Eclat de justice

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Il faut aller sur le site du syndicat de la magistrature, leurs articles qui dénoncent tout un tas d'injustices -c'est le cas de dire- sont vraiment truculents... du style de celui-ci...

Petite musique de chanvre

Le Syndicat de la magistrature a appris avec consternation que J-P Galland, président de la fédération des CIRC ( Collectif d´Information et de Recherches Cannabiques) et Laurence Duffy, présidente du CIRC Lyon ont été condamnés respectivement à 300 jours-amendes à 300 F (90 000 F) et 200 jours-amendes à 100 F (20 000 F) pour provocation à la consommation de produits stupéfiants, par la Cour d´Appel de Lyon. On reprochait en réalité à ces dangereux délinquants d´avoir prévu de vendre dans un lieu privé une compilation musicale intitulée « Petite Musique de chanvre », des tee-shirts ornés d´une feuille de cannabis, sans compter la détention de graines de chènevis (graines pour oiseaux). Voila comment les parquets perdent leur temps à poursuivre des faits dérisoires, faute de consacrer leur énergie à lutter contre les réseaux organisés de trafics de stupéfiants. Politiques locales (et électorales) de sécurité obligent !

En tous cas les peines infligées sont extrêmement lourdes puisque J-P Galland ira moisir en prison pendant 5 mois et Laurence Duffy pendant 3 mois et demi, si les amendes ne sont pas versées. Pourtant, le ministre de la Justice avait adressé, en 1999, aux parquets, une circulaire leur demandant de ne pas prononcer de peines d´incarcération pour des faits de simple consommation de cannabis. Mais Georges Fennec, qui était l´avocat général dans cette affaire, ne l´avait sans doute pas lue. Cet adepte de la «tolérance zéro » a en effet sérieusement requis 1 an de prison ferme contre J-P Galland, sans redouter de ce couvrir de ridicule ; il est à craindre que M. Fennec, emporté par son combat d´arrière-garde, réclame un jour de la prison contre un fumeur de moquette...

Cette affaire démontre la nécessité d´un débat national au Parlement sur l´opportunité de maintenir le délit de consommation de produits stupéfiants dans notre législation, à l´heure où la moitié des pays européens l´ont supprimé et ou 60% des Français souhaitent sa dépénalisation.

Posté par Adriana Evangelizt

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