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  • : José Bové méritait bien un blog pour les combats qu'il mène. Contre les OGM. Contre la mondialisation.Pour un monde plus juste. Pour la Justice et l'Egalité. Quelqu'un qui ose dire tout haut ce que nos gouvernants cachent...
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José Bové, un exemple

Jeudi 12 avril 4 12 /04 /Avr 17:06

 

 

José Bové, l'insoumis, candidat à l'Elysée

 

PARIS (AFP) - Ancien leader paysan, contestataire et radical dans l'âme, José Bové, 53 ans, vedette de l'altermondialisme et qualifié de dernière minute pour la présidentielle, est le seul postulant à l'Elysée à faire campagne sous la menace d'une peine de prison ferme.
L'homme à la pipe et à la moustache de Gaulois, que la presse a parfois comparé à "Astérix", Lech Walesa voire Robin des bois, a gagné ses galons dans son combat contre "la malbouffe".

Dans cette bataille, il n'a pas hésité à recourir à des moyens illégaux, une "désobéissance civique" qui lui a valu arrestations, garde à vue, séjours derrière les barreaux.

La justice l'a définitivement condamné le 7 février à quatre mois ferme pour arrachage de plans d'OGM fin 2005, condamnation qui ne le prive toutefois pas de ses droits civiques.

Il pourrait théoriquement être incarcéré pendant la campagne, et il a par avance assuré qu'il serait alors un "prisonnier politique".

Pacifiste, mais capable d'actions musclées, Bové s'est consacré à la lutte contre la "logique libérale", la mondialisation et les produits transgéniques.

Peu connu avant 1999, le berger du Larzac et fondateur de la Confédération paysanne fait irruption sur la scène médiatique après son premier coup d'éclat : le "démontage", le 12 août 1999, du chantier d'un restaurant McDonald's, symbole à ses yeux de la "malbouffe".

Il devient le porte-étendard de l'altermondialisme en dehors des frontières. Avec la notoriété, vient l'ambition politique. Il entend incarner le rassemblement antilibéral à la présidentielle mais devant les divisions, se retire fin novembre avant de se relancer en se présentant comme un recours.

Pour l'heure, sa candidature n'a pas créé de dynamique et il plafonne dans les sondages, glanant autour de 2%.

Son programme est fondé sur les 125 propositions des collectifs antilibéraux avec notamment une hausse du Smic immédiatement à 1.500 euros bruts et rapidement à 1.500 nets, une hausse de 300 euros des minima sociaux.

Côté nucléaire, il estime que l'avenir énergétique du pays doit être "décidé" par les Français.

Il propose aussi la création d'un ministère des droits des femmes et de l'égalité et se prononce pour une VIe République.

Sources
Atlasvista

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : José Bové, un exemple
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Samedi 31 mars 6 31 /03 /Mars 18:44

Jacques Perreux, l'orthodoxe défroqué de José Bové

par Sylvia Zappi

Rien ne disposait ce communiste de 54 ans à devenir directeur de campagne de José Bové. Jacques Perreux, vice-président du conseil général du Val-de-Marne, préfère ses dossiers sur l'eau à la gestion d'une équipe aussi éclectique que celle du candidat altermondialiste. Il jure même qu'il ne voulait pas de ce poste. "Il fallait quelqu'un de présentable", raconte Christophe Aguiton, militant de la minorité de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), également engagé auprès de M. Bové. Et surtout, un homme capable de "mettre de l'huile" entre des personnalités aux intérêts politiques parfois divergents et aux ego remuants.

Il s'est donc accroché le symbole de la campagne Bové, un coquelicot rouge - "la fleur qui résiste aux pesticides", explique M. Perreux - au revers de son éternelle veste noire et a quitté son bureau du conseil général du Val-de-Marne pour prendre en charge l'organisation de la collecte des signatures. Trois semaines d'incertitude, de montage de bric et de broc pour parvenir à présenter 503 parrainages. "On n'est sûr de perdre que les batailles qu'on ne mène pas", s'amuse-t-il aujourd'hui.

