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  • : José Bové méritait bien un blog pour les combats qu'il mène. Contre les OGM. Contre la mondialisation.Pour un monde plus juste. Pour la Justice et l'Egalité. Quelqu'un qui ose dire tout haut ce que nos gouvernants cachent...
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Dimanche 21 mai 7 21 /05 /Mai 14:05

José Bové : « L’Europe néolibérale n’a rien à envier aux États-Unis »

OMC. Réunion discrète de ministres à Paris aujourd’hui, libéralisation des services... et constitution européenne. Un entretien avec José Bové, porte-parole de l’internationale paysanne Via Campesina.

Entretien réalisé par Alain Raynal

Comment analysez-vous les raisons qui poussent l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à organiser des réunions discrètes telles que celle qui se déroule ce matin à l’ambassade d’Australie, à Paris ?

José Bové. Cette « mini-conférence ministérielle » devrait réunir vingt-cinq à trente pays pour débattre à la fois des questions agricoles et de celles concernant les services. Elle s’inscrit dans une nouvelle stratégie de l’OMC mise en oeuvre après l’échec de Cancún. Plutôt qu’arriver pour un débat général le jour du sommet qui se tient tous les deux ans - le prochain aura lieu à Hong Kong en décembre prochain -, les pays les plus riches et les grandes puissances comme les États-Unis et l’Union européenne préfèrent préparer leur accord en amont dans la discrétion. Accord qui n’aurait plus ensuite qu’à être avalisé par l’ensemble des pays. Nous sommes face à un coup de force et dans le cadre d’un système encore plus antidémocratique que celui que nous connaissions. Maintenant, ils tentent de rechercher par petits groupes de pays des accords où chacun y trouve son intérêt après distribution des cartes, avant d’arriver ensemble avec une sorte de paquet cadeau qui leur permet d’enfermer ceux qui n’ont pas participé aux réunions. Ils espèrent ainsi passer en douce en organisant des réunions sectorielles avec quelques pays sur des thèmes précis. Vont, par exemple, être réunis ensemble l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Viendront éventuellement s’ajouter le Brésil, pourquoi pas la Chine, les États-Unis et l’Union européenne... Après cinq ou six mini-ministérielles de ce type, ils pourront ensuite imposer leur choix aux autres.

Quelle place tient l’UE dans cette stratégie ?

José Bové. Le commissaire au Commerce extérieur est le seul habilité à négocier pour le compte des Vingt-Cinq, ces derniers ne débattant même pas du contenu des négociations. Un blanc-seing est ainsi donné à ce commissaire européen pour mener les discussions. En réalité, son mandat est très clair au niveau de l’Union européenne. Sur la question agricole, cette dernière a décidé de laisser tomber : on s’ouvre, on s’aligne sur les prix mondiaux et on laisse entrer les produits. Pour l’Union européenne, l’intérêt passe par la libéralisation des services. Déjà 167 secteurs de services différents avaient été mis sur la table à Cancún. Pascal Lamy, alors commissaire au Commerce extérieur, avait envoyé un courrier aux grandes entreprises européennes présentes dans ces différents domaines en leur demandant quelles étaient leur offre et leur demande pays par pays. Pour chaque pays, elles ont notifié ces demandes, qui ont ensuite servi à l’Union européenne pour débattre à Cancùn. Par exemple : pour tel pays, telle entreprise souhaite l’accès au système informatique, y compris ceux des services de l’État. Autre demande : pouvoir investir dans un pays sans être obligé d’y laisser l’argent pendant cinq ans, ou sans être contraint d’employer des salariés du pays...

Pour revenir au débat sur la constitution , les tenants du « oui » ressassent que l’UE pourrait par ce traité résister plus fortement face aux États-Unis. Que leur répondez-vous ?

