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Lundi 4 septembre 2006

Nous avons trouvé cet entretien de Jean Ferrat qui date de juin 2003 à l'époque où José Bové avait été emprisonné...

Jean Ferrat : " Cette violence, c’est comme si je la subissais "

Entretien réalisé par Charles Silvestre

 

Profondément choqué par l’arrestation de José Bové, le chanteur s’interroge sur cette drôle de République où il faut demander grâce, comme au temps des rois, pour un homme qui pose des questions vitales. Il sera le 9 août au Larzac. Entretien.

José Bové a été arrêté dimanche à l’aube avec des hélicoptères, des chiens, des policiers, etc. Comment avez-vous réagi à cette nouvelle ?

Jean Ferrat. Je l’ai apprise dès dimanche matin par un premier bulletin radio à 8 heures. La veille, j’étais rentré de voyage. L’arrestation ne m’a qu’à moitié surpris, car je savais qu’il s’y attendait pour la fin du mois de juin. La façon dont cela s’est fait m’a complètement indigné. Je venais précisément de lire une interview de Bové qui était parue dans l’Humanité du vendredi, interview dans laquelle il disait ne pas vouloir s’opposer à son arrestation. Ils ont pourtant défoncé sa porte comme si c’était un gangster. Je ne supporte pas cela, je le supporte d’autant moins que j’ai entendu le ministre de la Justice affirmer le contraire, que Bové devait s’opposer à son arrestation. Donc, apparemment, le ministre ment. Ou alors il faut trancher cette question : y a-t-il eu une déclaration de ce type ou, ce qui est probable, la lui a-t-on prêtée pour mieux justifier cette méthode inqualifiable. Tout cela est bien douloureux, c’est ce que j’éprouve, et j’adresse à José Bové un grand salut. À l’ombre de mes châtaigniers, je pense à lui et à sa petite cellule surchauffée en prison.

Le fait, pour vous, de l’avoir connu, rencontré à Antraigues notamment, vous fait-il ressentir cette violence de l’arrestation de façon particulière ?

Jean Ferrat. Je la ressens comme si je la subissais moi-même. J’ai beaucoup de choses qui me relient à José Bové, en particulier au travers des actions contre le monde tel que l’on veut nous l’imposer. Je me suis toujours opposé aux dérives de ce monde qui proviennent essentiellement de la suprématie totale des grandes sociétés multinationales, ces nouvelles féodalités du XXIe siècle qui ont la puissance d’empires mondiaux. Cette puissance s’exerce dans tous les domaines, dans le domaine économique bien évidemment, mais aussi, par le jeu des influences, dans le domaine politique, ce qui a des conséquences gravissimes pour les populations qu’elles dominent. C’est fait d’une manière si habile que ce n’est pas clair pour tout le monde, mais je crois que de plus en plus de gens commencent à comprendre. Il faut vraiment s’intéresser à la chose pour saisir les mécanismes de ces nouvelles puissances du capitalisme. Je ne croyais pas, je l’avoue, à un changement si total et si rapide. Mais, dès le début du XXIe siècle, on est entré dans un autre monde, un monde très dangereux pour les démocraties, très dangereux pour les hommes, et c’est ce qui explique sans doute la peur qu’éprouvent les gens d’être dominés sans pouvoir réagir, d’être impuissants devant ces nouvelles féodalités comme l’étaient les serfs au Moyen ¶ge devant les seigneurs.

Ce que vous observez là est-il valable, à vos yeux, pour le monde de la culture, de la musique, de la chanson ?