Lui, en tout cas, n'a jamais douté de la "dynamique enclenchée" par M. Bové. Malgré les cafouillages, les départs de certains anciens "amis" antilibéraux, les sondages qui oscillent entre 1 % et 3 %... "Je ne suis pas un bovétiste, mais un communiste qui pense que cette candidature peut favoriser une vraie irruption des quartiers populaires dans cette campagne présidentielle", argumente-t-il encore.

Son parcours militant a pourtant longtemps été dans la stricte orthodoxie communiste. Fils d'un couple de boulangers normands, il adhère à la rentrée de 1968 après s'être fait renvoyer de son lycée. Son bac en poche, il embauche dans une usine de peinture de Vitry (Val-de-Marne) comme technicien de production, mais n'y reste que sept ans pour devenir permanent du parti en 1977.

Le jeune Perreux monte vite, très vite, dans l'appareil : directeur du journal Avant-garde, puis secrétaire général de la Jeunesse communiste (JC) pendant six ans, il gagne sa première élection en 1988 comme conseiller général. C'est alors un fidèle de l'appareil et de Georges Marchais. "Il était chargé comme moi d'appliquer la ligne du parti dans la JC", raconte le refondateur Pierre Zarka. Pendant ces années de reprise en main des organisations de jeunesse contre le courant de Charles Fiterman, il s'agissait de resserrer les rangs, et "Perreux n'avait pas d'états d'âme", se souvient un ancien. "Un lieutenant et un tueur", évoque un ancien responsable "déviant" de la JC. Lui évoque juste ces "années de camaraderie où on se fait des amitiés fidèles".

Le milieu des années 1990 marque ses premiers désaccords avec la ligne Marchais. Il devient rédacteur en chef du magazine Regards et appuie sans hésitation la ligne de "mutation" portée par Robert Hue. Puis, déçu par l'expérience de participation au gouvernement Jospin, se met en retrait. Il se plonge alors dans les problèmes de l'eau, découvre les altermondialistes lors des forums sociaux et fait la connaissance de José Bové lors du premier rassemblement du Larzac, en juillet 2000. Il est ainsi devenu autant écolo et antinucléaire que communiste convaincu, assure-t-il. Mais le parti et ses amis refondateurs ne le passionnent plus. Il en aura pourtant besoin lors du renouvellement de son mandat de conseiller général en 2008. "Je sais qu'on peut être communiste sans être au parti", répond-il, bravache.

Sources Le Monde

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : José Bové, un exemple
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Mardi 27 mars 2 27 /03 /Mars 20:02

Alors comme il y a quelques Corses dans notre groupe, un interview de José à U Ribombu... pace i salute ! Apparemment, il n'avait pas encore les 500 parrainages...

José Bové favorable à l’autodétermination


 




José Bové ne se présente plus. Son combat est international et il est reconnu bien au-delà des simples frontières françaises. Pour populariser ses luttes, il a décidé de se présenter à l’élection présidentielle française. Le Ribombu l’a rencontré pour connaître ses positions sur la Corse.


URibombu : Quels regards portez-vous sur la terre de Corse ?

José Bové :
Je pense que la terre de Corse, chacun sait que c’est une île, que c’est un territoire à part entière et donc en tant que territoire, il a sa propre logique, que la Corse n’est pas née comme ça, c’est le fruit d’une culture, une culture qui s’est construite sur des millénaires, et qu’aujourd’hui, on ne peut pas parler de la Corse sans parler de sa langue, de sa culture et de son peuple, et qu’aujourd’hui l’avenir de la corse passe par la reconnaissance de cette identité qui est à la fois sociale, culturelle et territoriale.


URib. : Pensez-vous que la mondialisation touche aussi la Corse ?

José Bové :
De manière évidente, la Corse n’est pas en dehors du monde, donc la Corse est de manière très claire liée à la fois à la réalité française, à la réalité européenne et à la réalité mondiale, et qu’aujourd’hui la Corse est victime de la logique libérale, de la logique productiviste, et que la Corse, dans cette logique-là, ne peut pas développer sa propre activité économique, on le voit bien sur la question de l’agriculture où rien n’est fait pour qu’il y ait un véritable développement et qu’on affirme la nécessité qu’une grande partie de la consommation en Corse des produits agricoles doit être produite sur place, je pense que cela aussi c’est une question centrale qu’on retrouve à la Guadeloupe, qu’on retrouve aux Antilles, qu’on retrouve à la Réunion, qu’on retrouve en Nouvelle-Calédonie, qu’on retrouve partout, je pense donc que c’est très important c’est qu’il y a nécessité de localiser l’économie et que les réponses aux besoins premiers de la population viennent de l’activité locale que ce soit en terme agricole, en terme artisanal, en terme industriel, que ce soit en terme d’énergie, il y a nécessité effectivement de concevoir le développement de manière autocentré.