José Bové. Contrairement au discours dominant, l’Europe est l’un des principaux moteurs de la libéralisation des échanges au niveau de la planète. Elle n’a rien à envier aux États-Unis. Je dirais même qu’elle est en avance sur les États-Unis, souvent plus protectionnistes. L’Union européenne veut pousser ce débat sur la libéralisation, sur l’ouverture des frontières, pour gagner la bagarre sur le commerce des services. Aujourd’hui, c’est l’Union européenne qui est en pointe : elle possède le plus de sociétés transnationales qui peuvent gagner des parts de marché sur la planète. Au niveau mondial, 82 % de ces transnationales ont leur siège social en Europe et aux États-Unis. Dans ce système de partage des marchés planétaires, les institutions politiques doivent à leurs yeux servir uniquement le développement de ces logiques de marché. Le politique est abandonné au profit unique d’intérêts privés. La construction européenne telle qu’ils veulent l’imposer renforce cette logique, puisqu’ils n’auraient plus de comptes à rendre vis-à-vis des citoyens et des parlements. Depuis le début de l’OMC, il n’y a jamais eu de débat. Ni en 1994 pour signer les accords de Marrakech, ni avant Seattle, ni dans la préparation de Cancún. À aucun moment, ces enjeux fondamentaux qui restructurent la planète ne donnent lieu à un débat où les citoyens et les parlementaires pourraient s’exprimer. Voilà, à mon avis, ce qui explique qu’aujourd’hui, dans le débat sur le traité constitutionnel, reviennent au premier plan les questions qui portent sur cet ordre économique-là, sur ce type de société-là. C’est à travers cet enjeu que se structure le clivage entre le « oui » et le « non ». Entre des gens qui acceptent d’être dominés par cette logique et ceux qui disent non et qui affirment dans le même temps : nous voulons nous réapproprier le débat, nous voulons recréer à partir d’acquis démocratiques des modes de développement où le politique décide en lieu et place de structures économiques n’ayant aucun compte à rendre.

L’ex-commissaire au Commerce extérieur de l’UE, Pascal Lamy, pourrait bien devenir le prochain directeur général de l’OMC. Un symbole ?

José Bové. À mon avis, sa candidature n’a rien d’une démarche individuelle. Pascal Lamy bénéficie de l’accord des vingt-cinq gouvernements et de la Commission européenne pour se présenter. D’une certaine manière, cela paraît cohérent, car il a été celui qui a le plus développé la logique de l’OMC. Il est, en quelque sorte, le symbole de l’ouverture des marchés, y compris sur les services, sur le démantèlement de l’agriculture au niveau de la planète. L’OMC tente une nouvelle tactique pour briser les mobilisations populaires. Nous devons donc renforcer cette mobilisation. À quelques mois du prochain sommet de Hong Kong, nous allons essayer, comme à Seattle ou à Cancún, de pousser les contradictions jusqu’au bout pour empêcher un accord. Et, d’ici là, rassembler le plus largement possible autour du « non » à la constitution néolibérale européenne.

Sources : L'HUMANITE

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : OMC
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Mercredi 22 mars 3 22 /03 /Mars 01:15

Pascal Lamy et José Bové confrontent leurs gauches à la mondialisation

Par Nicolas Barotte - Le Figaro

 

DÉBAT Le directeur général de l'OMC et le paysan altermondialiste ont débattu jeudi des règles du commerce mondial.