Jean Ferrat. Il y a quelque chose de commun, j’ai déjà eu l’occasion de le dire, entre la bagarre de José Bové, de la Confédération paysanne, dans le domaine de l’agriculture, et ce qui se passe dans mon métier. Les multinationales de la culture, les fameuses industries culturelles, j’en ai apporté des preuves concernant la chanson, mais il en existe bien d’autres manifestations, agissent de la même manière dans notre domaine. Elles veulent tout. Le patron américain du cinéma à qui on faisait observer qu’il contrôlait déjà 80 % du marché en Europe a eu cette repartie : notre objectif, c’est 100 % ! Ces multinationales ne supportent pas qu’existe toujours, et je l’espère pour longtemps encore, (mais hélas avec un point d’interrogation à propos de la détermination des autorités), ce que l’on appelle l’exception culturelle. Cette exception qui ne vaut pas que pour la France gêne la liberté du marché, la liberté de leur marché. J’ai posé des questions, publiquement, à l’actuel ministre de la Culture. Jean-Jacques Aillagon tient un discours disons rassurant, qui a été repris, d’ailleurs, par la plus haute autorité de l’État. Le président de la République, lors de la grande réunion des 100 organisations mondiales de la culture, réclamant justement une exception généralisée au monde, garantissant le droit pour les peuples et les pays de défendre, comme il l’entendent, les manifestations et les industries culturelles de leur pays sans en référer à l’OMC, s’est prononcé dans ce sens. Mieux vaut entendre cela que le contraire, mais j’aimerais voir ces discours être confirmés par des actes.

Ce qui se passe actuellement avec les intermittents du spectacle ne rend guère optimiste quant à la façon dont ce pouvoir traite précisément du monde la culture ?

Jean Ferrat. C’est pour cela que je m’entête à poser la question au ministre, qui a bien voulu faire allusion à mes propos : n’y a-t-il pas incompatibilité entre les positions affichées sur l’exception culturelle et la politique de ce même gouvernement qui libéralise à tout va, comme on le voit dans l’affaire grave des intermittents ?

Est-on menacé, selon une formule un peu osée, d’une culture transgénique, autrement dit fabriquée, formatée pour répondre à des critères de marketing, contre une culture que vous défendez, celle de l’indépendance, voire de l’artisanat, de la diversité ?

Jean Ferrat. C’est la situation actuelle, avec l’institution de grandes messes des variétés, Star Academy ou autres, qui monopolisent par exemple à Noël 60 % du marché. Les produits sont préfabriqués et le public n’a plus qu’à avaler ça. Plus la fabrication de masse des produits culturels se développe et plus la place de ceux qui ne sont pas dans le moule se rétrécit.

Pour en revenir directement à Bové, y a-t-il dans la brutalité de l’arrestation une forme de message à d’autres récalcitrants signifiant " à bon entendeur, salut " ?

Jean Ferrat. C’est évident. José Bové, même si certains peuvent juger ses méthodes parfois un peu définitives, incarne un combat essentiel contre les pouvoirs économiques et politiques. Parce qu’il parle des choses qui nous concernent tous, il a un impact. Il a le sens de la formule, de ce qui touche les gens directement, comme la malbouffe. À cet égard, évidemment, on peut le considérer, dans certains milieux, comme un homme dangereux.

On parle de grâce du président de la République, si vous aviez quelque chose à dire au chef de l’État que lui diriez-vous ?

Jean Ferrat. Je dirais que c’est une drôle de République dans laquelle on se voit obligé de demander une grâce, comme au temps des rois, pour un homme qui pose des questions essentielles pour la vie des hommes et leur avenir.

Vous envisagiez de vous rendre au Larzac pendant le grand rassemblement des 8, 9 et 10 août à la demande de José Bové. Dans quel esprit irez-vous, désormais, après son arrestation ?

Jean Ferrat. José m’en a parlé lors de l’émission que j’avais faite avec Michel Drucker en janvier. La question de sa liberté était encore en suspens. " Cela nous ferait plaisir, m’avait-il dit, que tu viennes à cette fête, qui aura lieu que je sois en prison ou non. " Je lui ai répondu que je viendrais, mais sans créer de confusion sur le sens de ma participation, c’est-à-dire sans que personne s’imagine qu’en cette occasion je pourrais remonter sur scène avec d’autres. Je ne veux surtout pas décevoir des gens qui, venus là de bonne foi pour m’entendre chanter, seraient déçus. Donc, avec José, nous avons pensé que dans le cadre des Amis de l’Humanité, qui seront présents au Larzac et dont il fait partie comme moi, je pourrais participer à une rencontre, comme cela avait été déjà le cas au Max-Linder puis à la Fête de l’Huma, sur les problèmes dont on vient de parler, ces problèmes culturels rapprochés des problèmes paysans, débattus avec des cinéastes, des gens de différentes disciplines. C’est dans cette mesure que j’ai confirmé ma venue à cette fête du Larzac.

