José Bové retournera en prison

Publié le par Adriana EVANGELIZT

Il est bien évident qu'il va en prison alors qu'il se bat pour une cause juste. Les OGM sont nocifs pour l'écosystème, nocifs pour la santé et la preuve du contraire n'a pas été démontré. Par contre tous les animaux qui subissent des expérimentations dans ce sens ont attrapé de graves maladies. Les amerlocs veulent nous obliger à bouffer cette horreur pour empoisonner notre monde végétal. Et faire du fric, comme d'habitude...

 

José Bové retournera en prison après le rejet de son pourvoi en cassation

 

Le militant anti-mondialisation français José Bové devra effectuer une peine de quatorze mois de prison pour la destruction de plants de riz transgénique en France, après le rejet mardi de son recours par la Cour de cassation. La cour d'appel de Montpellier (Hérault) avait condamné en décembre 2001 le cofondateur de la Confédération paysanne à six mois de prison et transformé la peine de huit mois avec sursis, prononcée en février 1998 par le tribunal correctionnel d'Agen (Lot-et-Garonne), pour destruction d'OGM (organismes génétiquement modifiés) en peine de prison ferme.

Le porte-parole du syndicat agricole la Confédération paysanne avait déposé un recours contre ce jugement, devant la Cour de cassation qui a rejeté mardi le principal argument de M. Bové, pour qui, en l'absence de concertation nationale sur les OGM, il ne restait plus aux opposants qu'à agir, par "état de nécessité", devant un danger d'ampleur encore inconnue. M. Bové et plusieurs autres militants avaient détruit, le 5 juin 1999, dans les locaux du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), à Montpellier, plusieurs milliers de plants de riz transgénique, à la veille, selon lui, de leur replantation en pleine nature, en Camargue (Bouches-du-Rhône).

L'avocat de José Bové, Me François Roux, a aussitôt annoncé qu'il allait saisir la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), sur cette question de "l'état de nécessité". "Je n'accepte pas cette condamnation car c'est une grave atteinte au droit syndical", a indiqué M. Bové sitôt informé de l'arrêt de la Cour. "Le combat continue, je ne sais pas dans quelle mesure je pourrai continuer à le mener de l'extérieur", a encore indiqué le syndicaliste.

"Nous allons demander aux citoyens de ce pays de se mobiliser pour demander au chef de l'Etat d'exercer son droit de grâce à l'égard de José Bové", a annoncé de son côté à Millau (Aveyron) Jean-Emile Sanchez, le secrétaire national de la Confédération paysanne.

Pour l'organisation écologiste Greenpeace, "il y a une volonté de museler toute contestation des OGM et, d'une manière générale, une volonté des pouvoirs publics de criminaliser toute contestation sociale". Le Parti communiste français (PCF) a estimé quant à lui que "la criminalisation de l'action syndicale et des activités militantes (était) une grave dérive antidémocratique".

LE PARTI SOCIALISTE INDIGNÉ

Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a déclaré mardi que la "place de José Bové n'est pas en prison" et a dénoncé un "mépris du droit et des libertés syndicales", se disant favorable à un recours à la grâce présidentielle. "Je suis tout à fait solidaire", a affirmé M. Hollande dans les couloirs de l'Assemblée, précisant ne pas "partager tous les points de vue" de M. Bové.

"Nous reconnaissons tous la sincérité et la légitimité de son engagement", a poursuivi le député PS, affirmant qu'il n'y "avait pas d'autre démarche que la demande de grâce". "Est-ce que José Bové a manqué à des règles élémentaires de protection des personnes. A-t-il agressé des forces publiques ? A-t-il menacé ou bafoué ? Non, il a mené une action syndicale", a estimé M. Hollande. "Il faut qu'un leader syndical puisse mener ses actions, avec le souci bien sûr du respect des lois", a-t-il poursuivi. José Bové "peut être sanctionné pour des manquements à la loi mais il n'a pas à se retrouver en prison dans notre pays". "Cela vaut aussi pour d'autres leaders syndicaux qui sont sous le coup de procédures judiciaires", a-t-il ajouté, jugeant qu'il "fallait faire très attention dans notre pays à ce que les libertés syndicales soient préservées".

Le député socialiste de Seine-Maritime et ancien premier ministre, Laurent Fabius, a également déclaré dans un communiqué que "les formes d'action utilisées par José Bové ont été critiquables mais la place d'un syndicaliste n'est certainement pas d'être en prison".

Le député socialiste de l'Essonne, Julien Dray, s'est élevé mardi contre la décision de la Cour de cassation : "Tout doit être fait pour que José Bové ne soit pas envoyé en prison. Il doit donc être gracié", a-t-il déclaré dans un communiqué. Le député a dénoncé "cette décision [qui] est un pas supplémentaire dans la criminalisation de l'action syndicale".

"Par son entêtement, la justice montre qu'elle refuse de prendre en considération la légitimité de la lutte menée par de nombreux militants syndicaux, associatifs, politiques, qui, à juste titre, se dressent contre la logique inégalitaire de la mondialisation libérale", a également souligné le député.


LEMONDE.FR | 19.11.02 | 18h15, MIS A JOUR LE 19.11.02 | 18h52

Sources : Denis Touret

Posté par Adriana Evangelizt

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