José au Brésil

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Toutes ses actions sont importantes. Il ne se bat pas pour les plus riches qui se foutent bien du peuple mais pour les laissés pour compte. Est-il normal que tant de gens meurent de faim aujourd'hui dans le trois-quart des pays du monde ?

Au Brésil, José Bové plaide pour la « souveraineté alimentaire »

Depuis son départ de la Confédération paysanne, en avril (2004), on a vu José Bové sur tous les fronts : en mai aux côtés des intermittents, à Cannes donnant l'accolade au lauréat de la Palme d'or, Michael Moore, puis, début juin, à Montpellier, participant à un meeting des Verts. Depuis le samedi 12 juin, il est à Sao Paulo dans son nouveau rôle de porte-parole de l'organisation paysanne internationale Via Campesina. Son absence de France ne signifie pas pour autant qu'il se désintéressait des élections européennes. « J'ai donné une procuration. Je ne peux pas dire des choses et faire l'inverse », dit-il.

Pourquoi Sao Paulo ? C'est là que se déroule le Forum de la société civile, en marge de la 11e assemblée de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced), une agence de l'ONU qui, comme son nom l'indique, évalue l'impact du commerce sur les pays en développement et tente de rééquilibrer les rapports de forces. Que pèse-t-elle pourtant face à l'Organisation mondiale du commerce, « qui a un tribunal interne, alors que l'ONU n'a aucun moyen de pression », dit-il, et que ses agences sont « trop souvent là pour faire tapisserie » ?

Alors, auprès du secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, qui vient inaugurer la conférence aux côtés du président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, José Bové et ses collègues de la société civile vont plaider pour que l'ONU rédige un texte sur la « souveraineté alimentaire » qu'il faut faire reconnaître au niveau international.

« UN MONDE PLUS INÉGALITAIRE »

« C'est une priorité, insiste-t-il, à la fois pour lutter contre la faim et permettre aux populations d'échapper à la pression des multinationales. » De manière plus générale, « la cohérence des relations internationales doit passer par le fait qu'on redonne du pouvoir aux agences de l'ONU », dit le leader paysan. Un discours que ne reniera pas le directeur général de la Cnuced, Rubens Ricupero. Ce dernier, comme le secrétaire général de l'ONU, a eu l'occasion de s'exprimer dès samedi dans la capitale financière brésilienne à l'occasion du 40e anniversaire du groupe des 77, qui rassemble aujourd'hui 132 pays en développement, y compris la Chine.

« Le terrorisme est un problème sérieux, a dit M. Ricupero, mais nous ne devons pas oublier les autres sujets, comme le développement, la faim, le sida. » « La triste vérité est que le monde d'aujourd'hui est bien plus inégalitaire qu'il y a quarante ans, a déclaré M. Annan. Les pays en développement souffrent d'un manque d'accès aux marchés des pays développés et d'autres déséquilibres et injustices (...). Ce qui souligne la nécessité d'une coopération internationale fondée sur un véritable partenariat entre les pays développés et les autres. Les deux groupes ont des responsabilités. »

Bref, il faut reconstruire les relations internationales de façon plus équitable. C'est le sens de la marche de la société civile qui doit avoir lieu, lundi, à Sao Paulo. Les organisateurs attendent 50 000 personnes, qui tenteront, malgré les forces de l'ordre, de se diriger vers le centre de conférence de la Cnuced. José Bové sera parmi elles.


Babette Stern, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 15.06.04

Sources : Denis Touret

Posté par Adriana Evangelizt

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