José Bové, un exemple à suivre

Publié le par Adriana EVANGELIZT

José Bové : exemple à suivre

par bg

 

J'ai mille raisons et une passion pour parler de José Bové. Mille raisons parce que la justesse et la justice de ses pensées se déclinent en mille arguments et une passion parce que… c'est comme ça : je suis admirative devant sa volonté et son action. Visionnaire, il représente le courage déplaçant les montagnes quand nous stagnons dans notre petit confort facile, en attendant lâchement que le malheur nous touche avant de réagir.

Mais les nouvelles du front du courage ne sont pas bonnes. Le système économique capitaliste, maîtrisant à la fois les pantins politiques et les esprits des consommateurs, lutte à armes inégales contre ses opposants, comme tous les dictateurs le font. Nous avons pourtant conclu l'année 2002 dans un grand espoir de remise en question. Malgré le nombre impressionnant de policiers déployés le 31 décembre face à la paranoïa du pouvoir, un petit pourcentage, à comparer, m'a fait boire du champagne avec plaisir : 33,7%. J'ai bu et rebu devant la mine déconfite de Jean-Pierre Gaillard face au résultat du caca-rente, oups(!) du CAC 40 à -33,7% en 2002 et à Vivendi (fleuron national pour l'environnement…) perdant 75% de sa valeur. N'était-ce pas une info pleine d'espoir ? Pourtant, juste après, les grands pantins français du système capitaliste-pot-de-fer ont remis à sa place le pot de terre. José Bové entrera en 2003 dans sa 50ème année et sans doute dans une cellule de prison. Reste à multiplier les pensées positives pour que la durée s'allège. Son séjour à Villeuneuve-lès-Maguelone à l'été 2002 avait attaqué son courage. On peut craindre que les séquelles morales se fassent de plus en plus lourdes. Dès lors, qui nous rappellera les manigances dégueulasses de la nébuleuse commerciale, s'asseyant sur les droits de l'Homme, la famine, l'environnement, la vie ?

Pour faire court, retenons les quelques idées fortes de son combat, de notre combat.

* La vie avant le commerce. Non que le commerce soit un mal en soi, mais plutôt qu'il reste à sa place de nécessaire moyen d'échange et que l'esprit profiteur qui l'accompagne soit banni des rapports entre les personnes ou entre les peuples. " Nous opposons une morale du bien commun de l'humanité […] à celle, insoutenable, de la marchandisation de tout. La hiérarchie est là : l'homme d'abord ! "

* La protection de la planète à qui nous devons la vie . On pourrait parler longuement des organismes génétiquement modifiés tellement leur arrivée est inacceptable. Primo, les brevets sur le vivant. Alors que la nature lui a tout donné, l'homme, poussé par les entreprises, se permet de créer des espèces, de les faire payer à ses congénères et de leur interdire de faire les mêmes espèces. Les entreprises vont " posséder " et " investir dans " des êtres vivants. A quand le poulet à 4 cuisses et l'agneau à 6 gigots ? Secondo, si les sorciers du vivant ont renoncé à la stérilité des plants génétiquement modifiés (pour l'instant), on est en droit de se demander quels caractères fous ils essaient de donner à un ou plusieurs étages de la chaine alimentaire. Sans savoir si la stérilité humaine est un bien ou un mal au regard de notre surpopulation, il s'avère que c'est gravissime pour une espèce et que la cause en est principalement l'alimentation. Tertio, le caractère le plus horrible de ces organismes est sans doute la contagion. Un plant génétiquement modifié modifie génétiquement un plant naturel. Fort de cela, l'humanité devrait immédiatement stopper toutes ces expériences de sorcellerie allant, à terme, détruire la nature et sa loi reproductrice.

* Le mouvement mondial . Fort de ses connaissances et de son combat paysan, José Bové est de toutes les luttes contre l'injustice. " La solidarité est pour moi un devoir et une nécessité " déclare-t-il. Il décrit un nouvel internationalisme, rassemblant des manifestants multiples unis sur l'essentiel : améliorer la vie et protéger la planète et son corollaire, résister aux diktats des marchands sur leur vie quotidienne. Grâce à une partie de son enfance passée aux Etats-unis, où ses parents ont travaillé comme chercheurs, l'ami José maîtrise la langue anglaise, et dispose ainsi d'un atout remarquable face aux nombreuses ficelles de la nébuleuse capitaliste tirées outre atlantique. " Le respect de leurs droits : voilà ce que demandent les manifestants anti-globalisation " Et ce programme n'est ni réfutable, ni condamnable, ni même négociable. Il est et restera.

Voilà, mon envie de convaincre ne se tarirait pas si ma conscience ne me rappelait pas que je voulais faire court. Comme conclusion, je rêve que chacun d'entre nous, qui a pris conscience du monstre destructeur, nourri de notre malheur, fasse son petit pas de résistance. Seule une association du plus grand nombre parviendra à le combattre. Attention, ses moyens de lutte sont insidieux et pervers, il nous rend individualistes pour qu'aucune association ne perdure, il jouit du soutien inexplicable des politiques qui y ont pourtant perdu leur prérogative, il muselle par leur biais toute expression sociale et toute contestation de l'ordre établi.
Alors parlons, chantons, dansons contre les dangers du monde qui nous attend, tel qu'il est organisé dans les " hauts lieux de décision protégés par des cordons de soldats ". Si José Bové est une pierre d'angle, nous pourrions peut-être chacun mettre notre petite pierre à l'édifice, n'est-il pas ?
La fin de l'article arrive pour de vrai ici, avec Martin Luther King " Nous devons apprendre à vivre comme des frères, faute de quoi nous périrons comme des imbéciles " et, avec, de plein droit, José Bové : " le combat continue, au nord comme au sud ! "

Nota : les extraits en italique sont tirés de " Paysan du monde ", Fayard, 2002

Bibliographie :
Nous, paysans -album photo- (José Bové et Gilles Luneau)
La révolte d'un paysan (José Bové, Paul Ariès, Christian Terras)
Le monde n'est pas une marchandise (José Bové, François Dufour, Gilles Luneau)
Paysan du monde (José Bové, Gilles Luneau)
Le grain de l'avenir (José Bové, François Dufour)
La longue marche de José Bové (Denis Pingaud)

Sources : L'ART SCENE

Posté par Adriana Evangelizt

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