José Bové, "l'anti-Sarko", dans les cités d'Argenteuil

Publié le par Adriana EVANGELIZT

José Bové, "l'anti-Sarko", dans les cités d'Argenteuil


par Gérard Bon



ARGENTEUIL, Val d'Oise (Reuters) - José Bové s'est rendu en toute liberté à Argenteuil, près de Paris, pour y dénoncer la stigmatisation des banlieues et montrer qu'il n'y a pas de territoires interdits en France.

Le candidat altermondialiste, soucieux de faire un "anti-Sarko show" selon son entourage, a dialogué avec les habitants de plusieurs cités en compagnie d'un petit groupe de militants et évité soigneusement toute présence policière.

"Il faut retourner la situation, il faut sortir de la logique de la criminalisation", a lancé José Bové en attaquant d'emblée le candidat UMP Nicolas Sarkozy, qui tarde à concrétiser son souhait de retourner dans cette banlieue parisienne.

Prié de dire s'il est conscient d'être l'un des rares prétendants à l'Elysée à pouvoir se rendre tranquillement dans cette cité d'Argenteuil, il répond: "Ca ne m'étonne pas, parce que les liens, on les a depuis des années." "Même si moi j'habite à la campagne et même si eux sont ici dans les banlieues, on se reconnaît parce que les combats sont communs."

Le responsable altermondialiste est crédité de 2% à 3% des intentions de vote dans les sondages.

Dès son arrivée à la gare, José Bové est accueilli par le responsable local de son comité de soutien, Medhi Lallaoui, qui assure: "l'avantage de notre campagne, c'est qu'il n'y a pas de territoires interdits. On est ici chez nous."

Peu de temps après, la petite équipe pénètre sur le marché Joliot Curie où des habitants viennent spontanément dire au syndicaliste leur colère de voir que la municipalité UMP veut raser les immeubles environnants sans la moindre concertation.

"Les cités, ce n'est pas que du béton, que vont-ils faire des gens, des retraités ?", s'inquiète l'un d'eux tandis que le candidat leur conseille de s'organiser pour s'opposer à ce projet. "Il n'y a pas besoin de détruire, on peut aussi réhabiliter", suggère-t-il.

"PAS OUBLIER LES PETITS"

Plus loin, un homme lui dit sa crainte de voir le candidat de l'UMP et ministre de l'Intérieur, qu'ils jugent pro-américain, être élu à l'Elysée et décider de l'envoi de soldats en Irak. "C'est ça, les va-t-en-guerre, c'est un petit Bush français", répond Bové.

Dans une cité voisine, "les Raguenets", le syndicaliste discute longuement avec des adolescents qui témoignent du désarroi et de la méfiance des jeunes envers les politiques. Si une partie se sont inscrits cette année sur les listes électorales, beaucoup vont voter blanc, affirme l'un d'eux.

"Vous aussi, vous êtes un peu politicien", dit-il à José Bové qui s'en défend en invoquant ses combats au sein d'associations et leur rappelle que le bulletin de vote "est une arme" pour se faire entendre.

Plus loin, une femme lance du haut de sa fenêtre: "il ne faut pas venir seulement pendant les élections. Les politiques, lorsqu'ils sont au pouvoir, ils nous oublient. Il ne faut pas oublier les petits".

Avant de se rendre sur la dalle d'Argenteuil, où le ministre de l'Intérieur avait fustigé la "racaille" en octobre 2005, José Bové répète que le discours de Nicolas Sarkozy n'est pas une réponse à la crise des banlieues, "bien au contraire."

"C'est une façon d'accentuer encore cette situation de crise et je trouve ça ignoble d'utiliser des personnes qui sont faibles, sans ressources, comme boucs émissaires d'une situation économique catastrophique qui a été mise en place par ce gouvernement", avance-t-il.

"L'idée de Bové, c'est de se battre contre cette violence et contre ceux qui en profitent électoralement", souligne l'un de ses porte-parole, Omeyya Seddik.

Sur la dalle, José Bové est accueilli par une nuée de gamins aux cris de "Bové président" ou "Libérez José Bové", par allusion à ses incarcérations pour ses actions anti-OGM, notamment.

"Il y a ici plein de gens formidables, qui font plein de choses et dont personne ne veut parler parce que ça dérange", souligne le syndicaliste. Autour de lui, des jeunes déconseillent à "Sarko" de revenir sur les lieux. "On ne veut pas de lui ici", insiste l'un d'eux.

Hamri, 35 ans, qui avoue son estime pour José Bové, s'emporte contre les hommes politiques qui "devraient être condamnés" pour avoir laissé "tous ces jeunes qui n'ont rien à faire dans la désespérance".

Sources Boursier com

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans José et les banlieues

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