SOCIAL-LIBÉRAL et de gauche, Pascal Lamy est un cas rare en France. Dans l'amphithéâtre de l'École nationale supérieure des télécommunications de Paris qui l'accueille, le directeur général de l'OMC n'a pas beaucoup de supporters. Les militants altermondialistes, associatifs, sympathisants de la gauche sont majoritaires dans l'auditoire. Face à lui pour débattre de la mondialisation – sous-entendu de ses méfaits –, il y a José Bové, l'une des figures de proue de l'antilibéralisme. Les deux hommes se connaissent et aiment débattre ensemble même si leurs gauches respectives sont irréconciliables. La rencontre a été organisée jeudi soir par le petit courant du PS Utopia (1% au dernier congrès).
La gauche et l'OMC sont-elles compatibles ? Pour la majorité de la salle, la réponse est évidente : c'est non. Avec une pointe d'ironie iconoclaste, Lamy va défendre une thèse différente. En France, «la gauche et l'OMC ne font pas bon ménage», reconnaît-il en introduction, mais c'est «assez particulier à notre pays». «L'OMC est vue par beaucoup comme habitée par une «idéologie libre-échangiste» (...) qui imposerait sa logique contre une autre». Contre celle du social, de l'environnemental... Un point de vue que ne partage pas Pascal Lamy comme, souligne-t-il, les forces de gauche dans de nombreux pays.
Avec une méthodologie professorale, il défend sa maison. «Je ne vais pas plaider que l'OMC est de gauche, explique-t-il, mais que l'OMC est pour la gauche un instrument potentiel de régulation. Aucun des principes [de l'organisation] n'est étranger à une pensée de gauche, même au plan français j'oserai dire», affirme-t-il. Il décline : bénéfices de la croissance grâce aux échanges commerciaux, logique d'organisation contre rapports bilatéraux entre États inégaux, respect des espaces politiques nationaux. «Les faits collent-ils aux principes ?», demande-t-il. Pas forcément, mais les choses s'améliorent, répond-il en substance.
L'OMC a une vertu, répond José Bové, provocateur à son tour : «Cette institution a pu être mise en échec, c'est encourageant.» Il parle notamment des sommets de l'OMC à Seattle ou à Cancun, deux coups pour rien. Pour dénoncer la «perversion» du système, l'ancien porte-parole de la Confédération paysanne argumente en accumulant les exemples. Il dénonce notamment les «OGM» ou le «boeuf aux hormones» qui auraient été imposés aux volontés nationales. Il met aussi en cause la place des entreprises «transnationales» dans les négociations : «Ce sont des intérêts privés qui sont défendus par l'institution.» Homme de lutte, il voit un signe dans le rejet du projet de Constitution européenne l'année dernière. «Dans ce qui s'est passé le 29 mai, il y avait le refus d'un certain ordre économique libéral qui voulait être imposé.»
Entre la gauche de Lamy et celle de Bové, le PS subit, en filigrane, les critiques des deux bords. Interrogé sur la proposition socialiste, reprise dans le texte final du congrès du Mans, de créer une taxe sur les transactions financières, Lamy pointe en plaisantant les concessions faites à l'aile radicale du parti : «Ça sent la synthèse à plein nez.» Pour lui, il y a «d'autres moyens plus intelligents» pour favoriser l'aide au développement, par exemple les «écotaxes». Le PS propose aussi une réforme de l'OMC, qui serait placée sous la tutelle des Nations unies. Aujourd'hui, l'organisation est juridiquement indépendante, «peut-être dois-je en remercier le ciel ?», sourit Lamy qui connaît les difficultés de fonctionnement de l'ONU. José Bové n'est pas plus clément. En réponse à une question sur son non-engagement dans un parti, il lance : «Il y avait un parti qui avait dit «On va changer la vie», j'attends toujours.»

Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : OMC
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Samedi 11 février 6 11 /02 /Fév 22:34

 

José Bové : « L’Europe néolibérale n’a rien à envier aux États-Unis »

Entretien réalisé par Alain Raynal

OMC. Réunion discrète de ministres à Paris aujourd’hui, libéralisation des services... et constitution européenne. Un entretien avec José Bové, porte-parole de l’internationale paysanne Via Campesina.

Comment analysez-vous les raisons qui poussent l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à organiser des réunions discrètes telles que celle qui se déroule ce matin à l’ambassade d’Australie, à Paris ?

José Bové. Cette « mini-conférence ministérielle » devrait réunir vingt-cinq à trente pays pour débattre à la fois des questions agricoles et de celles concernant les services. Elle s’inscrit dans une nouvelle stratégie de l’OMC mise en oeuvre après l’échec de Cancún. Plutôt qu’arriver pour un débat général le jour du sommet qui se tient tous les deux ans - le prochain aura lieu à Hong Kong en décembre prochain -, les pays les plus riches et les grandes puissances comme les États-Unis et l’Union européenne préfèrent préparer leur accord en amont dans la discrétion. Accord qui n’aurait plus ensuite qu’à être avalisé par l’ensemble des pays. Nous sommes face à un coup de force et dans le cadre d’un système encore plus antidémocratique que celui que nous connaissions. Maintenant, ils tentent de rechercher par petits groupes de pays des accords où chacun y trouve son intérêt après distribution des cartes, avant d’arriver ensemble avec une sorte de paquet cadeau qui leur permet d’enfermer ceux qui n’ont pas participé aux réunions. Ils espèrent ainsi passer en douce en organisant des réunions sectorielles avec quelques pays sur des thèmes précis. Vont, par exemple, être réunis ensemble l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Viendront éventuellement s’ajouter le Brésil, pourquoi pas la Chine, les États-Unis et l’Union européenne... Après cinq ou six mini-ministérielles de ce type, ils pourront ensuite imposer leur choix aux autres.

Quelle place tient l’UE dans cette stratégie ?

