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Lundi 26 février 1 26 /02 /Fév 23:59

Devait-il y aller ou pas ? La question divise ceux qui soutiennent les idées de José Bové. Pour Miguel Benasayag, il est tombé dans un piège en croyant « changer la vie » depuis l’Élysée. Dominique Taddéi y voit au contraire une possibilité de sortir d’une attitude protestataire pour être force de propositions.



La candidature de Bové est-elle utile ?

par Miguel Benasayag et Dominique Taddéi

 


Miguel Benasayag : « La puissance du contre-pouvoir »

Cher José, il est devenu difficile, ces derniers temps, de te parler directement. Je t’adresse donc ces quelques réflexions dans les pages de Témoignage chrétien. Elles correspondent, je le pense, à des questions que se posent un certain nombre de ses lecteurs.
J’ai appris que tu venais de prendre une décision assez banale : tu te présentes à la présidence de la République. Je t’écris donc cette lettre comme à un ami cher qui s’est mis dans un sale pétrin.
Tous les cinq ans, pour l’élection présidentielle, nous voici sommés de penser là où l’on nous dit de penser. Le reste du temps, faites ce que bon vous semble, laissez vos voisins crever de froid, des écoliers se faire passer des menottes et renvoyer vers la Roumanie ou le Mali, ne vous posez pas de questions sur l’avancée du progrès technique, la dévaluation de la pensée, du débat, de la culture. Laissez-faire car vous aurez l’occasion de retrouver bonne conscience, le moment venu, en assumant votre devoir fondamental : plier une petite feuille en deux et la déposer dans une boîte en plastique. C’est à cet instant précis qu’il vous faudra exercer votre liberté de citoyen.
Nous devons constater que cette propagande fonctionne à merveille. Tout le monde prend très au sérieux ce grand moment du politique. Votez Royal, Sarkozy ou Bayrou et votre vie, soudain, basculera, si ce n’est la société entière. Or, nous devons constater que nos sociétés sont particulièrement dévitalisées, habitées par la tristesse et la peur. Il est d’autant plus facile de profiter de ces faiblesses, de ces failles pour imposer des cadres stricts, rassurants, notamment en amenant les moments du politique à être de plus en plus codés et réglementés. Tout ce qui relève de la multiplicité, de l’expérimentation, de l’initiative populaire, de l’action spontanée et des perspectives à long terme, tout cela dérange. Avec l’élection présidentielle, on peut enfin mettre de l’ordre : le moment de la vraie bonne politique bien propre est arrivé. Un chef, un programme et l’avenir s’ouvre.
La question qui se pose à nous, membres de l’alternative, face à ta candidature, José, est donc la suivante : quelle doit être notre attitude face au pouvoir institutionnel ? Il semble important d’analyser les rapports entre politique représentative et contre-pouvoir en laissant derrière nous le préjugé simpliste selon lequel si l’on fait de la politique, à la base, c’est que l’on s’oppose à la politique représentative. Il y aurait, d’un côté les dangereux amateurs et, de l’autre, les compétents. Il s’agit là d’un faux débat. Non, on ne devient pas sérieux et responsable parce que l’on entre sur le terrain électoral et que l’on aspire à occuper les lieux de pouvoir. Il y a une consubstantialité entre le pouvoir politique et tout ce qui épaissit le lien social. Surtout, l’expérience a montré que le lieu du pouvoir central, de la représentation, était largement impuissant à changer les orientations fondamentales de la société ou à résoudre les graves problèmes d’une époque. Impuissance qui n’est pas due à une méchanceté ou à une corruption quelconque, mais au fait que la représentation est justement représentation de la chose et non la chose elle-même. Or, à force, on a fini par croire que la carte était le territoire et que le territoire devait s’effacer devant la carte. Or, si l’on veut agir sur le territoire en ne cherchant qu’à modifier la carte, l’impuissance est inévitable. Le lieu de la politique représentative reste le lieu d’une simple gestion de la complexité et des antagonismes qui ne peuvent être polarisés de façon trop radicale. En revanche, le lieu de la puissance est celui du développement de multiples processus à la base, qui, eux, peuvent résoudre des problèmes et émettre des hypothèses théoriques et pratiques.
Il ne faut pas accepter cette vision selon laquelle le contre-pouvoir s’opposerait au pouvoir. Il est le lieu d’une revitalisation du champ social. Pas tous les cinq ans, tous les jours. Le contre-pouvoir est le lieu où l’on prend au sérieux la longue durée, les démarches collectives, l’apport de la diversité des expériences et de la multiplicité des points de vue. Il nous faut attendre des représentants politiques qu’ils accompagnent ces dynamiques et en tirent le meilleur. Rien de plus, rien de moins. Non, ce n’est pas depuis l’Élysée ou Matignon que l’on peut « changer la vie ». L’Histoire l’a démontré.
En devenant candidat à l’élection présidentielle, cher José, tu quittes cette logique du contre-pouvoir dont tu avais contribué à démontrer toute la richesse. Et tes récentes déclarations sur la nécessité d’occuper le pouvoir pour résister à la pression néo-libérale ou ton appel à voter Ségolène Royal au second tour démontrent que tu auras du mal à sortir du piège dans lequel tu t’es jeté.
Oui, en te présentant à cette élection, tu t’es bel et bien mis dans le pétrin. Et moi avec. Car si je reste persuadé que tu as fait le mauvais choix, je serai bien obligé de t’apporter ma voix. En fidélité à nos combats menés pour renforcer les lieux du contre-pouvoir.

