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JOSE ET LE NON A LA CONSTITUTION

Samedi 18 février 6 18 /02 /Fév 09:09

La directive Bolkestein

40 000 manifestants à Berlin

Par Marius Heuser

Près de 40.000 personnes protestèrent samedi dernier à Berlin contre la directive Bolkestein. En plus de la Confédération des Syndicats Allemands (DGB) et de diverses organisations écologiques et de protection de la nature, le Parti social-démocrate, les Verts, le Parti de la gauche et les Commissions sociales du Parti chrétien-démocrate (CDU) avaient aussi appelé à manifester sous le slogan « Europe Oui - dumping social, Non ! ».

Participèrent à cette manifestation non seulement le président du DGB, Michael Sommer et des représentants d'autres syndicats, mais aussi de nombreux politiciens, comme l'actuelle ministre de la Coopération économique et du Développement et le vice-président du parlement allemand, Wolfgang Thierse (tous deux SPD) ainsi que le président des Verts, Reinhold Bütikofer et la présidente du groupe parlementaire des Verts, Renate Künast.

La semaine passée, le groupe social-démocrate au parlement européen avait déjà annoncé que sous réserve de certaines conditions, il accepterait la directive. Ces conditions furent négociées par les représentants de ce groupe lors d'une réunion de travail commune en collaboration avec des membres du groupe du Parti populaire européen conservateur (EVP). Selon toute vraisemblance, le parlement adoptera ce compromis mardi prochain avec les votes des deux groupes.

En fait, ce compromis ne diffère que très légèrement de la version originale du projet. Les changements se rapportent en premier lieu à des formulations qui furent en partie édulcorées. C'est ainsi que le député conservateur autrichien Othmar Karas expliqua au quotidien autrichien Standard que l'un des points les plus controversés, à savoir « le principe du pays d'origine, n'était plus employé mais que le principe de base restait ».

Ce « compromis » n'est pas seulement soutenu par les sociaux-démocrates européens et le gouvernement fédéral, mais aussi par les syndicats. Lors de la manifestation, Sommer exprima sa « profonde gratitude» pour les progrès réalisés. Le projet tient compte, dit-il, d'un grand nombre de ses demandes et devrait être adopté. Il jugea que la manifestation était nécessaire pour être sûr que le compromis soit vraiment voté mardi et que ni le EVP ni la commission ne l'ajourne ou n'en empêche le vote.

Les organisateurs s'efforçaient continuellement de limiter l'objectif de la manifestation au rejet de la directive Bolkestein voire au vote d'une version légèrement amendée en tenant à l'écart toutes les questions qui lui sont liées. L'Union européenne et ses institutions qui, durant des années, furent responsables des attaques contre les acquis sociaux et les baisses de salaires, sont représentées comme les garants du progrès. Martin Rocholl, s'exprimant au nom de la Fédération de protection de la nature (Bund) et d'Attac, expliqua dans son discours de clôture qu'en ce qui le concernait, « l'Union européenne était liée à un espoir pour la paix, à plus de tolérance, plus de démocratie, plus de sécurité sociale, plus de protection des consommateurs et de l'environnement et plus de constitutionnalisme. »

La plus importante grève du secteur public de ces quatorze dernières années et la grève qui a lieu actuellement à l'usine AEG de Nuremberg n'eurent droit qu'à une mention succincte de la part du chef du DGB. Il ne perdit pas un mot sur la destruction annoncée de 20.000 emplois chez Volkswagen.

Dans une situation où la grande coalition prépare des attaques virulentes contre la population, où de nombreuses entreprises importantes annoncent des licenciements de masse et où on prépare la République fédérale à de nouvelles guerres, les syndicats organisent une protestation impuissante contre une directive de l'Union européenne qu'ils ont en fait approuvée depuis longtemps. On fit de cette manifestation, comme déjà par le passé, un vaste concert de sifflets par lequel on espèrait capter la résistance de la population et la placer sous le contrôle des syndicats.