José Bové. Le commissaire au Commerce extérieur est le seul habilité à négocier pour le compte des Vingt-Cinq, ces derniers ne débattant même pas du contenu des négociations. Un blanc-seing est ainsi donné à ce commissaire européen pour mener les discussions. En réalité, son mandat est très clair au niveau de l’Union européenne. Sur la question agricole, cette dernière a décidé de laisser tomber : on s’ouvre, on s’aligne sur les prix mondiaux et on laisse entrer les produits. Pour l’Union européenne, l’intérêt passe par la libéralisation des services. Déjà 167 secteurs de services différents avaient été mis sur la table à Cancún. Pascal Lamy, alors commissaire au Commerce extérieur, avait envoyé un courrier aux grandes entreprises européennes présentes dans ces différents domaines en leur demandant quelles étaient leur offre et leur demande pays par pays. Pour chaque pays, elles ont notifié ces demandes, qui ont ensuite servi à l’Union européenne pour débattre à Cancùn. Par exemple : pour tel pays, telle entreprise souhaite l’accès au système informatique, y compris ceux des services de l’État. Autre demande : pouvoir investir dans un pays sans être obligé d’y laisser l’argent pendant cinq ans, ou sans être contraint d’employer des salariés du pays...

Pour revenir au débat sur la constitution , les tenants du « oui » ressassent que l’UE pourrait par ce traité résister plus fortement face aux États-Unis. Que leur répondez-vous ?

José Bové. Contrairement au discours dominant, l’Europe est l’un des principaux moteurs de la libéralisation des échanges au niveau de la planète. Elle n’a rien à envier aux États-Unis. Je dirais même qu’elle est en avance sur les États-Unis, souvent plus protectionnistes. L’Union européenne veut pousser ce débat sur la libéralisation, sur l’ouverture des frontières, pour gagner la bagarre sur le commerce des services. Aujourd’hui, c’est l’Union européenne qui est en pointe : elle possède le plus de sociétés transnationales qui peuvent gagner des parts de marché sur la planète. Au niveau mondial, 82 % de ces transnationales ont leur siège social en Europe et aux États-Unis. Dans ce système de partage des marchés planétaires, les institutions politiques doivent à leurs yeux servir uniquement le développement de ces logiques de marché. Le politique est abandonné au profit unique d’intérêts privés. La construction européenne telle qu’ils veulent l’imposer renforce cette logique, puisqu’ils n’auraient plus de comptes à rendre vis-à-vis des citoyens et des parlements. Depuis le début de l’OMC, il n’y a jamais eu de débat. Ni en 1994 pour signer les accords de Marrakech, ni avant Seattle, ni dans la préparation de Cancún. À aucun moment, ces enjeux fondamentaux qui restructurent la planète ne donnent lieu à un débat où les citoyens et les parlementaires pourraient s’exprimer. Voilà, à mon avis, ce qui explique qu’aujourd’hui, dans le débat sur le traité constitutionnel, reviennent au premier plan les questions qui portent sur cet ordre économique-là, sur ce type de société-là. C’est à travers cet enjeu que se structure le clivage entre le « oui » et le « non ». Entre des gens qui acceptent d’être dominés par cette logique et ceux qui disent non et qui affirment dans le même temps : nous voulons nous réapproprier le débat, nous voulons recréer à partir d’acquis démocratiques des modes de développement où le politique décide en lieu et place de structures économiques n’ayant aucun compte à rendre.

L’ex-commissaire au Commerce extérieur de l’UE, Pascal Lamy, pourrait bien devenir le prochain directeur général de l’OMC. Un symbole ?

José Bové. À mon avis, sa candidature n’a rien d’une démarche individuelle. Pascal Lamy bénéficie de l’accord des vingt-cinq gouvernements et de la Commission européenne pour se présenter. D’une certaine manière, cela paraît cohérent, car il a été celui qui a le plus développé la logique de l’OMC. Il est, en quelque sorte, le symbole de l’ouverture des marchés, y compris sur les services, sur le démantèlement de l’agriculture au niveau de la planète. L’OMC tente une nouvelle tactique pour briser les mobilisations populaires. Nous devons donc renforcer cette mobilisation. À quelques mois du prochain sommet de Hong Kong, nous allons essayer, comme à Seattle ou à Cancún, de pousser les contradictions jusqu’au bout pour empêcher un accord. Et, d’ici là, rassembler le plus largement possible autour du « non » à la constitution néolibérale européenne.

Sources : L'humanité

Posté par Adriana Evangelizt

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