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  • : José Bové méritait bien un blog pour les combats qu'il mène. Contre les OGM. Contre la mondialisation.Pour un monde plus juste. Pour la Justice et l'Egalité. Quelqu'un qui ose dire tout haut ce que nos gouvernants cachent...
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Samedi 18 février 2006

La directive Bolkestein

40 000 manifestants à Berlin

Par Marius Heuser

Près de 40.000 personnes protestèrent samedi dernier à Berlin contre la directive Bolkestein. En plus de la Confédération des Syndicats Allemands (DGB) et de diverses organisations écologiques et de protection de la nature, le Parti social-démocrate, les Verts, le Parti de la gauche et les Commissions sociales du Parti chrétien-démocrate (CDU) avaient aussi appelé à manifester sous le slogan « Europe Oui - dumping social, Non ! ».

Participèrent à cette manifestation non seulement le président du DGB, Michael Sommer et des représentants d'autres syndicats, mais aussi de nombreux politiciens, comme l'actuelle ministre de la Coopération économique et du Développement et le vice-président du parlement allemand, Wolfgang Thierse (tous deux SPD) ainsi que le président des Verts, Reinhold Bütikofer et la présidente du groupe parlementaire des Verts, Renate Künast.

La semaine passée, le groupe social-démocrate au parlement européen avait déjà annoncé que sous réserve de certaines conditions, il accepterait la directive. Ces conditions furent négociées par les représentants de ce groupe lors d'une réunion de travail commune en collaboration avec des membres du groupe du Parti populaire européen conservateur (EVP). Selon toute vraisemblance, le parlement adoptera ce compromis mardi prochain avec les votes des deux groupes.

En fait, ce compromis ne diffère que très légèrement de la version originale du projet. Les changements se rapportent en premier lieu à des formulations qui furent en partie édulcorées. C'est ainsi que le député conservateur autrichien Othmar Karas expliqua au quotidien autrichien Standard que l'un des points les plus controversés, à savoir « le principe du pays d'origine, n'était plus employé mais que le principe de base restait ».

Ce « compromis » n'est pas seulement soutenu par les sociaux-démocrates européens et le gouvernement fédéral, mais aussi par les syndicats. Lors de la manifestation, Sommer exprima sa « profonde gratitude» pour les progrès réalisés. Le projet tient compte, dit-il, d'un grand nombre de ses demandes et devrait être adopté. Il jugea que la manifestation était nécessaire pour être sûr que le compromis soit vraiment voté mardi et que ni le EVP ni la commission ne l'ajourne ou n'en empêche le vote.

Les organisateurs s'efforçaient continuellement de limiter l'objectif de la manifestation au rejet de la directive Bolkestein voire au vote d'une version légèrement amendée en tenant à l'écart toutes les questions qui lui sont liées. L'Union européenne et ses institutions qui, durant des années, furent responsables des attaques contre les acquis sociaux et les baisses de salaires, sont représentées comme les garants du progrès. Martin Rocholl, s'exprimant au nom de la Fédération de protection de la nature (Bund) et d'Attac, expliqua dans son discours de clôture qu'en ce qui le concernait, « l'Union européenne était liée à un espoir pour la paix, à plus de tolérance, plus de démocratie, plus de sécurité sociale, plus de protection des consommateurs et de l'environnement et plus de constitutionnalisme. »

La plus importante grève du secteur public de ces quatorze dernières années et la grève qui a lieu actuellement à l'usine AEG de Nuremberg n'eurent droit qu'à une mention succincte de la part du chef du DGB. Il ne perdit pas un mot sur la destruction annoncée de 20.000 emplois chez Volkswagen.

Dans une situation où la grande coalition prépare des attaques virulentes contre la population, où de nombreuses entreprises importantes annoncent des licenciements de masse et où on prépare la République fédérale à de nouvelles guerres, les syndicats organisent une protestation impuissante contre une directive de l'Union européenne qu'ils ont en fait approuvée depuis longtemps. On fit de cette manifestation, comme déjà par le passé, un vaste concert de sifflets par lequel on espèrait capter la résistance de la population et la placer sous le contrôle des syndicats.