Sources : L'Humanité

Posté par Adriana Evangelizt

par Adriana EVANGELIZT publié dans : José Bové, un exemple
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Lundi 4 septembre 2006

La maison new age de José Bové
par Raphaëlle Bacqué
 
 

Le permis de construire n'a pas été facile à obtenir. La première lettre de l'architecte-conseil de la direction de l'équipement a même franchement jeté un froid : "Votre projet ne s'inscrit pas dans l'architecture vernaculaire du Larzac." Il fallait presque tout modifier.

José Bové et sa compagne, Ghislaine Ricez, ont protesté. Pour finir, un fonctionnaire parisien est venu voir sur place à Montredon (Aveyron). Une heure et demie de route depuis Montpellier. Froid mordant l'hiver. Deux habitants au kilomètre carré sur le causse. Pour la circonstance, on avait aussi fait venir le maire du coin, "un bon copain". Et Patrick Ballester, l'architecte pressenti, adepte de la philosophie bouddhiste, ordonné "moine bodhisattva" et écologiste convaincu. Là, juste au-dessus des terres à brebis, dans ce maquis de buis et de chênes verts, l'architecte-conseil de la direction de l'équipement a eu droit à un petit cours.

Il a vu défiler le Larzac des années 1970 avec ses grands rassemblements contre l'extension des terrains militaires. La bergerie de la Blaquière, reconstruite illégalement mais inaugurée en grande pompe par Michel Rocard juste après la victoire de la gauche. On lui a raconté la poignée d'éleveurs qui se réinstallent et les quelques citadins qui tentent de devenir paysans. Et puis "l'architecture vernaculaire du Larzac", les maisons remontées par ces militants chevelus et objecteurs de conscience. "A la fin, ricane encore José Bové, l'expert a dit oui."

Le projet est à présent en passe d'être achevé. C'est une maison contemporaine en bois et en verre, montée sur pilotis. Un rêve d'habitat new age qui fait irrésistiblement penser aux maisons des bobos de la Côte ouest des Etats-Unis et du Canada. On y parvient au bout d'un sentier de caillasses, quelques dizaines de mètres après avoir laissé la ferme, le gîte attenant, loué pour les vacances, la petite fabrique de fromage ou s'affinent de grosses tommes de brebis un peu fades et la grange de pierre où sont exposées les affiches de l'âge d'or militant du Larzac. Au loin, on aperçoit le mont Aigoual, le mont Lozère et le plateau ardéchois.

José Bové se tient debout devant son chantier. En short et sandales de cuir. La moustache reconnaissable et le tutoiement facile. Depuis le 15 mai, il y travaille presque tous les jours avec l'aide des amis qui passent. "Et quand je ne suis pas sur le chantier, c'est que je fauche des champs de culture OGM", s'amuse-t-il.

La maison est 100 % écologique. Murs en épicéa, gouttières de cuivre, aucune peinture chimique, aucun vernis polluant. L'entreprise de construction Nature et Habitat, fondée par l'architecte Patrick Ballester, importe presque tous ses produits d'Allemagne, largement en avance sur la production de ces matériaux naturels que la France, avec ses grands groupes de construction industriels, néglige. Toutes les pièces de bois sont prédécoupées. On emboîte, on visse. Il n'y a pas un clou. "C'est un chantier sans bruit", se félicite Bové. Ces derniers jours, il termine de monter les fenêtres. Bientôt, on achèvera l'isolation en liège des cloisons. Puis on posera le "Fermacel", un genre de Placoplâtre composé de gypse naturel et d'ouate de cellulose. Enfin, on recouvrira de terre le toit végétal.

