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  • : José Bové méritait bien un blog pour les combats qu'il mène. Contre les OGM. Contre la mondialisation.Pour un monde plus juste. Pour la Justice et l'Egalité. Quelqu'un qui ose dire tout haut ce que nos gouvernants cachent...
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José et la Palestine

Vendredi 20 avril 5 20 /04 /Avr 14:54

Merci José pour eux. En tant que juifs antisionistes, nous pouvons dire que tu es le seul à dire tout haut ce que bon nombre de gens pensent tout bas. Tant que le problème palestinien ne sera pas réglé, la guerre mondiale nous menacera. Nous te soutenons dans ce combat qui est devenu pour nous un idéal à réaliser. Il ne faut donc pas faire comme tous ceux qui courbent le dos sous les diktats sionistes.

 

 

José Bové : le sort du peuple palestinien appelle

à un sursaut humain et politique

par José Bové

 


Il en va de la survie d'un peuple, de l'honneur de l'Humanité et de l'avenir de la paix mondiale.

En cinq ans la vie des Palestiniens s'est de plus en plus enfoncée dans l'horreur. Le "mur de la honte" a été construit amputant encore plus les habitants de l'accès à leurs terres et de ce qui est nécessaire à leur survie. D'après l'avis du 9 juillet 2004 de la Cour Internationale de Justice, « L'édification du mur qu'Israël, puissance occupante, est en train de construire dans le territoire palestinien occupé, y compris à l'intérieur et sur le pourtour de Jérusalem-Est, et le régime qui lui est associé, sont contraires aux normes du droit international et de celles du droit humanitaire». Malgré cela absolument rien n'a été tenté par la communauté internationale pour s'y opposer.

Après avoir redéployé ses troupes hors de la bande de Gaza, l'armée israélienne a appliqué à ce territoire surpeuplé (grand comme une fois et demie la Seine-Saint-Denis) une série de "bouclages" coupant la population de toutes ces sources de subsistances, ponctuant régulièrement cet encerclement asphyxiant d'incursions armées et de bombardements meurtriers. Plusieurs territoires de la Cisjordanie ont été réoccupés. Aujourd'hui, Yasser Arafat est parti mais c'est l'ensemble du peuple palestinien qui est assiégé au risque de sa survie.

Les grandes puissances, l'Europe, la France et l'ensemble de la communauté internationale portent une très lourde responsabilité dans la tragédie du peuple palestinien et dans l'effroyable dégradation de sa situation de ces dernières années. Après avoir exigé des Palestiniens l'organisation d'élections, après les avoir surveillées et veillé à ce qu'elles soient conformes aux normes internationales, elles ont pris prétexte de leur résultat pour se rendre complice d'un embargo sur les aides qui a encore plus plongé ce peuple dans la misère, la malnutrition et la dépendance.

Aujourd'hui, aucune des solutions diplomatiques proposées n'a de chances crédibles d'aboutir à une amélioration du sort des Palestiniens et à une avancée vers une paix juste entre les peuples de la région. Ces jours-ci encore, l'Etat d'Israël a rejeté la proposition arabe de réactivation d'un plan de paix et la proposition de solution globale élaborée dans le sommet des pays arabes de 2002. La prise immédiate de mesures urgentes réellement à même d'arrêter la poursuite des politiques criminelles que subissent les Palestiniens depuis si longtemps relève de la nécessité la plus absolue, du devoir de chaque Etat et de l'honneur de l'Humanité.

Les mesures immédiates qui doivent être engagées sont les suivantes.

- Une reprise et une augmentation immédiate des aides directes au gouvernement palestinien afin de soulager le sort des populations et afin de leur garantir des conditions de vie décentes.

- L'engagement par la France et l'Europe de tous les moyens à leur disposition, y compris toutes les mesures contraignantes que permet le droit, pour imposer le respect du droit international par tous les Etats parties prenantes du conflit.

