La planète n'est pas une paillasse

Publié le par Adriana EVANGELIZT

La planète Terre n’est pas une paillasse

par Didier Colin

OGM . Lors du procès en appel d’Orléans, la controverse entre anti- et pro-OGM a fait rage. Les experts scientifiques des deux camps se sont expliqués.

La relaxe des faucheurs volontaires par le tribunal correctionnel d’Orléans va-t-elle se transformer en une véritable percée du droit d’un collectif d’agir lorsque le législateur fait preuve de carence ? La légitimité des faucheurs de maïs transgénique expérimenté en plein champ est l’enjeu des débats menés devant la cour d’appel d’Orléans qui a entendu, pendant deux jours, les témoignages d’un très haut niveau scientifique des pro- et des anti-OGM.

« Une décision en notre faveur permettrait de prendre conscience que depuis huit ans nous agissons pour l’intérêt général face à des textes français qui ne protègent pas le consommateur, explique José Bové. Une relaxe appuierait notre demande d’un moratoire de cinq ans suivi d’un référendum pour que les Français choisissent. » Contrairement au procès en première instance, la firme Monsanto a, cette fois, dépêché cinq témoins à la barre. Yann Fichet, directeur scientifique de la multinationale qui a semé 10 millions d’hectares de cultures OGM dans le monde en six ans, estime que le problème de contamination existe mais ne présente aucun danger sur la santé. Vif brouhaha dans l’assistance. Pour Stéphane Pastaud, directeur en génie génétique, les OGM ne présentent pas plus de risques de sécurité sanitaire que les organismes desquels ils sont dérivés.

De leur côté les anti-OGM mettent en avant les témoignages d’experts, d’agriculteurs, de personnalités politiques et de scientifiques qui font autorité. Ainsi, Daniel Evain, ingénieur agronome, ex-chercheur chez Monsanto, accable l’État et son ancien employeur. « L’État n’a pas cherché à savoir les conséquences sur la santé. Il y a une volonté de masquer la vérité, dit-il. Chez Monsanto, nous avons mis sur le marché des semences qui ont été contaminées. On a décidé de n’informer personne, le secret a été gardé. » Le maïs NK 603, expérimenté en plein champ, est au coeur des débats. Pour Christian Velot, maître de conférences en génétique moléculaire à l’université Paris-Sud, la planète n’est pas une paillasse : « Les conséquences des OGM sur l’agriculture, l’environnement et la santé sont encore inconnues. Les OGM doivent faire l’objet d’un contrôle sanitaire sérieux et sur la durée. On fonce tête baissée dans une technologie pour des intérêts financiers, pas pour l’intérêt de l’humanité. »

Même évidence pour Gilles-Éric Seralini, président du conseil scientifique du CRII-GEN (Comité de recherche et d’information indépendant sur le génie génétique), pour qui ce procès démontre les insuffisances de l’État et des comités à évaluer la dissémination des OGM. « Il n’existe pas de méthodes sûres pour évaluer l’impact des OGM sur la santé à long terme », dit l’expert, qui fustige les laboratoires qui n’effectuent des évaluations que sur des périodes courtes, inférieures à deux ans. Lorsqu’il évoque les 50 effets significatifs décelés chez des rats nourris au maïs NK 603, notamment les effets toxicologiques au niveau du foie et du rein, un frisson parcourt les travées du tribunal.

La partie civile a renouvelé sa demande de dommages et intérêts à hauteur de 398 000 euros. La défense collective des 49 faucheurs a placé ses plaidoiries, entre autres, sur le terrain du droit du citoyen à vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé (charte de l’environnement 2004). Le jugement a été mis en délibéré.

Sources : L'Humanité

Posté par Adriana Evangelizt

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RENARD 06/06/2006 09:13

Pourquoi pas Bové candidat pour la gauche du NON et de l'alternative anti-libérale et anti-capitaliste à condition qu'il s'engage à promouvoir fidèlement le programme élaboré et à ne pas jouer, cavalier seul, une fois désigné. Qu'il évoque avec plus de conviction les méfaits du libéralisme chez les travailleurs et les chômeurs. Quand on a le ventre vide, malheureusement, on ne se préoccupe pas des OGM. Un programme anti-capitaliste doit dire comment on combat le chômage, la précarité, les licenciements, le mal-logement, les délocalisations, la mal santé, les inégalités, les accidents du travail, la pénibilité des tâches.