URib. : A notre connaissance, il n’y a pas de culture O.G.M. en Corse, pouvez-vous nous le confirmer ?

José Bové :
A ma connaissance, non, il n’y a pas de culture OGM en Corse, il n’y a jamais eu d’essais O.G.M. sur le territoire corse, il n’y a jamais eu de culture en pleins champs non plus, je pense que c’est une bonne chose et qu’on ne peut que s’en féliciter !

Le seul problème c’est que l’élevage corse importe de l’aliment du bétail qui vient de métropole ou d’autres pays méditerranéens et que là, effectivement, il n’y a aucune garantie que le maïs ou le soja utilisés dans cet aliment ne soient pas avec des O.G.M. Le problème c’est qu’au niveau européen aujourd’hui, c’est qu’il n’y a pas de traçabilité de l’aliment du bétail et je crois que cela devrait être une nécessité, que la question au sujet des produits de l’agriculture corse, je pense en particulier à la charcuterie ou au fromage, il faudrait qu’il y ait véritablement une affirmation de l’ensemble de ces filières pour dire « nos produits doivent être garantis sans O.G.M. » c’est-à-dire faire une pression en amont qui importe ces aliments quand il y a besoin d’avoir des compléments azotés notamment pour que ces aliments soient garantis sans O.G.M. A mon avis, c’est un combat qui doit être très important parce que cela permet de garantir que les produits corses ont à la fois une origine territoriale et assurent en même temps une garantie en terme de qualité par rapport à l’agriculture industrielle cela pourrait être vraiment une spécificité et un combat qui réunissent l’ensemble des acteurs en Corse que cela soit les paysans, que cela soit les consommateurs, que cela soit les élus.


U Rib. : L’agropastoralisme étant fortement lié à notre culture, qu’envisageriezvous pour nous permettre de développer notre agriculture ?

José Bové :
Je pense que la première chose c’est un, de permettre de développer la capacité de production, permettre à ce que les produits corses puissent se vendre à un prix correct afin d’assurer des revenus aux paysans. Je pense que la première chose est qu’il faut permettre aux paysans d’avoir un revenu et c’est à partir de ce moment, s’il y a un revenu, que l’on pourra créer de l’emploi mais en même temps, cela ne va pas suffire, je crois qu’il faut qu’il y ait un effort fait par la Collectivité en terme d’installation, de soutien d’installation, en terme d’aménagement du territoire pour permettre une gestion de l’usage du foncier qui soit collectif comme il a toujours été en Corse, où des usages se croisaient à des niveaux multiples, notamment au niveau de l’élevage et au niveau de la châtaigneraie.

Tout cela fait parti d’un tout, il faudrait un aménagement du territoire qui soit mené par les gens eux-mêmes avec des règles foncières qui permettent l’installation et qui permettent sans remettre en cause le fonctionnement de la propriété traditionnelle, que l’on puisse installer des gens en location et qu’on puisse avoir un plan très clair, cela nécessite aussi que l’on puisse lutter contre la spéculation et la fermeture du territoire par la logique spéculative et par le tourisme et l’équipement qui se font contre toutes les règles, notamment surtout la question du littoral, là où il faut être très clair et avoir une position anti bétonnage, ce qui fait aujourd’hui la spécificité de la Corse. La Corse, contrairement à la Côte d’Azur, a su se protéger, malgré cela on voit bien qu’il y a toujours des tentatives…

Après avoir commencé à en parler sur le foncier, sur les produits, sur la valorisation des produits, sur la nécessité d’avoir une infrastructure qui permette la transformation sur place, je pense en particulier à la question des abattoirs, cela me parait capital, on sait très bien qu’aujourd’hui, il y a beaucoup d’importations, alors qu’on peut produire localement, il faut valoriser les races locales, notamment les ovins et les chèvres, oui, je pense qu’il y a énormément de choses qu’ils peuvent faire, et pour cela, il faut qu’évidemment il y ait des structures économiques, pour développer le marché local et faire en sorte qu’ il y ait une priorité sur le marché local pour les produits locaux.