- L'utilisation du poids de la France et de l'Europe directement et à travers les institutions internationales, en coopération avec tous ceux qui partagent les mêmes objectifs, pour rechercher une solution globale à la question palestinienne dont l'application devrait être supervisée par l'ONU et imposer le respect et l'application des droits nationaux du peuple palestinien, y compris son droit à un Etat souverain et viable avec Jerusalem-Est pour capitale.

Pour une paix juste et durable dans l'ensemble de la région, et pour la construction de rapports internationaux justes, équitables et pacifiés:

- Abandonner immédiatement la politique française d'alignement sur la politique de guerre et de pillage conduite par les Etats-Unis d'Amérique, et adopter une politique étrangère indépendante de coopération internationale pour la construction de rapports justes et équitables entre les peuples.

- Utiliser la position privilégiée de la France au Conseil de Sécurité de l'ONU et dans l'Union Européenne pour œuvrer ―avec tous les Etats qui partagent cet objectif― à la réforme de l'ONU dans le sens de la restitution à son Assemblée Générale de sa vocation d'instance de décision démocratique et de règlement juste et pacifique des conflits.

- Utiliser la position française de pays appartenant au "club des pays possédant la bombe atomique" pour engager un processus de dénucléarisation intégrale des rapports internationaux et des programmes de défense.

- Œuvrer rapidement à l'organisation, sous l'égide de l'ONU et de son Assemblée Générale, d'une conférence internationale pour la paix au Moyen-Orient avec la participation de tous les pays impliqués dans le conflit. Assurer un engagement réel de l'Europe, en coopération avec l'Assemblée Générale de l'ONU et tous les pays intéressés à un règlement juste et pacifique des conflits, pour lui garantir un aboutissement rapide, juste et contraignant.
Pour stopper tout de suite l'embrasement de la région, et éviter tout nouvel aventurisme risquant de plonger le monde dans la guerre nous appelons à :

- Un retrait immédiat, intégral et inconditionnel des troupes d'occupation d'Irak. Et à un engagement de la communauté internationale, aux niveaux politique et financier, à fournir une aide à la reconstruction du pays et à la mise en place d'institutions démocratiques à même de mettre fin au conflits inter-irakiens, d'assurer la paix, la stabilité et la souveraineté du pays.

- S'opposer par tous les moyens à une nouvelle aventure guerrière des Etats-Unis d'Amérique, et à toute nouvelle agression militaire sous quelque prétexte que ce soit.

- Travailler dés aujourd'hui à la tenue d'une Conférence Mondiale pour des Relations Internationales Justes, Pacifiques et Respectueuses de l'Environnement. Elles devront être basées sur les principes ci-après.
L'instauration de relations internationales économiques, politiques et culturelles justes et équitables.
La reconnaissance effective du droit des peuples à disposer d'eux même et de jouir des conditions nécessaires à leur survie et à leur autodétermination. Ainsi que la reconnaissance de leur droit à résister à l'occupation, à la tyrannie et à l'agression militaire.
Le bannissement du recours à la force dans le règlement des différends et conflits internationaux. La mise en place de mécanismes à même de le faire respecter par tous.
La mise au centre des priorités politiques mondiales du droit des peuples à vivre dans un environnement sain et des générations futures d'hériter d'une planète vivable.

Sources Saphirnews

Posté par Adriana Evangelizt


Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : José et la Palestine
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Samedi 31 mars 6 31 /03 /Mars 19:15

Pour bien comprendre qu'il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier.  Dans l'immédiat le seul qui n'a pas fait allégeance à certaine organisation, c'est José Bové.

Lettre aux candidats

Pierre STAMBUL , Président, UJFP
et
Richard WAGMAN, Président d’honneur, UJFP

Madame ou Monsieur,

Nous avons l’honneur de vous adresser le présent courrier en notre qualité d’association nationale. Juifs laïques, nous travaillons contre toute forme de discrimination et de racisme en France, ainsi qu’en faveur d’une paix juste au Proche-Orient.