Au sol, entre les solives qui vont supporter le parquet, on a jeté des copeaux de liège pour l'isolation thermique. Des panneaux solaires assureront la production de 40 % de l'eau chaude. Le chauffage sera fourni par un gros poêle à granulés de bois. Les WC fonctionnent sans eau. On jette de la sciure et on vide régulièrement soi-même le contenu du grand réceptacle dans un container à compost. "Garanti sans odeur et recyclage maximum", sourit Bové. La maison sera habitable, "disons, dans deux ou trois semaines, calcule Ghislaine, mais au début, il est probable que nous camperons un peu".

José Bové et Ghislaine Ricez laisseront en tout cas sans regret les maisons en pierre, sombres et froides, du hameau, où vivent une vingtaine de personnes. Depuis longtemps, déjà, Ghislaine voulait un foyer clair et chaleureux. "Mais on a d'abord cherché le meilleur emplacement pour le faire", dit-elle. Le couple a donc passé des heures à regarder les points de vue, assis au pied d'un arbre, debout sur un promontoire, observant les endroits favoris des brebis. "C'est souvent un bon indice : là où les brebis choisissent de passer la nuit, là tu construiras ton lit", énonce gaiement José Bové. Les Romains, assure M. Ballester, observaient déjà le foie de leurs animaux, et, s'il était sain, construisaient la maison sur l'herbage où ils broutaient. Le site, tout près finalement de l'endroit où José Bové s'installa en 1976, a donc été le point de départ. Il y a une belle vue sur le causse, des chênes et des lilas, un gros rocher qui émerge.

L'architecte a fini de donner à l'endroit un petit côté mystique. "Je suis venu faire une étude de terrain, avec mes baguettes et mes pendules, explique Patrick Ballester. Avant de construire, j'étudie toujours le magnétisme, les courants telluriques, les défaillances tectoniques. Dans un terrain magnétiquement bien équilibré, on aura une meilleure santé." Le terrain convenait. On a donc dessiné les plans. Peu de débats sur le nombre de chambres. A 53 ans, José Bové va bientôt être grand-père, mais il voulait surtout avoir un bureau clair et agréable. De fait, la pièce semble être le clou de la maison : en mezzanine, avec terrasse attenante et mur vitré. De quoi rédiger en toute sérénité ses libelles antilibéraux.

Pour finir, la maison comprend, sur 110 m2 et trois niveaux, une grande pièce à vivre orientée sud-est, avec une terrasse la longeant entièrement sur deux côtés, une cuisine américaine et un cellier au nord, deux chambres, un dressing-room, une salle de bains, le grand bureau, un toit végétal où l'on plantera "de belles plantes pour voir les saisons défiler, mais pas de marijuana, parce que c'est interdit", plaisante José Bové. Le budget ? Environ 1 000 euros le mètre carré la maison brute. "Presque une maison Borloo, hein ?", lance notre hôte, mi-rigolard, mi-sérieux, déjà prêt à reconstruire des kilomètres de banlieues sans "ces matériaux polluants qui provoquent des allergies aux enfants".

"En attendant, on va aller déjeuner", propose gentiment Ghislaine. Direction, La Jasse du Larzac, un restaurant associatif à une dizaine de kilomètres, qui sert d'excellentes saucisses grillées, de l'aligot et du vin bio. Il faut prendre en voiture la petite route - "elle a été goudronnée en 1985, l'année où nous avons été raccordés à l'eau courante. Mais il a fallu attendre encore deux ans pour l'électricité", explique José Bové - et longer une partie des derniers terrains militaires. Terres sauvages et forêt de pins. Au fond, en occupant ces terrains, l'armée n'a-t-elle pas en partie préservé cette nature rude ? "Ouais, eh bien je préfère maintenant y voir des brebis. L'été, ces abrutis foutaient le feu avec leurs exercices de tir", rétorque-t-il.

