements. On l'imaginait de toute éternité, amarré là-haut sur son causse, trayeur de brebis et asticoteur de pandores, démonteur de McDo et régaleur de roquefort. Et puis on a vite découvert que Bové était plus global que local et que, en guise de semelles de vent, il chaussait volontiers ses Méphisto pour partir arpenter le vaste monde et plaider la cause alter, de Seattle à Davos. Malgré ses sempiternelles moustaches de blé mur et sa bonne humeur apaisante, le possible candidat à la présidentielle partisan du non au référendum européen est plus complexe dans ses références et son itinéraire que sa légende ne le laisse croire.

La famille. Hormis un grand-père maraîcher au Luxembourg, Bové n'a pas de racines spécialement terriennes. Ses parents sont des scientifiques, plutôt de droite. Chercheurs, ils ont longtemps officié en Californie. Celui qu'on caricature en antiaméricain primaire parle un anglais alerte et connaît par le menu un mode de vie qu'il critique moins qu'il ne le perce à jour. Bové a deux frères. L'un est ingénieur, l'autre informaticien. Avec Alice, dont il est aujourd'hui séparé, il a eu des enfants tôt. Deux filles, Marie et Hélène, qui ont fait des études d'histoire et de droit. Les premiers temps sur le Larzac furent rudes. Ni eau, ni électricité. C'était autant un choix de vie qu'une nécessité économique.

Le caractère. Alain Minc, ennemi déclaré de Bové, décrivait ainsi la part la mieux connue de Bové. Il le voyait comme un «Robin des Bois joufflu et gouailleur, héritier d'une culture de la truculence et du bon sens» et comme «un double de Walesa cloné par Coluche». Il y a effectivement chez Bové cette ouverture au monde et ce sens de la mise en scène de ses combats. Mais il faut aussi compter sur l'attrait pour la réflexion et pour le débat d'idées de ce paysan penseur.

Les références. Pacifiste et non violent, l'anarcho-syndicaliste s'inspire volontiers de Gandhi et de Dom Helder Camara. Il a été également très marqué par Jacques Ellul, sociologue protestant, critique de la technique et apologue de la nature, entre Heidegger et Rousseau. C'est aussi un connaisseur des thèses de Thoreau et un lecteur de Bakounine. Elevé à distance de toute religiosité, Bové se définit comme «un agnostique, non comme un athée». Mais Bové a peu le goût de la mission, du sacrifice ou de la crucifixion. Il s'applique à toujours injecter du «plaisir dans la lutte» quand il part à la conquête des «châteaux forts» avec ceux qu'il appelle «les gueux, les bouseux».

Les goûts. Lors d'une rencontre voici quelque temps, il s'était livré aisément à l'exercice pas si vain du «si j'étais». Un livre ? Voyage au bout de la nuit de Céline. «Je l'ai lu trois, quatre fois.» Un film ? Viva Zapata avec Marlon Brando. Une chanson ? The Times They Are a-Changin' de Dylan. Une femme ? Louise Michel, la commune, l'emprisonnement, la relégation en Nouvelle-Calédonie. Un plat cuisiné ? «Le poisson au lait de coco», qui le renvoie à ses expéditions en Polynésie contre les essais nucléaires ou pour soutenir les Kanaks, monde qui le fascine par son histoire et sa sensualité et qu'il envisageait de rejoindre sur un voilier qu'il a fait construire. Une manie ? «Fumer la pipe.» Un regret ? Il n'en voyait pas, même s'il déplorait que ses prises de positions sur la Palestine aient pu choquer. Une guerre ? Celle des «Canudos», des paysans brésiliens. Et quand on finissait par lui demander qui il choisirait s'il devait s'identifier à un président de la République, l'anarcho-syndicaliste qui n'avait pas voté au premier tour de la présidentielle 2002 répondait que ce n'était pas son registre. Que ce n'était pas une fonction qui l'intéressait...


Sources : Libération

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : Biographie José
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