Cela me paraît très important, cela veut dire qu’il y ait une action claire face à la distribution pour que la distribution priorise d’abord la production locale, que ce soit la production locale qui soit le centre du marché et que quand la production locale ne peut pas satisfaire on importe le nécessaire, et pas faire l’inverse. Parce qu’aujourd’hui, c’est la grande distribution qui structure le marché à la place de la production locale, et la production locale devient simplement un supplément de ce que la grande distribution ne peut pas faire, et devient une production folklorique ou simplement une production festive alors qu’elle devrait être la production centrale en terme de consommation.

Il faudrait inverser le processus pour que, et cela veut dire une pression à la fois structurée au niveau des pouvoirs publics, au niveau des Assemblées d’élus, au niveau des outils économiques et de la distribution.


URib. : Si vous êtes élu président, seriez-vous prêt à accorder le pouvoir législatif à la Corse ?

José Bové :
Je pense qu’il faut partir, à mon avis, d’un débat : quelle est la spécificité, comment on fonctionne ? Je crois que là-dessus on doit être très clair sur l’évolution institutionnelle, on construit l’autonomie des territoires, ce qui est valable pour la Corse doit être valable pour d’autres régions, et que les choses se construisent par rapport à une construction européenne où la logique des régions l’emporte simplement sur la logique des Etats, donc je crois que c’est cela qui est important.

Donc qu’est-ce qui est du domaine régalien, qu’est-ce qui est du domaine des territoires ? A partir de là, c’est un processus en construction. Pour moi, la question ne doit pas se régler du jour au lendemain, mais doit être le fruit de la construction politique des territoires qui décident au fur et à mesure comment ils avancent vers la prise de décision qui concerne directement leur propre territoire. Et à ce moment-là, effectivement, on peut aussi aller vers des règles législatives qui sont liées à des territoires qui ont des spécificités, à partir de là, on construit un mode de prise de décisions qui font qu’on évolue de plus en plus vers un système d’autogestion territoriale, parce que je pense qu’il est plus important dans l’autogestion de territoires où les gens se prennent directement en charge à partir de leur propre autorité ; et c’est cela, à mon avis, le sens de la valeur qu’on doit accorder à cette réflexion-là, en terme de valeur de prise en compte de leur avenir par les gens eux-mêmes par rapport à leur propre réalité, le fait d’être dans une réalité insulaire, avec une culture et une tradition, fait qu’on a effectivement une nécessité de pouvoir décider de ce qui est central pour son avenir.

U Rib. : La Corse étant une île, elle est éloignée des continents, ne pourraitelle pas bénéficier d’un statut particulier semblable à celui de la Sardaigne, de la Sicile ou des Pays d’Outremer ?

José Bové :
Je pense que la France souffre d’une logique centralisatrice, d’une logique jacobine et qu’aujourd’hui c’est une logique qui va contre la logique que vivent la plupart des peuples dans le monde, donc c’est évident que l’on doit aller dans une logique fédérale. Moi, je suis fédéraliste dans l’âme, ce qui veut dire qu’il faut que l’autonomie fonctionne à partir de réalités, bien évidemment qu’il y a une solidarité entre territoires et cela est la logique de la redistribution mais en même temps que les prises de décisions qui concernent le territoire lui-même doivent émaner du territoire et donc cela veut dire dans la mesure une évolution vers cette logique-là. Mais, à mon avis, cela doit être dans le fondement de la construction de ce qu’on réclame, c’est la remise en cause de la République monarchique dans laquelle nous sommes vers une nouvelle république qui mettra les citoyens au coeur pour que les gens puissent prendre leur propres décisions.


URib. : Que pensez-vous de la Déclaration de Corti faite par les peuples placés sous tutelle française en cinq points : le premier, le droit de mettre en oeuvre dans le cas d’un statut officiel, le développement de nos langues et de nos cultures ; deuxième point, le droit de promouvoir et de maîtriser notre développement économique et social ; troisième point : droit à la reconnaissance en tant que peuple et nation ; quatrième point, le droit à l’autodétermination ; cinquième point, le droit de mettre en oeuvre un processus de décolonisation ?