Dans cette région du monde, pour nous, comme pour vous sans doute, il ne peut y avoir de paix sans justice. Ainsi, une paix durable entre Israéliens et Palestiniens passe nécessairement par le respect des droits nationaux légitimes du peuple palestinien, spolié et brimé par l’État d’Israël, puissance occupante engagée dans une politique de destruction de la société palestinienne.

En France, pour les hommes et les femmes politiques, il est devenu d’usage de chercher à s’attirer les bonnes grâces de «l’électorat juif». Seulement, ce concept relève plus d’un fantasme que d’une réalité politique et sociologique tangible. Il n’empêche, sur la foi de ce fantasme, il est également devenu d’usage de considérer que les Juifs soutiennent forcément la politique de l’État d’Israël.


Bien qu’un nombre significatif de nos concitoyens de religion ou de culture juive expriment un certain attachement à Israël, attachement plutôt affectif, ceci ne se traduit pas forcément pour ces mêmes citoyens en un appui inconditionnel aux politiques répressives menées par le gouvernement de cet État. Sachez qu’environ 80% des Juifs de France ne sont membres ni du Consistoire israélite, ni du mal nommé CRIF (Conseil «représentatif» des institutions juives de France).


Néanmoins, c’est également à ces 80% de Juifs qu’il faut s’adresser, comme à l’ensemble de nos concitoyens, toutes origines confondues. Précisons d’abord que les quelque 700000 citoyens de culture ou d’origine juive ne constituent même pas 1% de la population de ce pays, alors restons modestes. Qu’à cela ne tienne, le CRIF se comporte toujours en courroie de transmission de la politique israélienne. C’est plutôt le rôle de l’ambassade d’Israël. La population juive de France,
quant à elle, a d’autres préoccupations. Et pourtant, le CRIF est toujours traité dans certains milieux politiques et médiatiques comme s’il représentait très largement les Juifs français.

Il convient de retenir que la population juive française est traversée par un large éventail d’opinions, tout comme l’est l’ensemble de la société française. Sachez surtout qu’un nombre significatif de Juifs français condamne la politique d’occupation israélienne et, conformément au jugement de la Cour Internationale de Justice, est favorable au démantèlement du Mur de séparation construit à l’intérieur du territoire palestinien. Nous insistons: l’image d’une population juive française unanime pour soutenir la politique d’occupation israélienne ne correspond pas à la réalité. De plus, une telle image erronée ne va pas seulement à l’encontre de la recherche d’une paix juste au Proche-Orient. Elle va également à l’encontre de la recherche d’une paix sociale en France, entre citoyens d’origine différentes, unis dans le respect universel des droits de chacun.

Enfin, nous vous rappelons que deux entreprises françaises, Veolia et Alstom, participent, avec le soutien actif du Ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, à la construction du controversé tramway de Jérusalem. Ce dernier est un facteur de pérennisation de l’occupation israélienne de Jérusalem-Est et de consolidation des colonies israéliennes illégales au-delà de la Ligne Verte, qui doit servir de frontière entre Israël et le futur État palestinien. Nous vous exprimons donc notre consternation et notre désaccord sur le rôle des entreprises et du gouvernement français dans ce dossier.

En votre qualité de candidat, nous aimerions croire que vous ne courrez pas après un prétendu «vote juif» inexistant, en multipliant des déclarations tous azimuts favorables à la politique israélienne, quelle qu’elle soit, et peu importe qui est au pouvoir à Tel-Aviv.

Nous convenons que le CRIF représente certes un courant d’opinion dans la communauté juive. Mais nous en représentons un autre. Il est parfaitement compréhensible que vous receviez éventuellement des porte-parole du CRIF, mais nous vous invitons également à recevoir des porte-parole de notre association et ceux des organismes qui représentent d’autres sensibilités dans la communauté juive. Car cette communauté est aussi plurielle que la République elle-même.