Après le tournant, derrière les arbres, on aperçoit le toit bleu d'une voiture. Les gendarmes. Le syndicaliste paysan attache sa ceinture, jusque-là oubliée. Et puis, non, c'est trop tentant. Il fait arrêter la voiture et descend voir ses meilleurs ennemis. Les deux gendarmes saluent la star du pays. Pas de problème avec "José". Mais la caravane de l'UMP, venue à Millau faire la promotion de Nicolas Sarkozy, va bientôt passer. Et ils ne voudraient pas que les syndicalistes de la Confédération paysanne, les anti-OGM, les défenseurs de sans-papiers, bref, tout ce que le coin compte de contestataires, viennent se mesurer aux militants UMP. "Les gendarmes ne sont pas méchants, ici, se félicite José Bové. Généralement, quand ils arrivent, ils sont éberlués, mais ensuite, ils s'installent et comprennent mieux le coin." Il y a quelques mois, l'un d'entre eux s'est approché pour lui serrer chaleureusement la main : "Tu ne te souviens pas ? C'est moi qui t'ai emmené à la prison de Villeneuve-lès-Maguelonne !"

Peut-il quitter tout cela pour courir une élection présidentielle ? Peut-il lâcher sa jolie maison, la ferme et ses deux associés, les copains et ce folklore de gendarmes qui sert son image d'Astérix populaire ? Ghislaine ne le veut pas. "Les attaques sont trop dures, dit-elle. Et puis, ils ne le laisseront pas." "José" suit tout de même au téléphone les réunions des Verts, de la LCR, d'Attac et de tous ces représentants de la gauche de la gauche qui rechignent à lui laisser porter seul le flambeau électoral.

Il hésite, cependant. S'il y va, il lui sera difficile de mener campagne de son bout de Larzac, comme il l'a fait jusqu'ici pour presque toutes ses grandes actions de leader paysan. "Nous n'avons pas l'ADSL pour Internet et on met des heures à envoyer trois mails, raconte Ghislaine, le portable passe dans la maison, pas sur la route." Il y a quelques semaines, le chanteur américain Peter Yarrow, star de l'ancien groupe des années 1970 Peter, Paul and Mary, est venu à Montredon. Il a cru devenir fou, incapable de se passer des moyens de communication modernes. Cela fait encore rire José Bové : "S'installer ici, c'est un choix de vie."

Sources : Le Monde

Posté par Adriana Evangelizt

par Adriana EVANGELIZT publié dans : José Bové, un exemple
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Lundi 4 septembre 2006

Manifeste pour de l'audace

par Christian

 

Le seul risque de la réunion du 10 septembre est d’être en deçà des exigences du moment et des attentes de notre peuple.

Nous avons un programme, un bon programme, mieux un projet, une vision de l’avenir. L’esquisse de l’alternative est de moins en moins floue.

La réunion du 10 septembre, de par sa seule existence, crée de fait, la candidature unitaire. La candidature unitaire est aujourd’hui une réalité politique. Pour devenir, plus tard, candidature unique, la candidature unitaire doit d’abord prendre la forme d’une candidature collective, et ce dès le 10 septembre au soir. Une semaine plus tard, la fête de l’huma pourrait donc être le lancement, en fanfare, de la campagne antilibérale. Il y a urgence à nous battre contre les adeptes du libéralisme et rassembler sur la base de notre magnifique programme.

Le 10 septembre, les collectifs locaux réunis en assemblée générale, peuvent et doivent désigner la candidature unitaire collective. Cet acte majeur et fondateur serait de nature à déclencher ce mouvement populaire qui nous permettra de concrétiser rapidement la candidature unique à laquelle nous aspirons.

Tout le monde est d’accord :

Marie-George Buffet a écrit qu’elle était prête à participer, avec d’autres à un collectif de porte-paroles.

Olivier Besancenot a expliqué qu’il retirerait sa candidature pour une candidature unitaire résolument anti-libérale.

José Bové s’est déclaré disponible pour un participer et même porter un rassemblement antilibéral pour 2007.