Cette résistance contre la politique d'austérité s'est maintes fois exprimée ces dernières années indépendamment des vieilles organisations ouvrières. Il y a un an et demi des manifestations de masse se déroulèrent en Allemagne du jour au lendemain contre les lois Hartz IV et l'Agenda 2010, en France et aux Pays-Bas une majorité d'électeurs votèrent contre la constitution européenne, malgré une campagne massive de la part de l'establishment politique en faveur de celle-ci. Dans le même temps, on assista partout en Europe à de véhéments conflits industriels. Il ne fait pas de doute que la manifestation contre la directive Bolkestein aurait pu devenir un point de ralliement de cette opposition.

Au lieu de quoi, le DGB a organisé une protestation pour la forme. Plus de 30.000 manifestants sur les 40.000 que comptait la manifestation avaient été amenés par 600 cars affrétés par les syndicats de tous les coins d'Allemagne. Ces manifestants étaient arrivés équipés de casquettes, de drapeaux et de sifflets au point de ralliement près du ministère de l'Economie, où on leur offrit de la musique pop et de la soupe aux pois gratuite. Ils allèrent ensuite jsuqu'au Palais de la République où eut lieu le meeting de clôture. Là aussi la musique forte était omniprésente et les stands de saucisses frites dépassaient de loin le nombre des stands d'information politique.

Avec de telles pratiques, les syndicats ne sont en mesure de mobiliser que des gens se trouvant dans le cercle immédiat de leur influence. A l'opposé des manifestations contre la démolition sociale des dernières années, on n'a rencontré ici que très peu de membres d'associations d'aide aux chômeurs, de simples travailleurs ou de jeunes.

Thomas, 25 ans, étudiant en politique de Potsdam était, lui, une exception. Il avait appris dans le journal qu'une manifestation aurait lieu. Il était venu pour lutter contre le néo-libéralisme et aussi pour donner courage à d'autres. Il ne pensait pas que la perspective des syndicats soit capable d'empêcher la directive Bolkestein. « On ne poussera pas le gouvernement à agir contre la logique globale capitaliste par des manifestations. Pour briser la logique capitaliste il faut une perspective internationale », dit-il.

Peu de temps après le début de la manifestation qui se tenait sur le Schloßplatz, les manifestants se dispersèrent rapidement. Seuls quelque 3.000 d'entre eux restèrent pour écouter les discours prononcés à la tribune.

Sources : WSWS

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : JOSE ET LE NON A LA CONSTITUTION
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Dimanche 12 février 7 12 /02 /Fév 00:50

Tribune de José Bové dans le Monde

José Bové, ancien porte-parole de la Confédération Paysanne, est un des premiers signataires de l’Appel des 200.

POINT DE VUE

Pour moi, c’est "non"

 par José Bové

LE MONDE | 27.11.04

Est-il sérieux d’élaborer une Constitution de quelque 500 articles, mêlant valeurs de société, organisation des pouvoirs et politiques sectorielles ? Le débat sur le projet de Constitution européenne est trop important pour l’enfermer dans les logiques partisanes. Le Parti socialiste et les Verts adopteront définitivement leur position dans les jours qui viennent.

Mais on voit déjà que les stratégies électorales, les logiques d’alliances et les ambitions personnelles brouillent la discussion.

Au point que, dans les deux cas, les enjeux de la décision n’auront pas forcément grand-chose à voir avec la question simple qui est posée : doit-on dire "oui" ou "non" au texte adopté par les chefs d’Etat et de gouvernement le 18 juin dernier ?

Pour moi, c’est "non" ! A l’écart des arguments propres aux machines partidaires et électives, je veux expliquer simplement pourquoi, en tant que citoyen, d’une part, et syndicaliste, d’autre part, ce texte est dangereux et inacceptable.

Je suis européen en ce sens que je me bats pour la construction d’une véritable citoyenneté européenne. L’un ne va pas sans l’autre. Or je constate et regrette avant tout que l’objet même du débat qui se conclura par un référendum dans plusieurs pays d’Europe soit un document à la fois illisible et incompréhensible pour les électeurs. Est-il sérieux d’élaborer une Constitution de quelque 500 articles, mêlant valeurs de société, organisation des pouvoirs et politiques sectorielles ?