Cette résistance contre la politique d'austérité s'est maintes fois exprimée ces dernières années indépendamment des vieilles organisations ouvrières. Il y a un an et demi des manifestations de masse se déroulèrent en Allemagne du jour au lendemain contre les lois Hartz IV et l'Agenda 2010, en France et aux Pays-Bas une majorité d'électeurs votèrent contre la constitution européenne, malgré une campagne massive de la part de l'establishment politique en faveur de celle-ci. Dans le même temps, on assista partout en Europe à de véhéments conflits industriels. Il ne fait pas de doute que la manifestation contre la directive Bolkestein aurait pu devenir un point de ralliement de cette opposition.

Au lieu de quoi, le DGB a organisé une protestation pour la forme. Plus de 30.000 manifestants sur les 40.000 que comptait la manifestation avaient été amenés par 600 cars affrétés par les syndicats de tous les coins d'Allemagne. Ces manifestants étaient arrivés équipés de casquettes, de drapeaux et de sifflets au point de ralliement près du ministère de l'Economie, où on leur offrit de la musique pop et de la soupe aux pois gratuite. Ils allèrent ensuite jsuqu'au Palais de la République où eut lieu le meeting de clôture. Là aussi la musique forte était omniprésente et les stands de saucisses frites dépassaient de loin le nombre des stands d'information politique.

Avec de telles pratiques, les syndicats ne sont en mesure de mobiliser que des gens se trouvant dans le cercle immédiat de leur influence. A l'opposé des manifestations contre la démolition sociale des dernières années, on n'a rencontré ici que très peu de membres d'associations d'aide aux chômeurs, de simples travailleurs ou de jeunes.

Thomas, 25 ans, étudiant en politique de Potsdam était, lui, une exception. Il avait appris dans le journal qu'une manifestation aurait lieu. Il était venu pour lutter contre le néo-libéralisme et aussi pour donner courage à d'autres. Il ne pensait pas que la perspective des syndicats soit capable d'empêcher la directive Bolkestein. « On ne poussera pas le gouvernement à agir contre la logique globale capitaliste par des manifestations. Pour briser la logique capitaliste il faut une perspective internationale », dit-il.

Peu de temps après le début de la manifestation qui se tenait sur le Schloßplatz, les manifestants se dispersèrent rapidement. Seuls quelque 3.000 d'entre eux restèrent pour écouter les discours prononcés à la tribune.

Sources : WSWS

Posté par Adriana Evangelizt

par Adriana EVANGELIZT publié dans : JOSE ET LE NON A LA CONSTITUTION
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Jeudi 16 février 2006

Cinq postulants verts pour la course à l'Elysée

par Alain Auffray

La commission électorale des Verts a validé hier cinq candidatures à la candidature pour l'élection présidentielle de 2007. Après vérifications, elle a constaté que ces candidats avaient tous effectivement réuni, mardi avant minuit, plus de 100 signatures de soutien issues de plus de cinq régions. La sénatrice Dominique Voynet a bénéficié d'environ 800 parrainages, le député Yves Cochet en a recueilli près de 500, la porte-parole des Verts Cécile Duflot 365, le sénateur Jean Desessard un peu plus de 250. Alain Uguen, ex-adjoint au maire de Quimper, a réuni 106 parrainages. Il fera campagne pour une candidature unique de la gauche.

Par ailleurs, 170 militants ont signé une pétition demandant l'organisation d'un référendum interne pour rendre possible un soutien des Verts à une candidature de José Bové. Si 10 % des adhérents signent (820 personnes), le référendum pourra être organisé.

Sources : LIBERATION

Posté par Adriana Evangelizt

par Adriana EVANGELIZT publié dans : Présidentielle
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Mardi 14 février 2006

Le parler vrai de José Bové

par Claude Askolovitch

Photo de Georges Bartoli

C'est avec des accents churchilliens que le leader paysan bâtit son programme pour la présidentielle : pas de lendemains qui chantent, mais de la sueur et des larmes...

