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Désobéissance civile

Mercredi 22 mars 3 22 /03 /Mars 01:48

Un article de 2004 très intéressant... sur la désobéissance civile de José Bové, Noël Mamère et d'autres encore...

Ces élus qui défient la loi

par Claude Askolovitch

Ils imitent José Bové. Invoquent Gandhi ou Martin Luther King. Et n'hésitent pas à se mettre hors la loi pour changer la société. La «désobéissance civile» est le nouveau credo des élus verts. Au risque de saper les fondements de l'Etat de droit?

Un élu du peuple en prison? Quand ils passeront au tribunal, pour avoir arraché du maïs transgénique en cet été 2004, Gérard Onesta et Noël Mamère, respectivement député européen et député des Verts, revendiqueront leur geste. Ils parleront de la politique impuissante, du danger des pesticides et du principe de précaution. Une enceinte de justice deviendra l'agora démocratique. Et, devant les médias alléchés, on verra des politiques payer de leur personne pour faire valoir leurs convictions. Jusqu'à la prison, s'il le faut ? Etrange affaire. Surréaliste dans une vieille démocratie. Elle pend pourtant au nez de la République. D'un côté, des politiques franchissant la ligne, ceignant leurs écharpes tricolores pour piétiner le droit de propriété et vandaliser les plans transgéniques. De l'autre, un pouvoir arc-bouté sur le respect de la règle et de l'autorité. Dominique de Villepin avait envoyé Mamère devant le tribunal administratif après le «mariage gay» de Bègles. Dominique Perben a ordonné au parquet de mener la charge contre les faucheurs. La procédure est en marche. A leur université d'été, cette semaine à Toulouse, les Verts ont décidé de récidiver, lançant des raids contre des hypermarchés vendant des produits aux OGM. Et les élus impliqués dans les arrachages demanderont à leurs assemblées de lever leurs immunités.


L'affaire est sérieuse. Elle va au-delà d'un simple accès de provocation - cette action urticante dont Noël Mamère vante les vertus. Il ne s'agit pas seulement de jouer au martyr, de réveiller les médias ou l'opinion. Ce qui est en jeu, c'est le rapport à la loi. La désobéissance civile a fait son apparition dans la vie politique française. Elle est un mot clé de la rentrée pour une gauche qui fait de l'illégalité un instrument. «Toute loi n'est pas légitime, on ne se contente pas d'une démocratie représentative, mais on se bat pour une démocratie participative», explique Gilles Lemaire, secrétaire national des Verts, parti de gouvernement ayant donné des ministres à la France. «Les élus sont des élus du peuple, pas des élus de la loi», renchérit José Bové, démiurge de cet âge de transgression.


Car Bové, évidemment, est de la fête. Ce sont ses vieux amis de la communauté de l'Arche - un groupe non violent, installé au sud du Larzac - qui organisent les actions des faucheurs. Bové lui-même a fauché en juillet. Comme l'an dernier, il se retrouve au coeur de la gauche. Il y a un an, 300000 manifestants l'adoraient à sa sortie de prison. Cette année, son influence est idéologique. Bové achève ces jours-ci un livre de combat sur cette désobéissance civile chère à son coeur. Il a révisé ses classiques. Montaigne et son discours sur la «servitude volontaire». Gandhi. Martin Luther King. Et surtout Thoreau. Un écrivain américain du XIXe siècle, bostonien idéaliste pour qui le «meilleur des gouvernement» était celui qui ne gouvernait pas. Thoreau avait refusé de payer ses impôts pour ne pas financer une guerre menée contre le Mexique. Et invitait les agents de l'Etat à démissionner. Bové a lu Henry Thoreau, au temps de sa jeunesse militante. Il théorise depuis toujours l'affirmation de la société contre l'Etat. «La désobéissance civile, c'est la respiration de la démocratie», lui a soufflé son avocat François Roux. Une manière citoyenne de compléter la loi, de la contourner, et de la relativiser.


Dans l'histoire de la gauche française, la révolte citoyenne a toujours existé. Elle a prospéré dans les traditions chrétiennes, révolutionnaires ou syndicalistes. Elle a connu son heure de gloire avec l'opposition aux guerres coloniales. Mais jamais autant d'élus de la République, aspirant aux responsabilités étatiques, n'avaient, délibérément, choisi d'assumer l'illégalité. Là se situe la vraie révolution - et la victoire de Bové. On défiait le syndicaliste paysan d'entrer en politique active, d'aller aux élections? Il n'en a rien fait. Au contraire, ce sont des élus qui se rallient à l'action directe. Ainsi, Gérard Onesta. Vice-président du Parlement européen. Un écologiste, ami de Bové, mais pétri de culture légaliste. Qui se dit désespéré par l'inertie du système. «J'ai vu le Parlement européen voter contre les OGM par des majorités écrasantes. Mais à cause du traité de Nice nos votes ne sont pas pris en compte. La Commission européenne a imposé des cultures transgéniques, et les Etats laissent faire, contre l'opinion publique. Alors, que faire?» Le basculement de ce quadragénaire dans l'illégalité a valeur de symbole. «Pendant des années, j'ai alerté, à Toulouse, sur les dangers de l'usine AZF. Je savais que c'était une bombe à retardement. Personne ne m'entendait. Après l'explosion, quand il y a eu des morts, on est venu me voir. Si c'était à refaire, j'irai occuper l'usine!» Lorsqu'un ami lui a proposé de partir arracher son plan d'OGM, à Verdun-sur-Garonne, Onesta a un peu hésité. Depuis, il conserve sa fleur sur son bureau. Fier d'avoir osé. Et pourtant troublé. «En dépit de tout, quand on est convoqué à la gendarmerie, on se sent sali. Traité comme un criminel.» Quand on se sent, au fond, un héros.