Nous considérons que la politique menée par le gouvernement israélien est criminelle vis-à-vis des Palestiniens et suicidaire vis-à-vis des Israéliens.

Veuillez croire, Madame ou Monsieur,en l’assurance de notre plus haute considération.


Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : José et la Palestine
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Samedi 31 mars 6 31 /03 /Mars 18:53

José Bové : « Israël est une sentinelle avancée

de la colonisation libérale »

« Israël est une sentinelle avancée de la colonisation libérale. Ce combat doit s'inscrire dans la grande lutte contre la domination du monde par l'idéologie libérale.
Il est dangereux de laisser les Palestiniens face à Israël sans relier leur lutte à la lutte contre le libéralisme.
Dans le traité d'Oslo une très grande partie du texte aborde les accords économiques qui ont été signés avant toutes les autres parties.
Israël, comme les Etats Unis, avaient besoin de ce traité pour assurer une stabilité économique et s'inscrire dans une logique de transferts financiers.
La Banque Mondiale a joué un rôle important pour financer ce processus qui a permis au PIB d'Israël de croître de 50% et de faire entrer ce pays dans le processus de libre échange.
Parallèlement à ce mécanisme une logique de développement de nouvelles entreprises s'est mise en place à proximité des territoires occupés afin de jouir de la maind'oeuvre bon marché et corvéable à merci des Palestiniens.
C'est ce même processus qui se produit à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis où les sociétés exploitent la main d'oeuvre latine peu fortunée du Sud.
La lutte pour les droits du peuple palestinien s'inscrit dans la lutte contre la mondialisation financière, dans la mesure où il s'agit d'instaurer un principe :
celui d'un véritable partage des richesses économiques entre les Israéliens et les Palestiniens. »

Sources : Résilience

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : José et la Palestine
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Vendredi 16 février 5 16 /02 /Fév 19:45

Label marocanité : José Barghové

par Driss Ajbali

On n’en parle plus, mais tout le monde connaît le plus célèbre prisonnier politique détenu en Israël, Marwan Barghouti, cinq fois condamné à perpétuité comme si la perpétuité pouvait se multiplier et se rallonger. De sa prison, cet homme charismatique s’était, à plusieurs reprises, résolu à se présenter à des élections que cela soit pour la présidence du mouvement palestinien ou pour, en franchissant le Rubicon de la discipline de son parti, entrer dans la compétition en qualité de candidat indépendant pour des élections générales. Son prestige et son charisme sont tels que ses candidatures, jamais concrétisées, lui valaient, à chaque fois, d’atteindre le zénith de son prestige chez la population palestinienne. Cette dernière l’a longtemps considéré comme le successeur naturel de Yasser Arafat. Et pour cause. L’image du résistant et de l’homme politique expérimenté qu’il incarne malgré sa jeunesse est, à chaque fois, renforcée par son embastillement qui est de nature à accroître l’estime de ses concitoyens.


Autre temps, autre contexte. La Cour de cassation française vient de rejeter avant-hier le pourvoi de José Bové. Le leader altermondialiste fut condamné en appel, en novembre 2005, par le tribunal de Toulouse. Le rejet de ce pourvoi concerne sept autres prévenus, dont Noël Mamère, député vert. Ils avaient été condamnés pour l'arrachage de maïs transgénique en juillet 2004.


Rien de comparable entre Barghouti et Bové. L’un se bat pour que ses oliviers soient restitués. L’autre veut protéger l’authenticité du roquefort. L’un défend sa terre, l’autre veut défendre la Terre. L’un défend son peuple. L’autre entend protéger l’humanité. L’un combat une nation des plus armées au monde. L’autre a des ennemis, à ses yeux dangereux, mais néanmoins moins batailleurs comme les organismes génétiquement modifiés, McDonald’s, ou la mal bouffe. C’est dire que comparaison n’est pas raison.