Est-il responsable de proposer à ratification un tel projet, complexe et confus, quand on sait que le scepticisme européen ou le repli nationaliste sont les principales menaces qui pèsent sur notre avenir démocratique ?

La citoyenneté européenne mérite mieux. Elle suppose que chacun puisse s’approprier, discuter et voter un texte fondateur pour un espace politique européen. Or le traité constitutionnel, en l’état, n’a rien à voir avec la raison d’être d’une véritable Constitution, qui doit fixer, en des termes simples et entendus par tous, les règles et les conditions permettant aux citoyens de vivre ensemble. Au contraire, il prétend, en les intégrant, sacraliser des politiques européennes induites par une vision libérale de l’économie et atlantiste de la défense.

De ce fait, le projet a pour conséquence concrète, s’il était adopté, de priver les citoyens d’exercer leur droit légitime à choisir un modèle économique, social et écologique. Parce que, une fois la Constitution votée, les électeurs ne pourraient plus choisir qu’entre le tout-marché et... le tout-marché, ce texte est fondamentalement dangereux pour la démocratie.

On voudrait accroître le taux d’indifférence des citoyens à l’égard de l’Europe que l’on ne s’y prendrait pas autrement.

Les partisans du "oui" agitent volontiers le hochet du droit de pétition qui figurerait dans le traité. En réalité, il s’agit de la simple reconnaissance donnée à un million de signataires européens d’"inviter" la Commission européenne à soumettre une proposition. Mais cette dernière n’est en rien obligée par la pétition. Les citoyens n’ont toujours aucun pouvoir.

En tant que syndicaliste, je ne peux non plus souscrire à un projet inacceptable en l’état. La Charte des droits fondamentaux, présentée comme le symbole des avancées positives du texte, ignore l’essentiel des droits sociaux et syndicaux.

Un seul exemple : si le principe de sécurité sociale est admis, la Constitution ne parle que de "protection sociale adéquate", ce qui ne veut rien dire et exclut d’entrée toute harmonisation par le haut pour les salariés les moins bien protégés d’Europe.

Il y a plus grave. En matière de concurrence et de "libéralisation" des marchés, le projet de texte s’inscrit dans le droit-fil de la pensée de l’Organisation mondiale du commerce.

Plus particulièrement, il s’inspire de l’idéologie qui sous-tend le fameux Accord général sur le commerce et les services (AGCS), pierre angulaire du démantèlement des services publics en Europe. La déréglementation deviendra ainsi la règle, comme le propose d’ailleurs un tout récent rapport remis à Nicolas Sarkozy et concernant notamment les professions qui bénéficient d’un numerus clausus.

Les partisans du "oui" invoquent souvent le ralliement de la Confédération européenne des syndicats au texte. Il faut cependant savoir que cette instance ne représente qu’elle-même et que, dans tous les pays d’Europe, les organisations syndicales prennent des positions beaucoup plus prudentes, quand elles ne sont pas hostiles.

Pour sa part, la Confédération paysanne s’est clairement inscrite en opposition à un projet qui ne fait qu’entériner une vision agricole productiviste vieille de quarante ans, et dont les conséquences sont connues : disparition des exploitations, menaces sur la qualité alimentaire, dégradation de l’environnement.

Plus de pouvoir aux citoyens, moins de pouvoir au marché : tel est le credo de tous ceux qui sont engagés aujourd’hui dans le combat pour "une autre Europe".

En donnant valeur constitutionnelle à un texte qui s’inscrit dans une démarche diamétralement opposée, les femmes et les hommes de gauche ne feraient pas que renoncer à ce combat. Ils contribueraient aussi à figer dans le marbre une vision purement mercantile de la société, et donc à vider la politique de son sens.

Pour ma part, je souhaite que puisse se réaliser le front de gauche le plus large possible en faveur du "non", de l’extrême gauche à la majorité de Parti socialiste, en y incluant toutes les forces sociales et associatives en mouvement pour un monde plus juste.

Personne n’a le monopole du "non". Chacun a la responsabilité de son succès.

José Bové est membre de la Confédération paysanne

Sources : Appel des 200

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : JOSE ET LE NON A LA CONSTITUTION
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