S'il s'avance un jour devant les Français, José Bové leur promettra de la sueur et des larmes. «Il ne faut pas raconter des histoires de lendemains qui chantent, on ne va pas promettre de raser gratis», dit le paysan (presque) présidentiel. La star altermondialiste se pique de réalisme et décline ce qui ressemble à un axe de campagne. L'OMC par exemple. L'Organisation mondiale du Commerce. Un de ses thèmes fétiches. Bové pense qu'il faut en sortir, au moins partiellement. Ne pas se soumettre à l'AGCS, l'Accord général sur le Commerce des Services, texte-clé de cette «marchandisation du monde» qu'il réprouve. «Défiler contre l'OMC, rien de plus facile. Des villes se proclament "hors AGCS", c'est sympathique, mais ça ne change rien. Quand il faudra vraiment rompre, pour un gouvernement, ça sera une autre histoire. Si l'on s'abstrait de l'OMC, il y a des amendes, des pénalités, des compensations. Cela coûte. Il faut étudier la faisabilité, prévenir les citoyens des conséquences de nos choix.»


On croirait du Rocard, du Delors, ces héros sépia de la gauche tue-le-rêve. Mais Bové, contrairement à ses cousins de la deuxième gauche, persiste dans la radicalité. «La rupture ne sera ni facile ni confortable. On va devoir repenser nos modes de vie, nos choix, énergétiques notamment. Et il faudra être concret pour convaincre.» Concret ? Précis ? A lui, experts, contre-experts, hauts fonctionnaires ! A lui, programme alternatif, langage de vérité, nouvelles lois, juristes ! «Ils viendront. Entre les ONG, les syndicats, Attac, nous avons un vivier d'expertise. C'est cela, préparer un programme. On ne l'invente pas à ciel ouvert, dans des forums.» Sans doute. Mais pour l'instant, les experts se font attendre, tandis que fleurissent forums et apartés. L'entourage de Bové reste limité à une poignée de vétérans de l'agit-prop qui papotent et complotent les lundis, rue Voltaire à Paris, dans un immeuble fétiche de l'extrême-gauche.


Ces commensaux veulent unir les antilibéraux. Ils poussent à une candidature Bové. Lui, laisse faire. On le recherche pour d'étranges raisons, pas toujours flatteuses. José n'est pas le meilleur, entend-on, mais le seul possible. Pas un monstre de débats, mais un compromis acceptable. Pas un candidat charismatique, mais le «porte-parole» d'un collectif idéal allant d'Attac à la LCR. Un homme seul qui permettrait au PC et à la Ligue de s'effacer sans humiliation. L'homme idoine, mais pas providentiel, ne se formalise pas. Le potentiel d'une gauche antilibérale serait de 15%, estime-t-il. «Est-ce que je saurai l'atteindre?  Evidemment je me pose la question. Je veux tenir un discours complexe. Les gens veulent réfléchir, on ne les nourrira pas de slogans.»


Estimable, mais aussi peu électoral que possible. Ce matin de septembre (voix embrumée de trop de débats, chemise en jean), Bové développe son programme à Meudon chez un ami qu'il squatte, le temps de la Fête de l'Huma. Un documentariste, qui tourne un documentaire sur Via Campesina, l'internationale paysanne. Ils retrouveront ensuite un autre pote, titi parigot devenu syndicaliste indépendantiste en Nouvelle-Calédonie. «Le Kanak blanc!» Bové est un carnet d'adresses ambulant, un annuaire des contre-cultures. Prestidigitateur du dessous des cartes, il s'amuse des petits liens qui tissent la société.
«Bayrou était proche de la communauté chrétienne de l'Arche, au sud du Larzac. Des pacifistes qui ont appuyé notre lutte. Pas étonnant de le voir soutenir la taxe Tobin! »


Lui aussi est un drôle d'animal. Il faut oublier l'icône altermédiatique, le tribun trop habile. Il faut passer sur les facilités de postures, les mots partis trop vite, le côté jésuite: ce grand aguicheur de caméras s'indigne quand les médias veulent proclamer avant lui son ambition présidentielle. Mais quand on tamise les défauts, il reste un vrai personnage, souple et fanatique, sincère et retors à la fois, qui répugne aux ruptures mais a déjà fait de la prison pour ses idées. Un anti-politique qui se rode, pour une compétition qu'il ne disputera peut-être jamais.


