ouverture de la campagne officielle, meetings en tous lieux

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Présidentielle: ouverture de la campagne officielle, meetings en tous lieux

La campagne officielle pour l'élection présidentielle commence lundi, avec ses affichages et son cortège d'émissions sur les radios et télévisions publiques, lançant une semaine qui verra se multiplier les meetings.

Dans cette dernière ligne droite avant le premier tour du 22 avril, entre en vigueur la stricte égalité du temps de parole et d'antenne pour les douze candidats, à des horaires comparables, ce qui implique une discipline de fer.

Depuis le 20 mars, la presse audiovisuelle était tenue d'appliquer l'égalité du temps de parole.

A partir de lundi, elle doit aussi respecter l'égalité de temps d'antenne, soit "l'ensemble des éléments éditoriaux consacrés à un candidat et à ses soutiens", a recommandé le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel.

L'égalité se traduira aussi par des conditions d'antenne comparables: plus question d'écluser les "petits candidats" en leur donnant longuement la parole à des heures désertées par les spectateurs.

Le même principe d'égalité s'appliquera entre les deux tours.

Lundi matin commence aussi la diffusion, sur les chaînes du service public, des émissions télévisées ou radiophoniques produites par les candidats.

Soit, pour chacun d'entre eux, 45 minutes de temps de parole, fragmentées en clips de trois formats (1 minute, 2 minutes et demie et 5 minutes et demie) diffusés sur France 2, France 3, France 4, France 5, RFO (radio et télévision), France Inter et RFI.

José Bové, qui a confié la réalisation de sa campagne à l'animateur Karl Zéro, ouvre le bal, selon le tirage au sort effectué jeudi par le CSA.

L'ouverture de la campagne officielle se traduit aussi par l'apparition des affiches des candidats sur les panneaux officiels installés dans toutes les communes de France, à proximité des 85.000 bureaux de vote.

Grande première - et signe aussi d'un recul du militantisme - c'est une société privée, le groupe américain Clear Channel, numéro 1 mondial de l'affichage publicitaire, qui a obtenu de tous les candidats le droit de coller ces affiches: près d'un million au total.

Un contrat juteux de trois millions d'euros pour la filiale française de l'entreprise texane dont les salariés ont suspendu vendredi une grève commencée lundi à l'appui de revendications salariales.

L'affichage, qui commencera à 00H00 lundi, sera "réalisé en temps et en heure", a assuré Clear Channel.

Plus que jamais les candidats sillonneront la France : Nicolas Sarkozy sera en Indre-et-Loire mardi, à Toulouse jeudi, Ségolène Royal à Metz mercredi, François Bayrou se rendra successivement dans le Pas-de-Calais (mardi), à Angers, Marseille, Besançon, Limoges.

Olivier Besancenot fera preuve d'une grande mobilité: Limoges le 10, Lille le 11, Rouen le 12, Marseille le 13, Montpellier le 14.

Alors que Marie-George Buffet passera de Lille mardi à Nîmes vendredi, José Bové achèvera une semaine très remplie par un meeting dominical dans la capitale.

Ce même 15 avril, Jean-Marie Le Pen a réservé le Palais des sports à Paris.

Après Bayrou, Buffet ou Besancenot, ce sera au tour de Dominique Voynet de rallier la Corse mardi, avant Grenoble et Caen.

Dijon, Amiens, Rennes sont sur l'agenda de Gérard Schivardi, la Gironde et Amiens sur celui de Frédéric Nihous, Nancy et Nantes sur celui de Philippe de Villiers.

Agenda en revanche peu chargé pour le président Chirac: mercredi, il déjeune avec le roi Abdallah II de Jordanie, puis se rend au siège de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) dont il a voulu la création. Son président, Louis Schweitzer, lui remettra son deuxième rapport annuel. Jeudi, il déjeune avec le président sud-africain Thabo Mbeki.

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France: à 15 jours du scrutin présidentiel, le suspense reste entier

Par Eric BASSI et Tristan MALLE

PARIS (AFP) - A 15 jours du premier tour du scrutin présidentiel, le suspense reste entier quant aux noms des deux candidats qui accèderont au second tour pour succéder à Jacques Chirac et devenir le sixième président de la République française élu au suffrage universel.