 
Mais à supposer que Bové remplisse les conditions, notamment les cinq cents signatures, pour être candidat à la présidence de la République, il aura comme dénominateur commun, avec Barghouti d’être un candidat embastillé. Si le leader palestinien s’est à chaque fois rétracté, par sens des responsabilités, Bové n’est pas du genre à reculer dans une situation analogue. Au contraire, la condition de victime pourrait même l’arranger et devenir son meilleur agent recruteur.


En confirmant sa condamnation à quatre mois de prison ferme, la justice française ne va-t-elle pas devenir la meilleure «boîte de com» de la candidature du syndicaliste paysan ? Ne va-t-elle pas créer un Barghouti gaulois ? Et si son incarcération dépend d'une prochaine décision d'un juge d'application des peines, Bové, entre ses moustaches à la Vercingétorix annonce déjà qu’il ne souhaite aucun aménagement de la peine. C’est dire qu’il a compris tout l’intérêt qu’il peut tirer de la situation en maintenant sa candidature à l'Elysée. Il a eu juste le tort de penser qu’il serait le premier «prisonnier politique» à se présenter à une élection.

Sources Aujourd'hui Le Maroc

Posté par Adriana Evangelizt





Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : José et la Palestine
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Samedi 11 février 6 11 /02 /Fév 23:01

Dialogue avec Monsieur Bové

David Abbassi : Bonjour monsieur Bové, comment allez-vous ?

 

José Bové : Bonjour, je vais très bien et je m’apprête à partir au Venezuela, à Caracas pour rencontrer les organisations paysannes, parce que là bas, ils mènent aussi une lutte très dure pour le droit à la terre contre les grands propriétaires.

 

DA : Vraiment bravo, José Bové pour tout. Nous parlions hier avec le président de notre radio « Ici et maintenant », il disait au début des élections présidentielles : «  José Bové devrait se présenter » Pourquoi ne l’as-tu pas fait ?

 

JB : Parce que je suis responsable dans une organisation syndicale et qu’il ne faut pas tout mélanger. Je pense aussi en entendant le débat politique telle qu’il est, que ce n’est effectivement pas la meilleure façon de faire avancer les choses. Il est plus et très important que  tout les mouvements se mettent à travailler ensemble et à faire un peu plus avancer les choses : la justice, la solidarité. C’est le sens de mon engagement, actuellement. Peut être qu’un jour je changerais d’avis mais pour l’instant, c’est comme ça que je compte continuer.

DA : José, ton voyage en Israël et en Palestine était très courageux. Dans le monde entier on a - et l’on continue - de parler de toi. Sur le satellite plusieurs chaînes télévisées arabes ou anglaises ou autres, on parle de José Bové et de son courage. Quelle expérience, quel message gardes-tu de ton voyage ?

JB : C’était la deuxième fois que j’allais en Palestine. J’y étais déjà allé en juin 2001 pour inaugurer les missions civiles de protection du peuple palestinien. On avait organisé ces missions parce que les états, les institutions politiques internationales ne faisant pas leur travail, il nous paraissait incroyable que ce qui se passait en Palestine puisse se faire sans que les citoyens puissent réagir. Nous avions donc décidé en juin 2001, d’organiser ces missions avec des gens de la société civile : des gens venant d’associations, des banlieues, des syndicats, des mouvements y compris de magistrats, d’avocats… On avait décidé  que c’était à la société civile de s’engager et cela a très bien marché puisque 15 missions sont parties. J’avais décidé, personnellement, d’y retourner pour une deuxième mission au mois de mars, puisque le 30 mars,  c’est la Journée de la Paix en Palestine qui commémore le massacre de paysans palestiniens par l’armée israélienne en 1976. Nous avions décidé de faire une grande fête dans le Néguev avec des organisations paysannes Palestiniennes et des paysans qui venaient du monde entier pour montrer notre solidarité et permettre aux paysans palestiniens de rentrer dans le mouvement international. Le 28 mars, quand nous sommes arrivés à Jérusalem, c’était à quelques heures de l’invasion de l’armée israélienne, et les gens avec qui nous étions en contact – des gens d’origine palestinienne mais aussi de mouvement de résistance contre la colonisation israélienne – nous ont dit que se serait très important si nous pouvions nous rendre à Ramallah, essayer d’être présent dans la ville, pour dire ce que faisait l’armée israélienne, et c’est ce que nous avons fait en forçant un check point. Nous avons fait une grande fête avec les habitants et les représentants d’ONG, tous les mouvements de la société civile Palestinienne. C’est ainsi, qu’ensemble, nous avons vécu l’invasion de l’armée israélienne et la destruction de la ville, l’encerclement et la destruction du quartier général de l’autorité palestinienne. Nous avons réussi, petit à petit, à intervenir dans la ville, en protégeant d’abord l’hôpital où à deux reprises, l’armée israélienne a essayé de rentrer, après l’avoir encerclé avec des chars. Ensuite, c’est ce qui a été reconnu comme la « Marche », nous sommes rentrés dans le quartier général malgré l’armée et nous avons protégé l’autorité palestinienne et fait en sorte que Yasser Arafat sorte vivant de ce mois de siège.