Cette envie d'être Antigone correspond à l'air du temps. Tous innocents, tous rebelles. Dans les manifestations altermondialistes, on affronte les barrages de police, on franchit les lignes interdites. On exhume, dans la France de Chirac, des expressions renvoyant aux années terribles de l'histoire: résistance, oppression, dissidence. Le passif judiciaire du président, les blocages d'une Ve République verrouillée, la montée des extrêmes et de l'abstention renforcent l'idée que la politique doit emprunter des chemins détournés. Des transgressions publiques, un débat médiatique, et la justice comme arbitre suprême, en lieu et place du Parlement: la désobéissance civile marque le dépérissement de la démocratie représentative à la française.


Cette évolution inquiète. «Normalement, la désobéissance civile est une arme de dernier recours, quand tous les processus démocratiques ont été épuisés, explique le politologue Dominique Reynié.
Aujourd'hui, on emploie cette notion sans discernement. En réalité, on cultive la désobéissance tout court comme une vertu. Mais si chacun s'arroge le droit de décider s'il va ou non respecter la loi, on affaiblit l'état de droit, et on peut tout valider. L'arrachage d'OGM comme des commandos anti-avortement. L'obéissance à l'autorité démocratique n'est pas une oppression, c'est une garantie.»


A gauche, la mise en cause de l'autorité de la loi dessine de véritables fractures. D'un côté les Verts se coulent avec délice dans l'âge de la désobéissance. Affaire de culture: «Nous avons grandi dans la contestation, dans l'objection de conscience, se souvient Sylvain Garel, élu vert de Paris. On refusait de payer nos factures EDF pour protester contre le nucléaire.» L'embourgeoisement institutionnel n'a pas étouffé l'envie de briser les lignes. «On est très fort pour bloquer les trains de déchets nucléaires et saboter les motrices», s'amuse Dominique Plancque, conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais. En face, les grands frères socialistes font la grimace. Le porte-parole du PS, Julien Dray, a condamné en juillet la méthode directe de Mamère. Le député européen Harlem Désir, fervent opposant aux OGM, a participé, une fois, à un arrachage. «Mais je ne recommencerais pas, reconnaît-il. On ne peut pas expliquer aux jeunes que la règle et la norme sont les garants de la démocratie et prendre nous-mêmes des libertés avec la loi.»


Les socialistes préfèrent pousser les feux juridiques. Ils font voter, dans leurs régions, des voeux contre les cultures transgéniques. Ils encouragent des maires à prendre des arrêtés anti-OGM. «Il faut chercher les limites, affirme Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes, utiliser nos lieux de pouvoir pour faire bouger le droit.» Royal assume totalement son hostilité aux OGM. Elle veut aller en justice soutenir un maire des Deux-Sèvres poursuivi pour un arrêté municipal anti-OGM. Elle avoue de la sympathie pour les tenants de la désobéissance civile. «C'est revigorant de voir des citoyens prendre leurs responsabilités. J'aimerais aller témoigner en leur faveur lors de leur procès, les soutenir sur le fond, sans forcément valider les méthodes.» Mais elle n'imaginerait pas un instant prendre elle-même le sécateur: «Ce serait une confusion des genres. Celui qui fait la loi n'a pas à la transgresser. Il faut se battre, chacun à sa place pour la modifier.»


Question de principe, ou fausse pudeur? «Au fond, les socialistes n'assument plus une part de leur militantisme de gauche, accuse Yves Contassot, responsable des Verts Paris. Leur refus de transgresser la loi est lié à leur acceptation de l'économie libérale.» L'attaque est vicieuse, mais elle est reprise par un opposant interne au PS, le député de la Nièvre Christian Paul. «On est peut-être un peu trop devenu un parti de gouvernement», ironise-t-il. Lui-même peut en témoigner: énarque, ancien ministre de Jospin à 40 ans, élu cumulard en Bourgogne, il s'inscrit dans la tradition de la première gauche. Mais il revendique la désobéissance. «Quand Mitterrand lançait une radio libre, Radio-Riposte, contre le monopole d'Etat, quand Laurent Fabius, déjà député, se faisait arrêter devant cette radio par les flics de Giscard, nous avions moins de réticences...» Paul a déjà participé à une action anti-OGM. Il veut pratiquer la transgression ciblée. Spécialiste d'internet, il proteste contre les projets gouvernementaux antipiratage, qui, dit-il, «étouffent la liberté sur le web». Avec d'autres responsables, il veut organiser des téléchargements illégaux. A chacun sa résistance.

Sources : LE NOUVEL OBSERVATEUR

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : Désobéissance civile
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