José Bové, une menace pour la gauche ?

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Alors évidemment, jalousie, coups bas et coups tordus vont pleuvoir. Nous apprécions déjà la position de la Confédération paysanne qui dit qu'elle ne lui donnera pas ses voix. Charmant. Quand on sait tout ce qu'il a fait pour elle. A cette époque là, ils étaient bien contents de le trouver. Et il en est de même pour les agriculteurs de la coordination rurale. Ce monde politique est pourri à souhait.

José Bové candidat pour 2007, une menace pour la gauche ?

par Paule Bonjean

A moins d'un an de l'élection présidentielle, la candidature de José Bové, figure de proue des altermondialistes, sonne comme une menace pour la gauche qui risque une dispersion de ses voix au premier tour du scrutin.

Afin d'accélérer la désignation du candidat unique de la gauche antilibérale, l'ex-leader de la Confédération paysanne a dit mercredi être prêt à se porter candidat.

Une annonce qui met la pression sur Marie-George Buffet (PCF) et Olivier Besancenot (LCR), candidats potentiels.

"Je suis prêt à assumer la responsabilité d'aller à l'Elysée. Mais je m'inscris dans une démarche collective", explique-t-il dans Libération, en justifiant celle-ci par la dynamique de la victoire du "non" au référendum européen.

Pour Jean-Emile Sanchez, ex-porte-parole de la Confédération et ami de José Bové depuis plus de 25 ans, pareille démarche n'a rien de surprenant. "C'est une façon de mettre la pression sur les autres candidats qui traînent des pieds", explique-t-il.

"Il a voulu montrer qu'il était le candidat le mieux placé et le plus représentatif de la gauche de la gauche", ajoute son compagnon du démontage du restaurant McDonald's de Millau, en 2000, qui avait valu à José Bové d'aller en prison.

L'homme du Larzac se prépare à conduire une campagne collective à gauche de la gauche, d'un nouveau type, qui ne plait pas à tout le monde.

"Il faut arrêter les coups d'éclat médiatiques!", fustige Olivier Dartigoles, porte-parole du PCF, qui accuse José Bové de vouloir "mettre à distance les partis politiques de gauche".

"C'est préoccupant et dangereux", dit-il, redoutant "une explosion des voix de gauche" au premier tour et un scénario identique à celui du 21 avril 2002 qui avait vu le candidat du Front national se retrouver au second tour de la présidentielle.

Le député Vert Noël Mamère juge que la candidature de José Bové "n'a d'intérêt que si elle est une candidature de rassemblement". "Il y a un risque de dispersion des voix de gauche si les Verts ne clarifient pas rapidement leur position", a-t-il dit à Reuters.

ASTERIX

José Bové fait rêver les exclus, mais aussi les écologistes, des sympathisants de gauche dont une frange de la Ligue Communiste Révolutionnaire d'Olivier Besancenot, les jeunes, les "sans" et certains syndicats.

Souvent comparé à Astérix le Gaulois, le trublion séduit aussi l'électorat du "non" à la Constitution européenne.

Sa liberté de parole, son combat contre la "malbouffe", son incarcération médiatisée ou encore ses actions de fauchage d'OGM lui ont valu une certaine sympathie dans l'opinion publique.

Selon un sondage IFOP pour Paris Match, au deuxième tour de l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy l'emporterait avec 58% des voix contre 42% pour son adversaire altermondialiste.

Mais un éparpillement des voix à gauche du PS se profile.

Mercredi, Arlette Laguiller, porte-parole de Lutte ouvrière (LO), a confirmé sa candidature pour 2007.

"Je trouve normal que José Bové veuille défendre sa candidature, mais il ne mène pas la même politique que nous", a-t-elle dit à Reuters, assurant qu'elle ne s'effacera pas. "Il est à gauche du PS, mais n'est pas un communiste révolutionnaire".

Au Parti socialiste et à la LCR, personne n'était disponible dans l'immédiat pour faire un commentaire.

Au sein du monde agricole on n'est pas surpris et on accuse l'ex-leader paysan d'avoir "utilisé le syndicalisme agricole comme tremplin à ses ambitions politiques".

"Si sa candidature aboutit, les agriculteurs ne lui donneront pas leurs voix", a assuré à Reuters François Lucas, président de la Coordination rurale.

Jean-Emile Sanchez, en dépit de ses liens d'amitié et syndicaux avec José Bové, s'est dit "contrarié". La Confédération paysanne est "très claire, elle ne le soutiendra pas dans une éventuelle campagne présidentielle", a-t-il dit.

Sources : Boursier com

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Présidentielle

Commenter cet article