DA : Est-ce que tu as vu des cadavres ? Est-ce que tu es rentré dans le cimetière palestinien ? Qu’est-ce que tu as vu ?

JB : Je n’ai pas vu de cadavre dans la rue parce qu’au moment des grands tirs, il nous était difficile de sortir. Toute la journée du 29, premier jour de l’invasion, on ne pouvait pas sortir de l’endroit où on était enfermé, par contre le 30 quand nous sommes allés à l’hôpital, nous avons aidé des ambulanciers à ramener des cadavres, des blessés. Malheureusement l’armée empêchait les ambulances de s’approcher, donc toutes les personnes qui ont été ramenées le 30 à l’hôpital de Ramallah étaient déjà décédées. On a, en effet vu un certain nombre de personnes mortes avec des trous dans le ventre, dans l’abdomen, des tirs de balles à bout portant. Dans l’hôpital de Ramallah, il y avait de nombreux cadavres qui ne pouvaient pas être enterrés ce qui fait que deux jours après, on a décidé de les enterrer, nous et les personnels, médecins de l’hôpital, dans les jardins même. J’ai pu discuter avec des jeunes qui ont été blessés, des adolescents de 12, 13, 14 ans qui avaient reçu des balles. C’est donc toute la population qui c’est fait tirer dessus. C’était une guerre contre une population totalement désarmée. Ramallah était une ville en état de siège où l’armée a systématiquement détruit les routes, les systèmes électriques, les canalisations d’eau pour que les gens n’aient plus d’eau potable et soit obligée de descendre quand le couvre feu était levé. Une ville dévastée que j’avais vu 24h avant parfaitement vivante, avec des gens heureux de vivre, et c’est un véritable spectacle de désolation auquel j’ai assisté.

DA : Je ne sais pas si tu es au courant, nous avons appris qu’une imprimerie en Jordanie avait imprimé plus de 10000 photos de toi et que dans les maisons palestiniennes ta photo était à côté de celle de Yasser Arafat. Tu es donc un héros en France, dans le monde entier pour tes actes courageux. Actuellement qu’en Palestine soit accrochée à côté de celle du président palestinien ta photo, qu’est ce que tu en pense ?

