Gilbert Lemaire, un faucheur fauché

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Gilbert Lemaire coupe l'herbe sous les pieds de l'huissier

par Alain AUFFRAY


Condamné pour fauchage d'OGM, il doit payer 196.000 euros d'amende.

Quand l'huissier s'est présenté hier matin sur le pas de sa porte, l'ex-secrétaire national des Verts Gilles Lemaire s'est énervé. «Vous avez une demi-heure d'avance, revenez à 11 heures», a-t-il lâché avant de claquer sa porte. Présent dans l'appartement, José Bové a entrepris de calmer son ami écolo. Il a rattrapé l'huissier dans l'étroit escalier pour l'inviter poliment à faire son travail. Il était venu pour dresser l'inventaire des biens de Gilles Lemaire, «faucheur volontaire» d'OGM, condamné à verser 196 000 euros de dommages et intérêts au semencier Biogema, après l'arrachage de plants de maïs transgénique près de Riom le 14 août 2004. José Bové et Noël Mamère, autres faucheurs condamnés, ont reçu le papier bleu annonçant le «commandement à payer». Ils doivent s'attendre eux aussi à une visite pour inventaire.

Dans le cas de Gilles Lemaire, aujourd'hui chômeur avec 1 000 euros d'allocation mensuelle, les choses n'ont pas traîné. En quelques coups d'oeil, l'huissier avait fait le tour de son petit trois pièces de la rue du Vertbois (IIIe arrondissement de Paris) : une table en bois, un vieux canapé, une horloge, un lit, une machine à laver, un frigo, une télé. Au total, rien qui vaille d'être saisi. José Bové a bien essayé de convaincre l'officier de justice qu'il pouvait au moins prendre cinq des six chaises : «Lemaire est célibataire, il n'a pas besoin de tout ça. Et puis, cherchez bien, il a dû planquer quelques bonnes bouteilles quelque part.» Mais l'huissier n'a pas voulu en démordre et a constaté «la carence» du condamné avec lequel il a ensuite paisiblement bavardé autour d'une tasse de café.

Selon Gilles Lemaire, il lui aurait confié que son fils, allergique au lait de vache, ne boit que des biberons au lait de soja garanti sans OGM. En tout cas, l'huissier est reparti avec à la boutonnière le badge écolo «OGM on n'en veut pas».

Pendant ce temps, rue du Vertbois, environ 200 militants et sympathisants manifestaient devant l'entrée de l'immeuble contre la répression des faucheurs. Bové leur a donné rendez-vous le 21 mars pour un «pique-nique sans OGM» dans les jardins du Luxembourg. Ce jour-là, le Sénat discutera de la transposition en droit français de la directive européenne sur les OGM.

Sources : LIBERATION

Posté par Adriana Evangelizt

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