Logiquement, tout s'oppose à son échappée. La logique des partis. L'avidité de chacun - LCR, PC, voire les Verts - à se tailler la meilleure part du gâteau noniste... Même Bové joue contre Bové, avec ses pudeurs et ses évitements. Il n'est pas candidat. Pas encore. Il se refuse à le dire. Il n'a ni parti, ni militants, ni collecte de fonds. Juste les agitateurs-conseilleurs. Et puis les médias, avides de feuilleton. Les micros n'attendent que sa phrase: «Moi, général Bové, j'appelle...» Mais Bové n'est pas général, ancien objecteur de conscience venu découvrir sa vérité à 20 ans sur le plateau du Larzac. Il ne peut pas s'imposer brutalement. Il essaie donc de moissonner l'évidence. Tout ceci peut finir en eau de boudin. On gloserait donc sur du vide? Sauf si... Si le désir prend, porté par ces sondages de popularité, où il domine nettement son camp. Si le piège se referme sur les autres acteurs.


Il a déjà avancé dans sa tête, lui qui jurait qu'on ne l'y prendrait jamais. Bové était un vaccin contre l'élection piège-à-cons. La vraie vie était ailleurs. Dans les rassemblements, les luttes et les réseaux. Fromages de chèvre, squats militants et plateaux télé, saupoudrés de militants néo-islamistes, son talon d'Achille, et de réseaux chrétiens, son humus. Son attrait avait quelque chose de réac (la France d'avant la bascule industrielle) et de moderne à la fois (la société de l'image). Cela pouvait durer des années. Entrant en politique, il sort de l'abri. Déjà, on l'attaque. Son soutien aux opposants d'Attac a brisé le consensus qui l'entourait. Son jeu de passes avec Laurent Fabius, entamé depuis l'automne 2003 - secrètement d'abord, publiquement depuis quelques mois -, le compromet aux yeux des puristes. Mais, si l'image prend, il s'installe, en même temps, au coeur de la gauche tout entière, bien au-delà du ghetto ultra.


Il joue donc. Le fils de famille devenu paysan n'est pas un naïf. Il croit que la période le porte. La société dominerait désormais les appareils politiques. Le succès du rassemblement du Larzac, en août 2003, a été son acte fondateur. Ils étaient quelque 300 000 à invoquer l'autre monde possible et à porter aux nues l'ami Bové, juste sorti de prison. Ceux-là n'ont jamais oublié cette scène. La campagne européenne l'a consacré égal des politiques professionnels. Il n'aurait donc plus qu'à les préempter. Compliqué. Il doit parler avec «Marie-George». Il a vu Patrice Cohen-Seat, l'homme qui pense au Parti communiste. «Une bonne discussion.» Chez ces gens-là, les bras de fer sont ouatés. Il s'entend bien avec Olivier Besancenot. Se navre d'un écho hasardeux du «Canard enchaîné» qui pourrait le fâcher avec «Olivier». Avec les plus vieux trotskistes, les tontons flingueurs de la Ligue, c'est une autre histoire. Chacun se renifle. On se connaît si bien. «On ne fait pas campagne sur l'OMC, ça ne dit rien aux gens», maugrée le dirigeant liguard François Sabado. Bové est trop loin du prolétariat, trop à l'aise dans les débats post-industriels. Ce qu'il propose, pour un marxiste, n'existe pas.


Bové doit donc séduire ceux qui ne lui ressemblent pas. A la Fête de l'Huma, il parle le communiste. Il célèbre le Front populaire et ses occupations d'usines. Ensuite, il partage le repas de Jean-Luc Mélenchon. Vin jeune, paella sous plastique et tarte mouillée. Le sénateur le taquine sur cette bouffe industrielle. Les deux quinquas s'aiment bien. Mais ils sont différents autant qu'on peut l'être. Bové explique la question de l'énergie. «Il faut ouvrir un grand débat sur l'énergie, on inclura le nucléaire dedans.» Un ami de Mélenchon: «Oui, mais si EDF est privatisée, aucun gouvernement ne pourra imposer ta sortie du nucléaire!» Un ange passe. Il y a bien deux gauches en France mais le clivage n'oppose pas libéraux ou antilibéraux. On en est toujours au même point, première gauche et deuxième gauche, gauche de l'Etat contre gauche de la société. L'été dernier, Mélenchon, le jacobin, a demandé à Bové de lui raconter la désobéissance civique.


