Le politique recule devant le marché

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Le politique recule devant le marché

Bové répond aux questions de "Politis" (hebdomadaire politique des gauches alternatives - trotskistes, antimondialistes, écologistes radicaux ...)

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Politis : Quelles sont les raisons de votre action ?


José Bové : Les Etats-Unis ont pris la décision, en juillet, de surtaxer certains produits européens, avec l'aval de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). C'est très grave, car nous, les producteurs, nous sommes pris en otages. Le politique recule devant le marché. Cela augure une organisation mondiale très dangereuse, destructrice, à la fois du politique, de la culture, des peuples. Nous nous sommes attaqués à un symbole de la mondialisation, McDonald's, qui s'installait au coeur d'une zone d'appellation d'origine contrôlée, Roquefort. McDonald's, c'est la volonté d'imposer une alimentation homogénéisée, standardisée, à partir d'une agriculture complètement industrielle. Nous avons décidé de demonter un restaurant de manière publique, à visage découvert, après en avoir averti le préfet.

Politis : Que pensez-vous de la répression dont vous avez été l'objet ?


José Bové : Elle s'est abattue de manière brutale. C'est l'une des premières fois qu'on lance un mandat d'arrêt contre un représentant syndical. Je me suis rendu, car on n'allait pas prendre le maquis. Le droit syndical est mis en cause par une certaine conception de la justice. Les magistrats n'ont aucun compte à rendre. Il va falloir que les élus posent la question de la responsabilité politique des juges.


Entretien avec José Bové, Le politique recule devant le marché, Politis, 16 septembre 1999, p. 9.

Sources :
Denis Touret

Posté par Adriana Evangelizt

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