José Bové :
Je pense qu’il y a un certain nombre de points qui ne font pas débat sur l’autogestion, la question sociale, sur la langue, sur la question de l’administration, aujourd’hui on est dans le cadre d’un regroupement donc je peux, moi, prendre des positions qui ne sont pas aujourd’hui des positions de l’ensemble des collectifs, je pense qu’il faut que l’on respecte aussi la construction collective dans laquelle on est. Ce qui fait qu’aujourd’hui, les questions qui vont faire débat, c’est évident, c’est cette vision de la question de concevoir la Corse dans le cadre d’un débat colonial ou pas, moi, je peux avoir un avis, d’autres qui sont différents. Mais à mon avis, ce qui est important, c’est que ce débat, on peut l’avoir entre nous et qu’on peut avancer aussi dans une prise en compte d’une vision où chacun entend ce que l’autre dit, parce qu’à mon avis, il n’y a pas d’idée figée et aujourd’hui les discussions c’est cela qui est important. Dans ma déclaration de candidature, je crois que je suis le seul candidat à avoir dit qu’il fallait que l’ensemble des départements et des territoires d’Outre-mer puissent avoir l’équité par rapport aux autres territoires, je n’ai pas dit égalité, équité est plus important qu’égalité, et qu’ils puissent choisir leur propre destin par autodétermination. Cela a été écrit et n’a pas été remis en cause. Après, comment cela va se construire, sur quel territoire, sur quel espace, cela est un processus qui est dans le débat et donc on ne va pas le trancher aujourd’hui, mais je pense que c’est important que tout le monde entende cela parmi l’ensemble du camp antilibéral dont on sait très bien qu’il regroupe des gens qui sont de cultures politiques différentes, puisque dans le camp du « non » par exemple, on avait des gens qui étaient beaucoup plus dans la logique de l’Etat-nation, que d’autres qui étaient plus dans une logique de fédération. Donc, voilà c’est le débat qui je pense avance, mais qui ne va pas se régler aujourd’hui mais c’est parce qu’on sera ensemble pour porter cette campagne et construire cet avenir qu’on va pouvoir dépasser les positions et arriver à un consensus sur cette question.


U Rib. : En Corse, nous n’avons pas de statut équivalent à celui des Pays d’Outre-mer...

José Bové :
C’est pour cela que je parle d’équité et qu’aujourd’hui le statut institutionnel doit correspondre aux réalités des territoires, donc si aujourd’hui, au niveau de la Corse, il y a une nécessité d’avancer vers un statut identique aux T.O.M. ou aux D.O.M., c’est à voir effectivement quel est le mode institutionnel qui permet effectivement de traduire cette réalité.

Je vois que c’est très important, c’est pour cela que la notion d’équité est centrale, la notion d’équité cela veut dire que chacun est différent et que donc c’est à partir de ces différences qu’on doit permettre à chacun d’avoir le même niveau de développement en terme social, culturel et de prise de décisions.


U Rib. : Pour vous, les clandestins corses qui portent la lutte armée, sont-ils des terroristes ou des résistants ?

José Bové :
Je me suis toujours exprimé d’une manière très claire, ce n’est pas à moi à porter un jugement sur les formes d’action que choisissent les mouvements politiques, moi, je m’inscris dans le cadre de l’action non violente et de la désobéissance civile, chacun le sait, donc moi, j’assume, je suis plutôt quelqu’un de l’action à visage découvert quitte à désobéir à la loi, quitte à assumer ses actes. Voilà, je ne suis pas personnellement quelqu’un qui pense que la stratégie de la lutte armée soit une fin en soi et qu’il y ait une possibilité de dépasser cette forme d’action en termes d’efficacité et en termes de possibilités d’élargir le soutien au combat. En même temps quand je dis cela, je ne porte pas de jugement sur les personnes simplement c’est ma façon de concevoir le combat et de le mener. D’autres luttes se sont passées dans le monde, je ne sais pas, c’est l’Histoire qui juge, ce n’est pas les personnes, ce n’est pas en terme de jugement moral que je fais cela, mais plus en terme de perspective politique, de prise en compte d’une lutte par le plus grand nombre parce que ce n’est pas le plus grand nombre qui arrivera à soutenir une lutte peut déboucher sur un véritable changement et une véritable transformation.


