Utilité du cosmétique

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Utilité du cosmétique

par Patrice Biancone

Pour être élu président, il faudra que le candidat ait le sens du dialogue et du courage. C'est un nouveau sondage Ifop qui nous l'apprend. Un peu comme si les Français avaient pu envisager, un moment, d'envoyer à l'Elysée un pleutre tyrannique habitué à décider sans concertation et sans pousser les élites françaises à se rapprocher de citoyens. Quant aux autres valeurs que devra incarner le candidat. Elles sont la tolérance, l'énergie, l'autorité, la modernité, nous dit ce même sondage réalisé pour le quotidien Métro.

Autrement dit, les Français sont à la recherche de l'homme idéal. Un responsable proche du modèle «De Gaulle» ou «Mitterrand» qui ont été les meilleurs représentants de l'idée qu'ils se font de la fonction. Voilà qui devrait laisser songeurs ceux que l'on appelle les «petits candidats» parce qu'ils n'ont pas derrière eux une méga-organisation qui pousse et veille à leur réussite en les présentant comme des personnages hors du commun. José Bové compte parmi eux. On sait tout le mal qu'il a eu pour se qualifier, malgré son talent de communiquant. Et à voir la simplicité qui est la sienne, on peut légitimement se demander si son image correspond au portrait que nous venons de faire.

En fait, sans vouloir jouer les «pythies de Delphes», on peut assurer que José Bové n'a aucune chance d'être élu. Ce n'est pas grave. Il n'est pas entré dans la compétition pour cela, mais plus modestement pour donner un coup de pied au derrière d'une gauche qu'il ne trouve pas assez à gauche et oublieuse de ses fondamentaux. Une intention louable, mais manifestement difficile à concrétiser pour le candidat des collectifs antilibéraux. Dimanche dernier, par exemple, il était à la Courneuve à Saint-Denis pour planter un olivier à l'occasion de la journée de la terre en Palestine.

José Bové portait un keffieh, mais malgré le double symbole, l'olivier, arbre de la paix, et le keffieh qu'il portait, la démarche n'a pas eu le retentissement qu'elle aurait dû avoir. Il faut dire que le PS a d'autres sujets de préoccupations au nombre desquelles l'ENA dont François Bayrou veut se débarrasser au profit d'une école des services publics. Proposition «cosmétique», a jugé François Hollande, destinée à masquer son absence de programme, alors que Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal font comme s'ils étaient déjà en finale pour mieux tuer le match et mieux se débarrasser de l'enquiquineur béarnais.

Sources
RFI

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Publié dans Présidentielle

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