Lettre ouverte à José Bové

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Lettre ouverte à José Bové par Christian Causse

Cher José Bové,

Je m’adresse à toi pour que puisse se poursuivre, la dynamique unitaire antilibérale, qui court de succès en succès (référendum, CPE) grâce à une intelligente articulation du fond (antilibéralisme) et de la forme (unité).

Pour t’écrire il m’a d’abord fallu vaincre ma méfiance envers tout ce qui peut ressembler à une personnification du débat citoyen.

Mais ton curriculum vitae m’a grandement aidé et je me dis que la personnification de quelqu’un qui a défendu ses idées -et les miennes- jusqu’en prison, n’est qu’un moindre mal.

J’exprime mon impatience pour des candidatures unitaires en 2007 et j’enrage quand je vois tout ce monde qui prétend les souhaiter et qu’au bout du compte, rien n’avance.

A cause de quoi et de qui, l’accord sur les candidatures unitaires entre les partis politiques de la gauche antilibérale n’est toujours pas signé ? Comment expliquer cette dichotomie criante entre le nombre immense de ceux qui veulent des candidatures unitaires et l’immobilité des partis concernés ? Pourquoi Le PCF signe-t-il l’appel pour des candidatures unitaires antilibérales, mais exige que ce soit « son » candidat ? Pourquoi la LCR t’invite-t-elle à une bouffe pour discuter, mais ne signe pas l’appel unitaire ?

C’est notre système qui le veut ainsi, la candidature à la présidentielle est décisive, et en cherchant un peu, c’est son pouvoir de fascination qui gêne les candidatures unitaires. Mais du même coup elle constitue le levier rêvé pour dégager définitivement la voie à des candidatures unitaires à toutes le échéances futures.

Aujourd’hui, dans la lutte contre le libéralisme, il devient urgent de ne pas confondre « petites histoires » et « grande histoire ». Les petites histoires sont celles que se racontent les structures politiques qui privilégient ce qu’ils croient être leurs avantages d’appareil, au lieu de mettre ces structures au service du combat politique contre le libéralisme. Ils inversent les rôles : ce n’est pas l’outil qui est au service de la cause, ils se servent de la cause pour justifier l’outil !

Ils embrassent la cause, quitte à l’étouffer !

Dès lors, mon cher José, ta principale faiblesse -tu n’as pas de structure politique - devient en l’occurrence un atout. Tu ne peux pas être suspecté d’utiliser la cause antilibérale pour des petits calculs de cuisine interne, inhérents à toute structure.

Tu n’as pas de structure, mais tu n’es pas seul. Nous sommes des millions à vouloir que le combat antilibéral trouve une expression politique en 2007, et ça passe par des candidatures unitaires, à commencer par la présidentielle.

La candidature unitaire procède du projet antilibéral. Elle en est indissociable. Elle est plus qu’un moment tactique, elle est stratégiquement et éminemment politique.

Dans la configuration du moment, on peut regretter que « candidature unitaire » ne signifie pas automatiquement « candidature unique » mais je pense que nous devons nous y résoudre. Nous y résoudre mais pas nous y résigner. Je crois que malheureusement, pour l’instant, il nous faut opérer une distinction entre "candidature unitaire" et "candidature unique". La candidature unitaire est porteuse d’un message politique fécond, alors que les candidatures dispersées reflètent l’opportunisme le plus stérile. La candidature "unitaire" doit devenir "unique". cette mutation ne se fera pas spontanément, elle sera l’aboutissement d’un combat, très politique. Mais pour pouvoir mener ce combat, la première condition est que la candidature unitaire existe. Ca me dérange, comme nous tous, mais la "candidature unitaire" doit préexister à la "candidature unique" que nous appelons tous de nos voeux. Et cette candidature unitaire ne peut venir que d’une personne sans structure politique. mais en même temps, le refus légitime de la personnalisation ne doit pas nous conduire à dépouiller la réflexion politique de la question des personnes. Ces questions, sur lesquelles nous sommes mal à l’aise, font et feront partie de la chose politique. d’ailleurs, l’adversaire ne s’y trompe pas : pour combattre les altermondialistes, ils mettent une personne physique en prison. Et dès lors la personne en question, ne s’appartient plus, elle s’identifie au mouvement

Il est des fois où celui qui se trouve au bon endroit au bon moment, doit prendre ses responsabilités. José, ta modestie dusse-t-elle en souffrir, l’histoire t’appelle.

Et puis ta candidature unitaire déclenchera un torrent d’enthousiasme populaire qui renversera les petits obstacles politiciens et médiocres, elle rassemblera tous ceux et celles dans tous les partis, associations, syndicats veulent une réelle issue politique à leurs luttes de ces dernières années.

Le statu quo c’est la désunion, inversons la charge de la démonstration : que ceux qui ne veulent pas de candidatures unitaires, assument leur position. L’union doit aller de soit, c’est à la désunion d’argumenter.

Signaler ta disponibilité ne suffit plus, rassemble un petit collectif et annonce ta candidature en réaffirmant bien que ta candidature est au service du collectif. Ta candidature mettra les anti union en situation défensive. Nous n’avons pas fait tout ce que nous avons fait pour que des calculs de boutique réduisent à néant notre espoir à tous.

José, personne ne veut te laisser seul, mais c’est à toi de parler le premier. Vas-y A y bien regarder le seul risque c’est d’être élu. Tu serais alors notre Nelson Mandela.

Bien à toi,

Christian Causse http://lagauche.canalblog.com

Sources :  Bellaciao

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Présidentielle

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