JB : Ce que je pense c’est que l’on peut faire quelque chose et que le message que je voudrais lancer, c’est que chaque individu, chaque homme, chaque femme peut être capable à mains nues, d’être acteur, de faire en sorte que la guerre s’arrête, que l’on arrête cette guerre de colonisation. Le message que je veux faire passer c’est que ces missions de protection du peuple palestinien, ont pour but de faire avancer le droit. Il s’agit de montrer que si les états aussi puissants qu’ils soient n’arrivent pas à faire reculer Sharon et son armée, et bien des citoyens peuvent le faire. J’espère que c’est ça que les gens retiennent. C’est de montrer que la solidarité ce n'est pas simplement des mots mais cela peut être aussi des actes simples que l’on peut poser en allant en Palestine dans le cadre de missions mais aussi ici au quotidien en organisant des rencontres, en faisant parler, en expliquant la situation en Palestine sur place. Il me paraît important que ce massacre s’arrête. Le peuple palestinien est en train de vivre, aujourd’hui, une situation absolument catastrophique. Toutes les infrastructures sont détruites, les écoles, les hôpitaux, ces villes… l’autorité palestinienne ne peut plus fonctionner et en même temps cette situation affreuse amène obligatoirement une situation catastrophique aussi pour le peuple israélien et aujourd’hui nous nous battons contre une armée, contre un état qui a pris une position complètement folle sur le plan international et bien évidemment il faut qu’à terme des peuples puissent vivre et aujourd’hui nous sommes sur cette terre et il faut que tout le monde puisse vivre sur cette terre, sans agresser l’autre, c’est pour cela qu’il faut à tout prix faire cesser cette agression coloniale.

DA : Justement, José Bové, la question d’aujourd’hui, c’est comment est-ce que l’on peut aider les Palestiniens, comment est-ce qu’ils peuvent déclarer la création de leur pays, qu’est-ce qui empêche cette création ?

 JB : Aujourd’hui, évidemment, il pourrait y avoir une déclaration officielle créant l’Etat palestinien mais c’est un Etat palestinien qui serait occupé aujourd’hui, qui n’a pas la garanti. Au niveau international, il existe des déclarations, des résolutions de l’ONU qui sont formidables, mais, simplement pour que l’Etat palestinien puisse vivre correctement, faut-il encore que la communauté internationale, décide de le protéger. Je crois que si on doit pouvoir aider à la création de cet Etat palestinien avec Jérusalem pour capital, il va falloir de manière urgente, qu’on puisse envoyer des forces de protection internationales, empêcher coûte que coûte que Sharon puisse continuer à organiser la destruction systématique de toute réalisation palestinienne, pour réaliser l’Etat palestinien, pourquoi pas, mais le problème c’est que c’est un Etat qui ne peut pas fonctionner parce que toute ses structures sont détruites. Il faut faire attention que cela ne se retourne pas contre les Palestiniens.

 DA : Exactement, ta proposition est assez importante, envoyer une force internationale.

 JB : Je pense qu’il faut que l’on fasse chacun, aujourd’hui, pression, dans nos pays, sur nos gouvernements, pour leur dire : pourquoi, vous n’envoyez pas de force de protection. Il faut que nous, on fasse pression sur Monsieur Chirac, il faut que dans chaque pays on fasse pression, que dans les pays arabes, les mouvements sociaux fassent pression sur les gouvernement du monde arabe qui aujourd’hui sont trop silencieux, ne soutiennent pas réellement la cause palestinienne. Il faut qu’il y ait une véritable mobilisation des citoyens pour que cette question devienne centrale de l’organisation des Nations-Unies.

 DA : Exactement, le silence en Europe par rapport à tout ce que font les Américains, les Etats Unis, notamment contre les intérêts économiques de l’Europe, qu’est-ce qu’on peut faire ?

 JB : Je pense, qu’il existe une véritable prise de conscience qui existe contre la logique économique, contre la logique de la globalisation économique mais en même temps contre la logique de guerre qui augmente dans de plus en plus de secteurs, pour le contrôle notamment du pétrole et des ressources lumière, je crois qu’il est important que là aussi, la mobilisation se fasse. Par exemple, Monsieur Bush vient en France à la fin du mois de mai, le 26 mai si ma mémoire est bonne, et bien là, il est important qu’il y ait plus de gens dans la rue pour dire, et c’est assez est très important que tout les gens soient dans la rue pour se mobiliser.

DA : Et bien, je te remercie et on te souhaite un bon voyage. Je t’embrasse et te dis à très bientôt José.

JB : Merci et au revoir

Sources : ARIA

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : José et la Palestine
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