URib. : Sur presque 70 prisonniers politiques, seulement deux sont incarcérés en Corse. Qu’en pensez-vous ?

José Bové :
Aujourd’hui, sur cette question-là, l’Etat français n’applique pas ses propres règles, puisqu’il y a une loi qui prévoit que le détenu doit être le plus proche de sa famille et aujourd’hui on est effectivement dans une logique discriminatoire. Par rapport aux prisonniers corses comme par rapport aux prisonniers basques où la revendication est identique, il n’est pas normal que des gens qui sont condamnés à la prison ne bénéficient pas des mêmes règles en fonction de la raison pour laquelle ils sont incarcérés.

Donc tous les détenus, c’est une règle du droit français, doivent être le plus proche de leur famille, c’est comme cela que je pense que les détenus corses doivent pouvoir être incarcérés, puisqu’ils sont incarcérés, que leur détention doit pouvoir se faire en Corse donc le plus près de leur famille, c’est une nécessité aujourd’hui.


URib. : Pensez-vous que les Corses incarcérés pour leurs idées devraient avoir un statut de prisonniers politiques comme vous l’aviez réclamé pour vous-même ?

José Bové :
je pense qu’aujourd’hui, les personnes qui sont détenus pour avoir mené un combat politique, sont de fait des prisonniers politiques. On sait très bien que le statut de prisonnier politique n’existe plus en France, mais que de toute façon, ce n’est pas le statut juridique qui le définit, c’est la réalité et qu’aujourd’hui collectivement, les gens qui sont en prison pour un combat d’idées, pour avoir défendu une cause, je dirais quelle qu’elle soit, parce qu’on n’est pas forcé d’être prisonnier politique avec des idées complètement opposées aux miennes pourtant je reconnais que c’est différent de quelque chose qui se fait dans un but individuel ou dans un but d’enrichissement personnel ou de voyoucratie. Donc, je pense, qu’il faut véritablement reconnaître le statut de délit d’opinion en termes de politique.


U Rib. : Envisagez-vous prochainement de venir en Corse pour un meeting ?

José Bové :
Si c’est possible, on va essayer de faire en sorte de pouvoir organiser un maximum de réunions publiques, de débats partout où va se passer cette élection et que si c’est possible, ce sera avec un grand plaisir, mais d’abord pour pouvoir faire cela, il faut bien que la campagne ait lieu et pour faire la campagne, il faut avoir des signatures. Donc c’est la condition nécessaire, pour que le débat que l’on pose et le débat que l’on appuie puisse être présent dans le débat politique.

Le plus grave serait que ce courant antilibéral aujourd’hui qui est entrain d’être porté ne puisse pas être présent partout parce que l’on se retrouve bloqué pour une question institutionnelle parce que l’on n’a pas toutes les signatures.


URib. : Vous en êtes à combien de signatures ?

José Bové :
Environ 200, donc cela veut dire qu’on a encore énormément de « pain sur la planche » et que le moins qu’on puisse dire c’est qu’on ne soit pas soutenu par les institutions et par les grandes formations politiques pour l’instant.

Propos recueillis par Mariana

Sources U RIBOMBU

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : José Bové, un exemple
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Jeudi 1 mars 4 01 /03 /Mars 19:14

Je suis contente de voir que l'on a emprunté le titre de mon blog pour un très bon article sur José Bové, l'homme Nature...