Pour ne pas se disputer, on parle de Mitterrand. Mélenchon raconte les socialistes de 1981, qui redoutaient qu'un putsch militaire leur fasse subir le sort d'Allende. Bové se souvient de Mitterrand agressé au Larzac par des gauchistes. L'émotion pointe. C'est du Marcel Aymé dans les fins de repas au village, quand les disputes s'effacent le temps d'un souvenir. Au-dehors, la foule communiste bruisse. Tout à l'heure, un commando gauchiste attaquera Fabius, le chef de Mélenchon, le partenaire de Bové. Mais à l'heure du repas, le temps est suspendu. Tu te souviens? «Quand il était président, Mitterrand était revenu au Larzac, en se cachant du préfet, raconte Bové. Il était venu chez nous en hélicoptère. Pendant ce temps, les notables de droite l'attendaient à Millau pour inaugurer un hôpital.» La gauche est une si douce mémoire.

Sources : LE NOUVEL OBSERVATEUR

Posté par Adriana Evangelizt

par Adriana EVANGELIZT publié dans : José Bové, un exemple
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Mardi 14 février 2006

La France est donc obligée de se coltiner des OGM car l'OMC a fait du randam. Qui est derrière l'OMC ? Les Etats-Unis. On y revient toujours. Trois français sur quatre sont contre les OGM et bien, malgré tout, on passe outre le Peuple et on sera obligé d'en consommer. Bien que l'on en consomme déjà depuis pas mal d'années. Il y en a partout, même dans le pain. Lire "On consomme des OGM, sans le savoir..."

Bientôt la fin du vide légal sur les cultures d'OGM


par Bernard Delattre

Un projet de loi assez libéral et très controversé approuvé en Conseil des ministres.

Cinq ans. Il a fallu cinq ans au moins pour que la France se décide enfin à traduire dans son droit les directives européennes relatives aux cultures d'organismes génétiquement modifiés (OGM). Aujourd'hui, un bon demi-millier d'hectares de ces cultures prospèrent bon an mal an dans les campagnes, sans aucun cadre légal. Pendant de longues années, la patrie du célèbre syndicaliste agricole José Bové a repoussé ce débat, jugé trop délicat car trop passionnel. Mais mercredi, doublement prise à la gorge, l'équipe Villepin a finalement dû trancher et adopter un projet de loi en la matière.

Prise à la gorge par les autorités européennes, d'abord, qui ont déjà condamné deux fois la France pour son retard et la menacent à présent d'astreintes astronomiques si elle continue à s'asseoir sur ces directives. Prise à la gorge par les tribunaux français, ensuite, qui, de plus en plus, tournent en dérision les réquisitoires sévères des parquets en reconnaissant l'état de nécessité ou des circonstances atténuantes aux faucheurs d'OGM.

Le texte approuvé mercredi impose aux cultivateurs de parcelles d'OGM de les déclarer préalablement aux autorités et de consulter la population locale. Il soumet à autorisation la mise sur le marché de produits composés d'OGM, et limite cette autorisation à dix ans. Il impose l'étiquetage des produits contenant plus d'un certain pourcentage d'OGM. Il crée un fonds pour indemniser les agriculteurs de parcelles non OGM contaminées accidentellement. Et durcit les peines de prison et d'amende contre les arracheurs.

L'opinion très remontée

Ce projet de loi se veut «une réponse globale et équilibrée» aux attentes des deux camps opposés: scientifiques et industriels contre écologistes. Mercredi, il n'en a pas moins déclenché un large tollé, dans l'opposition socialiste et écologiste comme il se doit, mais aussi chez les écologistes de droite de Cap 21 et des organisations de protection de la nature comme France nature environnement.