A priori, les représentants des deux grandes formations politiques qui se sont partagé le pouvoir depuis plus d'un quart de siècle - Nicolas Sarkozy pour l'UMP et Ségolène Royal pour le PS - apparaissent toujours les mieux placés, mais leur suprématie reste précaire. Et les indécis restent très nombreux, selon les enquêtes d'opinion.

L'émergence inattendue d'un troisième homme, François Bayrou, issu des rangs de la droite mais qui a adopté une posture de refus du clivage gauche-droite et de rupture avec le jeu de l'alternance UMP-PS, a brouillé les cartes.

Quant au leader de l'extrême droite, Jean-Marie Le Pen, finaliste surprise en 2002 face à Jacques Chirac, il reste en embuscade.

Fort d'un électorat consolidé à un niveau plus haut qu'à la même époque il y a cinq ans, son potentiel semble pourtant insuffisant, d'après les sondeurs, pour pouvoir concurrencer les trois autres prétendants.

En campagne depuis plusieurs années, Nicolas Sarkozy paraît le mieux placé pour accomplir la moitié du chemin qui le mènerait à son rêve avoué. Depuis l'officialisation de sa candidature, le 14 janvier, presque toutes les enquêtes d'opinion l'ont placé en tête des intentions de vote au premier comme au second tour.

Bénéficiant d'un fort soutien de son camp, jouissant d'une image d'efficacité, gagnée pour partie comme ministre de l'Intérieur, il a réussi grâce à un discours musclé et des thématiques clairement ancrées à droite - immigration, sécurité, identité nationale, libéralisme économique - à faire revenir vers la droite parlementaire une partie des électeurs partis chez Jean-Marie Le Pen en 2002.

Une force qui pourrait faire sa faiblesse aux yeux d'une partie de l'électorat, inquiète de ce positionnement.

Sa principale rivale, Ségolène Royal, apparaît toujours comme la mieux placée pour accéder avec lui au second tour, ce qui effacerait le spectre d'un nouvel échec de la gauche, après l'élimination de Lionel Jospin au 1er tour de 2002.

Mais depuis trois mois, elle n'a pas réussi à reprendre l'avantage sur Nicolas Sarkozy, en raison notamment de sa difficulté à mobiliser pleinement un électorat de gauche, parfois déboussolé par ses prises de position et déclarations jugées iconoclastes.

Elle reste ainsi sous la menace d'un François Bayrou qui, s'il confirme sa percée dans les sondages, jouera de toute façon un rôle clé dans le scrutin.

Son électorat composite, constitué pour partie de déçus ou d'inquiets des deux camps, reste toutefois friable, et c'est chez lui qu'on trouve encore le plus d'indécis.

Jean-Marie Le Pen, qui mène une campagne très discrète, est lui, totalement convaincu qu'il fera aussi bien qu'en 2002, déjouant une nouvelle fois les pronostics.

Pour les huit autres candidats, les enjeux sont autres. La tentative de créer une force anti-libérale à partir de la dynamique du non au référendum européen a fait long feu.

Des trois candidats qui se réclament de cette mouvance - José Bové, Marie-George Buffet et Olivier Besancenot - c'est le candidat de la LCR qui semble pour l'instant s'en tirer le mieux, devançant même une Marie-George Buffet dont l'échec pourrait entraîner un peu plus le PCF vers sa mort.

La faiblesse des cinq candidats de la gauche de la gauche - en y ajoutant Arlette Laguiller et Gérard Schivardi - pourrait compter au second tour, si Ségolène Royal y parvient.

Malgré l'omniprésence des thèmes environnementaux dans la campagne, Dominique Voynet, ne décolle toujours pas. Philippe de Villiers expérimente chaque jour la difficulté à se risquer sur les sentiers déjà battus par Jean-Marie Le Pen. Et le candidat de la ruralité Frédéric Nihous semble n'avoir que peu d'électeurs dans sa besace.

Sources
Nouvel Observateur

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Présidentielle

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