José Bové, l'homme Nature, un autre monde est en marche

par Séverine Alibeu

José Bové, le lover de la nature qui mène une vie d'enfer... à ceux qui osent s'attaquer à la planète Terre ! Depuis son enfance, il est bercé par le monde agricole. Son père, directeur régional de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA), a participé à l'invention d'un riz transgénique destiné au Tiers-Monde. Sa mère est professeur de sciences naturelles. JB a un caractère bien trempé. A 15 ans, il est exclu du lycée catholique car il se montre allergique à l'enseignement religieux ! Puis José Bové, éleveur de moutons, militant et syndicaliste, ne cesse de se battre pour une agriculture saine et de lutter contre la mondialisation, les OGM et la "malbouffe" venant des Etats-Unis. Sa légende est née lorsqu'il détruit du maïs OGM ou démonte un MacDonald's ! José n'hésite pas à employer la force : la prison ne lui fait pas peur. Même si José Bové n'est pas un homme politique, sa candidature à la présidentielle de 2007 n'étonne pas. Il est même considéré comme un prétendant sérieux : cette forte tête a une capacité de rassemblement indéniable, c'est une personnalité médiatique et ses paroles sont suivies d'actions. Les électeurs pourraient-ils être charmés par cet homme "très nature" ? Va-t-il "faucher" des voix aux autres candidats ? Sa candidature a été annoncée le 1er février 2007 à la bourse du travail de Seine-Saint-Denis. Le site Internet officiel : http://www.unisavecbove.org. Voici ses idées sur "l'écologie et son environnement".

"Ma candidature est le fruit des discussions des collectifs anti-libéraux. Elle ne sera donc pas qu'écologiste. Bien entendu, elle s'appuie sur une critique du modèle productiviste qui détruit l'environnement. Mais de cela découle une critique du modèle libéral, ce qui suppose d'avoir des idées claires sur le modèle social. En outre, je souhaite être le candidat des "invisibles" de la société. Pour réagir, il ne faut pas attendre qu'on plante des tentes sur le canal Saint-Martin, mais rassembler tous les gens qu'on ne voit pas pour leur proposer un autre modèle social. Sur l'essentiel des questions écologiques, je suis en accord avec les autres candidates écologistes, Dominique Voynet et Corinne Lepage. Pour moi, il faut cependant être clair: le débat sur le nouveau réacteur EPR ou sur les OGM doit être réellement posé. Personnellement, je suis contre les cultures d'OGM en plein champ, mais je suis d'accord pour que ce type de question soit tranchée par un débat public et un référendum. A mes yeux, s'il y a eu un vrai débat, le résultat sera un compromis acceptable.

Je sais cependant que les "petits gestes", certes importants, ne suffiront pas. Il faut avant tout remettre en cause le logiciel productiviste. L'écologie ne peut pas être consensuelle, elle passe forcément par une bagarre contre les multinationales.

C'est tout le problème du droit international qui a besoin de moyens de coercition sur les pays et les entreprises. Il n'y a pas de raison que seule l'OMC puisse distribuer des sanctions. Jacques Chirac propose de créer une Organisation Mondiale de l'Environnement, mais le problème, c'est que dans l'architecture de l'ONU, il y a beaucoup d'institutions comme l'OMS, la FAO et d'autres, mais aucune n'a de réelle pouvoir. Pour l'agriculture, on peut avec la FAO et la CNUCED recréer des outils pour mieux réguler les marchés, à condition qu'elles disposent d'outils coercitifs. Cela passe par une reconstruction du système des Nations-Unies. Bien évidemment, je sais que c'est utopique, mais en même temps, on a un vrai souci sur l'avenir de la planète. Le réchauffement arrivera sans doute avant qu'on ne parvienne .... à cette réforme. D'ailleurs je pense que bientôt, ce sont les groupes d'assurances, qui vont le plus hurler et obliger les hommes politiques à attaquer sérieusement la question du climat".

Sources : Ecologie Caradisiac

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : José Bové, un exemple
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Lundi 5 février 1 05 /02 /Fév 18:14

Alors je remercie René Gaudy pour le texte sur José Bové "à la manière" de Roland Barthes que je pose avec son commentaire...

Mythologie de José Bové, « à la manière de » Roland Barthes

 

par René Gaudy

L’abbé Pierre, mort quelques jours avant l’annonce de la candidature de José Bové, est une des figures des « Mythologies » de Roland Barthes. J’ai essayé d’imaginer un portrait de José Bové « à la manière de » Roland Barthes. Ce texte est un cadeau posthume à ce penseur subtil dont la devise était : «Pas de pouvoir,un peu de savoir, le plus de saveur possible». René Gaudy