Ces opposants pestent car les critères d'étiquetage des produits et de contamination de parcelles sont moins stricts qu'à l'étranger, en Allemagne par exemple. Car la transparence imposée aux études d'impact sera limitée, pour ne pas handicaper la «position concurrentielle» des cultivateurs. Car le public n'aura pas droit de cité dans le Conseil des biotechnologies supposé veiller à l'ensemble du processus. Ou car, surtout, le sacro-saint principe de précaution, pourtant désormais adossé à la Constitution, n'est jamais cité dans le texte.

Les débats au Parlement s'annoncent donc houleux. L'opposition se gênera d'autant moins pour monter au créneau qu'elle a la population derrière elle. Selon un récent sondage, trois Français sur quatre (78pc) prônent l'interdiction totale des cultures d'OGM, en vertu d'une application stricte du principe de précaution.

Sources : LA LIBRE BE

Posté par Adriana Evangelizt

par Adriana EVANGELIZT publié dans : ALTERMONDIALISME
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Mardi 14 février 2006

Alors quand on lit que 22 000 tonnes de poulets congelés sont importés par l'Union européenne en Afrique centrale obligeant 110 000 éleveurs à fermer boutique, on peut effectivement se poser des questions. D'autant que le principal fournisseurs des bestiaux est un industriel français installé au Brésil. Voyez un peu le profit que retire ce monsieur quand on sait qu'il bénéficie de plus de 60 millions de subventions et que ses poulets sont élevés avec des antibiotiques en 30 jours et que l'Union européenne n'en consomme pas. Ceci témoigne du respect de la santé que l'on porte aux Africains...

FSM : Bové joue l'OMC contre l'UE

 

Le syndicaliste français appelle les dirigeants africains à "attaquer l'UE devant le tribunal de l'OMC pour destruction de leurs économies locales.

Le syndicaliste altermondialiste français José Bové, présent à Bamako (Mali) pour le Forum social mondial (FSM), a invité samedi 21 janvier les dirigeants africains à "attaquer l'Union européenne devant le tribunal de l'Organisation mondiale du commerce" (OMC) pour destruction de leurs économies locales.


S'exprimant devant quelques centaines de personnes à la Bibliothèque nationale de Bamako, José Bové a estimé qu'il "faut maintenant que les chefs d'Etat et de gouvernement africains attaquent l'Union européenne (UE) devant le tribunal de l'OMC pour distorsion et pour destruction de l'économie locale".


Très sollicité par les participants au Forum et les médias, José Bové a lancé cet appel à l'issue d'un exposé sur une campagne en cours depuis 2002 contre l'importation au Cameroun de poulet congelé venant d'Europe.



Montée en flèche des importations



Selon lui, les importations de poulet congelé ont commencé en 1996 dans ce pays d'Afrique centrale. Elles sont passées d'environ 900 tonnes en 1996 à 14.000 tonnes en 2002 et ont atteint 22.000 tonnes en 2003, lésant les paysans avec "l'arrêt de plus de 110.000 ateliers de production de poulets".

Il a estimé à plus d'un million les personnes lésées par ces importations de poulet, sur une population locale de 16 millions d'habitants, qui vit en grande majorité de l'agriculture.


Le poulet congelé importé au Cameroun est produit en Europe mais n'y est pas consommé, sa croissance est accélérée notamment avec des antibiotiques - 32 jours, contre un minimum de 45-50 jours selon les normes françaises - et il est expédié par des firmes multinationales, a ajouté José Bové.


La plus importante est détenue par un industriel français implanté notamment au Brésil où il est "numéro 2 pour la production de poulet", a indiqué José Bové. Il bénéficie, selon José Bové, de financements européens de plus de 60 millions d'euros.



Deux autres rencontres prévues



La première réunion du Forum social mondial se tient à Bamako jusqu'au 23 janvier. Deux autres rencontres sont prévues, à Caracas, du 24 au 29 janvier, puis à Karachi, en mars.


Le mouvement altermondialiste - composé de syndicalistes, d'écologistes, de pacifistes, d'économistes et de libertaires - a contribué à faire voler en éclats le consensus sur le rôle positif de la mondialisation mais peine à dégager des propositions et trancher la question du pouvoir politique.

Sources : Le Nouvel Observateur

Posté par Adriana Evangelizt

par Adriana EVANGELIZT publié dans : ALTERMONDIALISME
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