Notre candidature unitaire collective est bien là. Nous pouvons la muscler encore. Deux ou trois personnes peuvent s’y rajouter (Yves Salesse, Francine Bavay, Clémentine Autain, etc )

Imaginons le coup de tonnerre politique, aux journaux de 20 heures, le 10 septembre avec ces personnalités déclarant collectivement leur candidature, antilibérale, pour 2007 ! Renversant au passage cette mascarade selon laquelle l’élection présidentielle serait la rencontre entre un homme et le peuple.

Rêvons de commencer immédiatement un tour de France des meetings unitaires comme à Aubagne !

Balayons les petits calculs de convenances qui nous paralysent. Les obstacles sont dans l’arrière boutique politicienne et pas dans la devanture politique.

Il y a des moments où l’histoire bascule. Le 10 septembre peut être ce jour. Toute attitude timorée est coupable. Nous ne pouvons pas avoir fait tout ce chemin, pour nous satisfaire, par pur conformisme, de textes et d’intentions aussi beaux soient-ils.

Le 10 septembre, le peuple antilibéral a les yeux tournés vers la bourse du travail de St Denis. Les délégués des collectifs locaux ont une grande responsabilité.

Produisons des actes. Il faut, collectivement sortir du bois. Il nous faut de l’audace, encore de l’audace et toujours de l’audace...

Sources : Bellalciao

par Adriana EVANGELIZT publié dans : Présidentielle
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Lundi 4 septembre 2006

Contribution de José Bové au collectif national

pour des candidatures unitaires en 2007 et 2008

 

Cher(e)s ami(e)s, cher(e)s camarades,

Ne pouvant malheureusement participer à la réunion du Collectif unitaire du 22 août, je tiens à apporter ma contribution à la discussion.

Plus d’un an après la victoire du non contre l’Europe libérale et quelques mois avant un cycle électoral dont l’enjeu principal est double - battre la droite et l’extrême droite et faire échec au social libéralisme - nous voilà confrontés à un choix stratégique essentiel : comment concrétiser, dans les urnes, l’unité d’un mouvement social engagé dans la lutte contre la mondialisation marchande et pour une politique de rupture avec le libéralisme économique ?

Cette unité, déjà inscrite dans l’Alternative unitaire et l’appel à des candidatures communes de la gauche anti-libérale en 2007 et 2008, a vocation non seulement à rassembler les organisations, courants, militant(e)s politiques, syndicaux, écologistes ou associatifs autour des échéances électorales présidentielle, législatives, municipales et cantonales qui nous attendent, mais aussi à dépasser nos différences pour construire une force capable d’imposer une véritable alternative politique et pas une simple alternance institutionnelle face à la logique libérale.

Je pense que les conditions sont réunies pour redonner espoir, dans les urnes comme dans les luttes, à toutes celles et ceux qui sont les plus exposés aux coups de la politique antisociale de la droite et qui ont été les plus déçus par l’expérience de la gauche plurielle. Nous sommes à la fois forts, proches et lucides.

Nous sommes forts. Nous pouvons nous appuyer sur la puissante mobilisation contre le projet de Constitution européenne qui a démontré que, sur des enjeux clairs, nous savions construire la dynamique unitaire et nous pouvions même la conduire à la victoire. Laissons les commentateurs désabusés gloser sur la soi disante impuissance des « nonistes ». Laissons les réflexes bureaucratiques agiter les patriotismes de parti. Jamais, depuis trente ans, le contexte n’a été aussi favorable au rassemblement des forces anti-libérales.

Nous sommes proches. Nous avons vérifié, au fil de l’année écoulée, que nous portions un même projet politique : la charte pour une alternative au libéralisme, adoptée le 13 mai dernier par la réunion national des collectifs du 29 mai 2005, en témoigne. Sur les principales questions en débat, nos convergences l’emportent de beaucoup sur nos divergences. Pour ma part, je pense que, s’agissant de l’Europe, la perspective démocratique et sociale passe nécessairement par la convocation d’une Constituante et que, sur les questions économiques internationales, il faut construire un nouveau multilatéralisme qui se substitue aux règles actuelles de l’OMC.