Miguel Benasayag est philosophe, psychanalyste et professeur associé à l’université Lille III.

Dominique Taddéi : « Inventer une nouvelle force politique permanente »

Je soutiens à titre personnel la candidature de José Bové. La crise de la représentation politique, mais aussi syndicale et dans d’autres domaines d’ailleurs, est si grave qu’il est absolument essentiel que des animateurs de la société civile mettent les mains dans le cambouis. La politique n’a pas bonne réputation. José Bové bénéficie, lui, de l’estime publique et de la confiance de citoyens de tous les milieux. Il ne se présente pas par ambition politique, mais par conviction. Il est décidé à aller jusqu’au bout pour ses idées. Il sera candidat à la présidentielle, même en prison, ce qui est tout à fait légal.
Actuellement, les seules choses qui font sens pour les gens sont passées dans le mouvement social, pas dans la politique. José Bové se bat depuis trente ans. Il représente aussi bien l’écologie ou le monde du travail que l’altermondialisme ou la désobéissance civile. Cette candidature et cette responsabilité lui sont confiées pour l’ensemble de son œuvre. Je pense profondément que la politique est une chose trop sérieuse pour la laisser aux seuls politiques. Ségolène Royal l’a bien compris d’ailleurs. Elle parle désormais de démocratie participative et de jurys citoyens.
Avec José Bové, il faudra inventer une nouvelle force politique permanente, qui ne soit pas un parti. Ce sera une organisation d’un type nouveau, l’émergence d’une nouvelle gauche alternative, capable d’attirer les personnes jusqu’ici les plus réfractaires à la politique. J’y crois autant qu’en 1971, quand je pensais à Épinay que le PS allait équilibrer, puis se substituer progressivement, au PC. À terme, cette gauche alternative fera de même à l’égard du PS.
Aujourd’hui, cette gauche alternative n’est pas structurée. Olivier Besancenot et Marie-George Buffet sont candidats contre toute raison. Ils veulent faire la révolution ? Instaurer le communisme ? C’est d’un archaïsme ! Ce sont des dinosaures. En votant pour l’extrême gauche archaïque, les gens ne font pas un acte politique positif. C’est juste un réflexe tribunitien : Olivier Besancenot est assez doué dans le genre. Mais José Bové souhaite une union avec eux, car il sait qu’ils vont devoir progressivement se fondre dans la gauche alternative et que leurs militants sont sincères. La gauche alternative réunit aujourd’hui deux partis en voie de disparition, le PC et la LCR, ainsi qu’une mosaïque de sensibilités venues du féminisme, de l’altermondialisme, de l’écologie, du social, de la démocratie de quartier. José Bové peut rassembler tout le monde et passer d’une posture tribunitienne à une force politique constructive, avec la vocation de créer un rapport de force avec le PS pour peser sur la politique de la France. Les militants altermondialistes ou féministes ont déjà démontré leur capacité à faire bouger les choses sur le plan politique, beaucoup plus que l’extrême gauche. Mais il faut avoir des élus pour que cette critique ne soit pas tout le temps négative. C’est bien aussi d’apporter son soutien chaque fois que l’on est d’accord. José Bové prendra environ 2 % des voix au PS. Mais il les redonnera au deuxième tour sans négociations. Car battre Nicolas Sarkozy est une priorité. José Bové rassemble un électorat populaire. Ce sont des ouvriers, des employés, des jeunes de banlieue. Certains n’étaient même pas inscrits sur les listes électorales. D’autres, en son absence, votent aux extrêmes ou s’abstiennent car ils ne se reconnaissent plus dans les partis traditionnels. Apolitiques ou déçus, ils prennent peu à peu conscience qu’ils peuvent changer leur destin grâce au vote.
Au total, José Bové fera entre 5 et 8 %. Si le PC et la LCR l’avaient rejoint, il aurait fait dans les 10-15 %. José Bové peut donc regrouper des électeurs que le PS avait perdus. Sa candidature n’affaiblit pas les socialistes. C’est plutôt une très bonne chose pour eux, puisque Jean-Marie Le Pen n’a aucune chance de passer devant Ségolène Royal. Le seul risque que prennent les socialistes, en refusant les parrainages nécessaires à José Bové, c’est d’engendrer un recours massif aux votes blancs ou nuls aux deux tours de scrutin : une campagne en ce sens commence même à démarrer !

Dominique Taddéi est président du Forum de la gauche citoyenne. Il a été secrétaire national du PS et député PS dans les années 80.

Sources Témoignage Chrétien

Posté par Adriana Evangelizt



Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : Présidentielle
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