Onfray : "Pourquoi je soutiens Bové"

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Onfray: "pourquoi je soutiens Bové"


propos recueillis par Philippe Marino

 


Proche des antilibéraux, le philosophe Michel Onfray appelle à relancer la candidature de José Bové, après la décision du Parti communiste de présenter Marie-George Buffet. Signataire d'une pétition initiée le 6 janvier, il explique les raisons de son engagement

Une pétition a été initiée samedi 6 janvier par des membres des collectifs antilibéraux pour relancer l'idée d'une candidature de José Bové, après la décision du Parti communiste de présenter Marie-George Buffet. Le syndicaliste paysan, qui s'était retiré du processus de désignation en novembre, s'est dit "prêt à concourir" si 10 000 signatures soutenaient sa candidature d'ici au 21 janvier, date d'une réunion des antilibéraux.

Parmi les premiers signataires de la pétition figure le philosophe Michel Onfray. Auteur en décembre dans Libération d'une tribune appelant à une candidature unitaire, l'auteur de La puissance d'exister. Manifeste hédoniste explique pourquoi il a décidé de soutenir une candidature de José Bové. 

Pourquoi appeler à une candidature Bové ?


Des gens m’ont contacté pour m’expliquer qu’il y avait un fort désir chez les militants antilibéraux d’une candidature de José Bové. Je me suis simplement mis au service de cette cause car je crois que c’est une bonne idée. Regardons les choses en face, le mode de désignation d’un candidat commun par les collectifs antilibéraux n’a pas fonctionné. Les antilibéraux n’ont pas saisi le mode de fonctionnement de l’élection présidentielle qui est aussi, comme l’indique souvent Villepin, la rencontre d’un homme et d’un peuple. Dans le cadre d’un parti, c’est relativement simple : il y a des adhérents, des candidats, un mode de scrutin… Dans le cas des antilibéraux, on a créé des comités pour désigner un futur candidat. Sans aller jusqu’à parler de "noyautage", on peut dire que le PCF sait faire ces choses-là. Résultat, les positions du PCF sont très représentées dans le vote des comités.
Cette démarche n’a pas non plus fonctionné car Olivier Besancenot et la LCR ont refusé dès le début de s’y associer. Si Besancenot n’obtient pas les 500 signatures et qu’il appelle à une candidature unitaire, des choses restent possibles.

En retirant sa candidature en cours de route, Bové porte lui aussi une part de responsabilité…


José Bové possède une qualité et un défaut : il est sincèrement démocrate. Quand il a vu les enjeux de pouvoir et les luttes d’appareil, il a tergiversé avant de se réfugier dans un mode plébiscitaire : "Je reste disponible si tout le monde est d’accord sur mon nom ". Tout comme Jospin au PS, ce qui a manqué à Bové, c’est de vouloir vraiment être candidat. C’est son côté libertaire, son côté assemblée générale plus que logique de parti. Dans la logique présidentielle, je suis candidat car je suis porteur d’un projet. Si ce projet ne rencontre pas l’intérêt du public, je me retire. C’est ce qu’a fait Christine Boutin, par exemple. L’élection présidentielle n’est pas un concours de beauté, mais un rapport de force.

Cela fait un candidat de plus à gauche ?


On ajoute surtout un choix possible. Il n’y a pas de vérité dans le nombre de candidats à présenter. Il y a des idées en jeu, des débats à avoir. Si l’on croit à une éthique de conviction, il existe des voix particulières qui sont différentes de celle de la gauche libérale et blairiste. La vie politique n’est pas le bipartisme. Si vous renoncez à exprimer ces voix, votre sensibilité se retrouve diluée dans un grand ensemble et vous n’existez plus. Cela rejoint la notion de vote utile qui est un produit de l’époque libérale. Ce n’est ni un vote d’idées, ni un choix intelligent mais l’affirmation qu’il y a un horizon indépassable du libéralisme. Pourquoi ne pas interdire de se présenter aux candidats qui ne sont pas crédités de 15% dans les sondages ? Vous ne jouez pas dans la cour des grands, vous n’existez pas…

Comment trouvez-vous la campagne jusqu’ici ?


Médiocre et sondagière. On ne voit pas émerger de projet de société. Les hommes politiques se contentent d’indexer des slogans sur des sondages qui mesurent l’opinion. Il faut au contraire avancer les idéaux auxquels on croit. L’idée que l’argent ou le marché ne peuvent pas faire la loi à l’école ou à l’hôpital en est un. Cela dit, on ne connaît pas encore tous les candidats. Tout le monde s’épie, se regarde, on en est encore au stade du concours de beauté. Lorsque la campagne sera véritablement lancée, il y aura forcément des rencontres, des débats, des confrontations d’idées. Nous n’en sommes qu’au tour de chauffe.

Sources L'Express

Posté par Adriana Evangelizt




Publié dans Présidentielle

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Bixente64 02/04/2007 10:47

Bonjour,
Un certain nombre de partisans de l'affreux borgne s'amusent à usurper mon identité et à répandre sur certains blogs, dont le votre, des messages qu'ils m'imputent.
Ces méthodes illustrent bien la grandeur de ce triste parti et l'honneteté de ses partisans.

etienne 01/02/2007 09:57

bonjour,
D'après un ami médecin alcoologue, José Bové présenterait des signes évidents d'alcoolisme ou en tout cas de consommation abusive d'alcool.
Qu'en est-il à votre avis?
merci.

vieille dame 31/01/2007 16:33

J'ai signé la pétition pour la candidature de José Bové, parce que cela mettrait un peu d'intelligence dans cette campagne. Mais maintenant, j'attends son programme...Si il était élu, pense-t-il que Bush le sauveur se sentirait obligé de venir nous "délivrer" ? ou en tout cas obligé de lancer une "guerre" économique violente ?

vieille dame 31/01/2007 16:30

Monsieur Onfray a senti le vent...c'est peut-être un bon signe, mais je n'ai pas beaucoup de sympathie pour ce personnage qui se permet des déclarations sans nuances et  en "généralisation abusive" , sur la religion musulmane !  j'ai l'impression qu'il apartient à la nouvelle religion "laïque et obligatoire" qui, après un siècle d'existence,  a ses sectaires absurdes et dangereux , comme aussi heureusement des adeptes à l'esprit assez ouvert...

lallouette roger 29/01/2007 17:24

ce qui est exessif est insignifiant.
et puis avec ses 15%  SEGO SERAIT BIEN CONTENTE DE LE RETROUVER AU 2 EME TOUR .
A moins qu'il soit devant ?