Nous sommes lucides. Nous avons l’expérience des combats électoraux. Nous savons que le potentiel de la gauche anti-libérale rassemblée, si l’on tient compte de ses différentes composantes, peut se situer à un niveau qui change durablement la donne à gauche. En choisissant d’additionner plutôt que de disperser nos voix, nous pouvons réellement construire une force capable d’imposer une alternative politique à la fois à la droite et aux tenants du social libéralisme.

Voilà pourquoi je souhaite vous faire un certain nombre de propositions qui me paraissent essentielles pour entraîner la dynamique unitaire et clarifier l’engagement de tous - partis, courants, mouvements, militants - qui s’inscrivent dans la démarche de l’Alternative unitaire.

  •  1. Je suis d’accord avec Marie-George Buffet pour constituer un collectif de porte-parole de quelques membres. Mais pour éviter que nous en restions à un simple affichage symbolique, je suggère que ce collectif soit investi dès notre réunion nationale du 10 septembre et prenne en charge la pré-campagne. Nous démontrerions ainsi dans les faits que, face à la logique de personnalisation et de surmédiatisation d’une élection présidentielle, nous sommes capables d’engager une campagne à la voix plurielle.
  •  2. Je pense que l’appel du Collectif national à constituer rapidement des collectifs locaux dans toutes les circonscriptions et villes importantes où ce n’est pas encore le cas pourrait être complété par un appel à engager rapidement des contacts avec les élus dans la perspective de la collecte des 500 signatures nécessaires à notre candidature unitaire pour la présidentielle.
  •  3. Je suis partisan d’engager dès le 10 septembre la discussion sur le mode de désignation des candidat(e)s unitaires aux législatives, municipales et cantonales. Notre objectif est évidemment de parvenir à la désignation d’un(e) seul(e) candidat(e) ou d’une seule liste lors de ces échéances.
  •  4. S’agissant de notre candidat(e) à l’élection présidentielle, donnons la parole à l’ensemble des collectifs, d’ici la fin de l’année, pour choisir le meilleur profil. Je maintiens, à titre personnel, que le ou la candidate la mieux à même de symboliser notre unité ne peut pas être le ou la porte-parole d’un parti.
  •  5. Enfin, je souhaite que nous poursuivions activement la discussion politique sur notre programme et sur notre stratégie de rassemblement des forces anti-libérales. Je pense notamment qu’un certain nombre de sujets peuvent être clarifiées avec des forces politiques qui, par rapport à notre volonté unitaire, soit s’inscrivent dans une logique de division, soit expriment de manière autonome et parallèle des démarches ambiguës par rapport au texte fondateur de l’Alternative unitaire.

    Cher(e) ami(e)s, cher(e)s camarades, le temps pressse ! Nous avons une responsabilité particulière, après le 29 mai, à ne pas désespérer toutes celles et tous ceux qui ont dit « non » à la logique libérale. C’est pourquoi je veux vous faire partager toute ma conviction et toute mon énergie à participer, dans un cadre collectif et unitaire, aux batailles politiques des prochains mois.

    Amicalement et fraternellement,

    José Bové

  • Sources : Et si j'osais Bové ?

    par Adriana EVANGELIZT publié dans : Présidentielle
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    Lundi 4 septembre 2006

    Une candidature unitaire antilibérale ?

    par Mathieu Ecoiffier

     


    Une candidature unitaire antilibérale ? « C’est plié », assurent hier après-midi pas mal de militants trotskistes. A l’université d’été de la LCR à Leucate (Aude), il fallait être jeune ou sacrément optimiste pour y croire encore. Hier soir, la direction de la LCR a conclu la journée en affirmant que les conditions politiques pour un accord autour d’une candidature unique à la gauche de la gauche n’étaient pas réunies.