Il est un produit du massif central, vieux massif primaire, granitique, ventre du pays, avec ses volcans éteints (mais qui peuvent se réveiller). Il est du sud de ce massif, le pays d’oc, Occitanie, catharie hérétique, camisards. Le sud-ouest ajoute le panache (la bravoure) de d’Artagnan et la sensualité du vert galant. Moustache et bouffarde : frère de Brassens, autre gaulois de langue d’oc. La bouffarde n’est pas droite comme celle de Monsieur Hulot (Tati), homme de la France du nord; elle est torse, ressemble à une corne. Bové- bœuf , les deux cornes du casque gaulois (casque du paquet bleu des gauloises). Le bœuf n’a pas l’agressivité du taureau, voué à la reproduction ou à la mise à mort dans l’arène. Il n’est pas enragé par le rouge, il est paisible, utile à l’homme, il tire la charrue, la charrette, le chariot. Dans l’étable, c’est entre l’âne et le bœuf que l’enfant paraît. Autre bête à cornes de la ferme: le bélier. Plus petit, mais plus volontaire. Bélier, arme médiévale, manœuvrée à plusieurs, fonce et enfonce les portes des châteaux (Barthes prophète ? A Montreuil le samedi 21 janvier 2007, on a entendu cette phrase : « Le bélier Bové peut enfoncer les tenants du libéralisme »R.G.) Signe du printemps. Irruption de la sève. Renaissance de la nature. Il n’est pas le bouc ou l’agneau : il échappe au sacrifice. La convergence des signes nous conduit vers le mythe national: Bové résurgence d’Astérix, lui-même fils de Vercingétorix.


Costume : tee-shirt. Pas de cravate. Au pied, quelque chose de la famille des mocassins. Pantalon sombre. En hiver, par dessus le tee-shirt, un pull bleu marine col camionneur (fermeture éclair) et blouson sombre. Le tee-shirt est la pièce maîtresse, le blason : il ne fait pas signe à de tel ou tel mouvement (col mao, vareuse, keffieh). Ne cite pas l’habit traditionnel du paysan (pas de velours). Il dit: Je suis un homme d’aujourd’hui, avec un simple tee-shirt, page blanche, degré zéro de l’habit. Sur la page, tout va faire sens. A d’autres la virgule Nike, lui c’est un signe militant: une phrase, un dessin. J’affiche mon programme, mon être : je suis un manifestant. Pacifique, les mains nues, bras nu, en avant. Car dans l’empire des signes, José Bové est allégorie de la rébellion. Dernier avatar du Jacques et des jacqueries, le paysan français révolté, insurgé. Son action? En bon gaulois, il est malin, matois, il n’agit pas par force mais par ruse. En artisan, il ne casse pas, il démonte (le macdo de Millau) –clin d’œil à Derrida ? En paysan, il ne saccage pas les plantes transgéniques, il fauche. Il ne fait pas le coup de poing contre l’ordre établi. Il se laisse arrêter. Et appelle à témoins. Il se fait bouclier d’Arafat menacé de mort dans son QG de Ramallah. Photo de Bové entre deux soldats, deux gens d’armes, salut du menotté à la foule, double parole muette : « Voyez comme les puissants procèdent avec les faibles. Voyez comme le rebelle résiste, il sourit ». Bové a décentré le débat politique, mis au centre la question de la nourriture, malbouffe du nord, qu’il relie à la famine du sud. C’est pourquoi, d’abord figure du sud (de la France), il est aujourd’hui une figure du « Sud ». Dernier trait: il n’est adoubé ni par la 2e Internationale (de Jaurès), ni la 4e (de Trotsky). Ne descend pas davantage de la 3e de Lénine. Il sort du mouvement des années 60 aux trente-six noms (hippie, flower power, peace and love, baba cool). Mouvement pacifiste (il a lutté contre l’extension du camp militaire du Larzac). Mouvement libertaire qui renoue avec l’anarcho-syndicalisme, révolte pure contre l’injustice, indépendance à l’égard des partis. Sur les ruines du soviétisme, ce mouvement refait surface aujourd’hui, différent et semblable.
Par tous ces traits, Bové se situe à la confluence du social et du politique, à la confluence des grands courants politiques qui veulent un autre monde. S’il réussit, la France sera le premier pont du nord vers le grand sud.


René Gaudy, le 1er février 2007

 

Posté par Adriana Evangelizt


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Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : José Bové, un exemple
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