    Hier après-midi, pourtant, Anaïs, piercing à la narine et joues rondes d’adolescente, prend le micro lors du débat sur la question : « J’ai 20 ans, je suis entrée à la Ligue après la lutte contre le CPE. Toute la classe populaire, et surtout la jeunesse, attend cette candidature unitaire. Sinon, il y a aura le vote utile, car les jeunes qui ont voté Chirac en 2002 ne veulent pas recommencer. Une nouvelle génération militante émerge, il ne faut pas la décevoir. Il nous reste huit mois pour aboutir », balançait-t-elle. A la tribune où la LCR a invité ses ex-partenaires nonistes, ont pris place Clémentine Autain (apparentée PCF), une des figures du Collectif d’initiative unitaire national, un membre du PCF, un proche de Jean-Luc Mélenchon, des militants associatifs, et deux dirigeants de la LCR. Mais aucun leader.

    « Gênés ». José Bové et Marie-George Buffet n’ont pas fait le déplacement. « L’an dernier, c’était le grand amour, ils étaient venus. Ils sont tous gênés aux entournures. Sur l’engagement à ne passer aucune alliance avec le PS, ils restent flous », martèle Alain Krivine. Mais à la tribune, hier, il n’y avait pas non plus Olivier Besancenot. Il animait sous les canisses un débat sur les banlieues. Tout un symbole. Car, au sein de la LCR, la minorité accuse la majorité et sa direction de ne pas jouer le jeu unitaire. Et d’être dans la surenchère face à ses partenaires. « Maintenant, il ne suffit plus d’être antilibéral, il faut être anticapitaliste, on n’y arrivera jamais ! » se désespérait un militant, lundi soir, à l’issue du discours de Besancenot. Moderne sur les discriminations et l’immigration, le candidat à la présidentielle a fait, pour le reste, de l’Arlette dans le texte : « Le débat n’est pas de savoir s’il y a de l’argent, mais comment on va le prendre », a-t-il lancé.

    « Surtout, il n’a pas dit un mot sur le PCF ou l’orientation stratégique pour cette rentrée politique », regrette Christian Picquet de la minorité pro-unitaire. Lui veut croire que l’assurance, réaffirmée jeudi par Besancenot, de se retirer en cas d’accord peut se concrétiser. Car, au sein du Collectif d’initiative unitaire national, ça bouge. « La majorité de la LCR hésite, mais elle voit bien que les formulations avancent, on s’approche d’un compromis acceptable », explique Picquet.

    Hier soir, une réunion du collectif a eu lieu à Paris pour s’accorder sur une dernière mouture tenant compte des amendements du PCF et de la LCR. « Le texte dit qu’il ne sera pas négocié un contrat de gouvernement avec le PS sur la base de son projet actuel, qui n’est pas en rupture avec le libéralisme, explique Emmanuel Chanial, jeune délégué LCR. Maintenant, si le PCF et la LCR continuent à se regarder en chiens de faïence, ça va finir en concours de nains de jardin à la gauche de la gauche, c’est absurde. » La mobilisation avait pourtant repris fort. Selon un recensement de la LCR, depuis l’appel à une candidature unitaire début mai, plusieurs milliers de militants ­ issus de syndicats et d’associations (Solidaires, FSU, Attac) ­ ont créé pas moins de 443 collectifs locaux dans 95 départements. Tous se réuniront le 10 septembre lors d’une Assemblée générale à la Plaine-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) pour valider orientations et mode de désignation.

    « Débile ». « Un consensus émerge pour que cela ne soit pas le représentant d’une organisation. Il faudrait vraiment être débile pour caller sur la question du qui », a expliqué hier Clémentine Autain, qui s’y verrait bien. D’autres attendent José Bové : « Il finit le toit végétalisé de sa maison dans le Larzac et reste déterminé. Il sera là le 10 septembre, glisse une de ses fans. Mais en cas de campagne, il devra s’installer à Paris. »

    Sources : BELLACIAO

    par Adriana EVANGELIZT publié dans : Présidentielle
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